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Présentation de la traduction du deuxième tome du « Livre des exemples » d'Ibn Khaldoun
« Histoire des Arabes et des Berbères du Maghreb » par l'historien Abdesselam Cheddadi
Publié dans L'opinion le 05 - 01 - 2013

Le deuxième tome de la traduction de l'œuvre d'Ibn Khaldoun « Le Livre des exemples » paru dans la prestigieuse collection de la Pléiade Gallimard, traduction et édition critique réalisées par l'historien Abdesselam Cheddadi, a été présenté à la libraire Porte d'Anfa à Casablanca. Il s'agit de « Histoire des Arabes et des Berbères du Maghreb » (plus de 1600 pages avec les notes) retraçant d'un côté le vaste mouvement de déplacement de populations des tribus arabes d'origine hilaliennes et maaqiles vers le Maghreb et de l'autre l'histoire des tribus amazighes qui avaient gouverné au Maghreb à travers les principautés, royaumes, dynasties et surtout empires des Almoravides, Almohades, Mérinides mais aussi toute la complexité des origines généalogiques et descriptions géographique et ethniques à l'époque médiévale.
Cheddadi qualifie ce texte de « mine extraordinaire pour les noms géographiques, ceux des tribus et de personnes en ce qui concerne tout le moyen âge maghrébin » ce qui en fait une source et base de recherche incontournable pour ces époques retracées depuis le premier siècle de l'Hégire jusqu'au XIVè. Couvrant huit siècles et apportant des informations de première main sur le XIVème siècle, l'œuvre, indique Cheddadi dans l'introduction, est « non seulement la plus riche que nous ayons sur les sociétés arabes et berbères du Maghreb, mais sans elle ces sociétés nous demeureraient incompréhensibles »
Il notera aussi le fait « remarquable » d'Ibn Khaldoun faisant « une sorte d'éloge des Berbères, privilège qu'il n'accorde à aucune des nations dont il retrace l'histoire dans le Livre des Exemples » leur consacrant un chapitre pour décrire leur « vertus et leurs nobles qualités ».
A ce propos il y a ce passage relevé à la page 153 :
« Quant aux vertus morales dont ils se paraient, aux qualités, louables qu'ils recherchaient à l'envi, à leurs illustres qualités naturelles, tout ce qui fait accéder les nations à la noblesse et l'élévation et ce par quoi les hommes méritent d'être loués, ils en ont laissé des souvenirs transmis de génération en génération qui, mis par écrit, pourraient servir d'exemples aux nations à venir... »
Le texte a été écrit entre 1375 et 1382 lors de la retraite d'Ibn Khaldoun à Qal'at Ibn Salama et pendant son séjour à Tunis. Des modifications et des ajouts seront apportés pendant le séjour au Caire.
Au cours de la rencontre de présentation de cette nouvelle traduction, Cheddadi a donné un aperçu d'une part de la démarche de recherche d'Ibn Khaldoun (1332-1406), sa théorie d'histoire de la civilisation et du pouvoir politique basée sur la cyclicité entre domaine rural et domaine urbain avec le principe d'esprit de corps ‘assabiya, d'autre part de la caractéristique de cette deuxième partie de l'œuvre où Ibn Khaldoun traitant pour une grande partie de l'histoire des Berbères et donc du Maghreb avec des données jamais élaborées avant l'auteur de la Muqaddima sur ce contexte géographique et humain particulier qu'on désignait sous le nom de l'Occident musulman à savoir le Maghreb. Dans l'Histoire des Arabes et des Berbères Ibn Khaldoun essaie de décliner outre les tribus arabes, l'identité et les origines des grandes tribus berbères Zenata, Senhaja, Masmouda. Au fil du récit on observe la lutte du chiisme et du sunnisme aux premiers siècles de l'Hégire avec l'influence des différents califats abbassides, Fatimides et omeyyade d'Al-Andalus.
Cheddadi à l'inverse d'autres spécialistes affirme que Ibn Khaldoun, dans cette partie historique de son œuvre, a respecté les règles de démarche de recherche « scientifique » en histoire qu'il avait lui-même posées dans la partie théorique qui est la Muqaddima, une démarche qui non seulement évacue toute mythologie mais aussi recourt aux recoupements et soumet les informations au principe de vraisemblance sur la base de l'expérience pratique. Cette démarche fait de Ibn Khaldoun un moderne avant la lettre qui a su se démarquer de ses prédécesseurs pour être à plus d'un titre un précurseur de la modernité.
A rappeler que ce deuxième tome de la Pléiade avait été précédé par un premier comportant une nouvelle traduction par Cheddadi de la Muqaddima et de l'autobiographie ouvrage publié fin 2006 à l'occasion du 600ème anniversaire de la mort d'Ibn Khaldoun ce qui a permis de rappeler diverses étapes traversées par les manuscrits du Livre des Exemples qui fut découvert par les Européens au XIXème après près de cinq siècles d'éclipse avec une premières traduction en français en 1863 par W.Guckin de Slane. Ce travail monumental de Abdesselam Cheddadi est le fruit de plus de trente ans de travail recherche sur Ibn Khaldoun. Du coup il s'avère aujourd'hui l'un des spécialistes les plus éminents du célèbre auteur de la Muqaddima.
Abderrahman Ibn Khaldoun naquit à Tunis en Ifriqiä en 1332 dans une famille de dignitaires du pouvoir (originaires du Yemen ayant vécu en Andalus avant de s'établir à Tunis), et mourut au Caire en 1406 enterré dans le cimetière des soufis. Il avait séjourné au Maghreb partagé entre les Mérinides, les Hafside et les petits Etats en constante turbulence Tlemcen, Bijaya, Constantine, aussi à Tunis et l'Andalus dans son dernier rempart devant la Reconquista, Grenade. C'est à Fès sous les Mérinides qu'il a complété son instruction à l'université Qaraouiyyine.
Abdesselam Cheddadi dans son essai « Ibn Khaldoun l'homme et le théoricien de la civilisation » tente, dans la partie biographique « Période d'attente », de démontrer comment Ibn Khaldoun sera tiraillé entre l'ambition politique, attiré qu'il était par le prestige du pouvoir, en approchant les princes, pour jouer un rôle comme l'avaient fait ses ancêtres et le désir d'accomplissement personnel et spirituel par l'étude et les sciences. Des revers politiques le pousseront à se lancer plus résolument vers l'étude et l'enseignement avec cette première retraite à Kalaat Ben Slama près de Biskra (Algérie) où il rédige la première version de la Muqaddima en compilant des connaissances de mémoire. Il avait fui le souverain de Bijaya, Abu Hammou, qui l'incitait à intriguer pour son compte, ce qu'il refuse préférant se réfugier chez ses amis les Awlad al-Arif.
Dans l'Autobiographie il explique :
« Ils m'installèrent ensuite avec ma famille à Qal'at Ibn Salama, dans le pays des Banu Tujin que le sultan avait concédé aux Awlad ‘Arif. J'y résidais pendant quatre ans, délaissant toute préoccupation. C'est pendant ce séjour que je commençai al-Muqaddima selon cette manière originale que me fut inspirée dans cette retraite : des torrents de mots et d'idées se déversèrent sur mon esprit et y furent agités jusqu'à ce que j'en eusse extrait la crème et élaboré le produit »


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