Le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, M. Youssef Amrani a estimé, mercredi à Rabat, que seule une intégration régionale «cohérente» est à même d'apporter des réponses «appropriées» aux menaces sécuritaires dans la région du Maghreb et du Sahel. Le Maroc est «déterminé à construire un espace de prospérité partagée avec l'encouragement d'une intégration régionale, sachant que seule une intégration régionale cohérente au niveau du Maghreb, au niveau également de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique centrale, peut nous permettre d'agir ensemble et d'apporter des réponses appropriées à une menace qui nous interpelle tous», a estimé M. Amrani, en marge du lancement des travaux de la conférence sur la coopération en matière de contrôles aux frontières dans le Sahel et au Maghreb. Pour M. Amrani, c'est uniquement à travers le dialogue, la concertation et la volonté politique qu'on peut «faire face aujourd'hui à ces différentes menaces sécuritaires qui nous interpellent tous au Maghreb, mais également au sahel et en Europe». La conférence permet, selon M Amrani, «dans le cas d'un dialogue franc et sincère et d'une coopération cohérente avec nos objectifs, d'échanger et d'apporter des solutions appropriées à la solidarité et à la question de la lutte contre le terrorisme et du contrôle des frontières». Rappelant que le Maroc a toujours plaidé pour une approche prenant en compte le développement économique, M. Amrani a rappelé que SM le Roi l'avait signalé à plusieurs reprises, en soulignant que la dimension humaine est fondamentale dans la gestion des conflits. Aux yeux de M. Amrani, dans un contexte difficile, accentué notamment par la crise sécuritaire au Mali, il s'avère impératif d'encourager cette solidarité, ce dialogue et des Etats forts, dans le respect de l'intégrité territoriale et de l'indépendance des Etats. «Seuls des Etats forts peuvent faire face à ces menaces sécuritaires», relève-t-il. Pour M. Amrani, la conférence «vient à point nommé pour mettre l'accent sur une priorité pour l'ensemble des pays de la région. Il faut qu'il y ait une coopération sincère au niveau du contrôle des frontières, une coopération qui permet également de créer des emplois et de favoriser le développement économique et social». Cette coopération, explique-t-il, est extrêmement «importante et utile et nous essayons aujourd'hui d'y réfléchir à travers des mécanismes, des instruments innovants pour la lutte contre le terrorisme et nous le faisons ensemble en incluant tous les pays qui sont concernés mais également tous les acteurs politiques, sécuritaires, les ministères de l'intérieur et les douanes». Pour lui, il s'agira aujourd'hui d'apporter une réponse appropriée à une menace globale qui touche tous les pays sans distinction. La Conférence de trois jours est organisée à l'initiative de la Direction exécutive du Comité contre le terrorisme (DECT), en coopération avec le Maroc et le Centre des Nations Unies pour la lutte contre le terrorisme (UNCCT) du Bureau de l'Equipe Spéciale de lutte contre le terrorisme (CTITF). Elle s'inscrit dans le cadre de la Stratégie mondiale des Nations Unies contre le terrorisme et des efforts de l'ONU pour fournir une assistance technique aux Etats du Sahel et du Maghreb dans ce domaine. La séance d'ouverture de cette rencontre a été marquée par des allocutions de MM. Saad Dine El Otmani, ministre des Affaires étrangères et de la coopération, Charki Draiss, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, Kunio Mikuriya, Secrétaire général de l'Organisation Mondiale des Douanes (OMD), William Elliott, Représentant Spécial de l'Organisation internationale de la police criminelle (INTERPOL) auprès des Nations Unies, Jehangir Khan, Directeur de l'Equipe Spéciale CTITF et Mike Smith, Directeur de exécutif du DECT.