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L'institutionnalisation de l'approche genre “marque le pas dans les politiques publiques au Maroc"
Publié dans L'opinion le 25 - 03 - 2013

Le processus d'institutionnalisation de l'approche genre dans les politiques publiques et les programmes gouvernementaux au Maroc
marque le pas, selon une étude sur "l'état actuel de l'égalité et l'intégration de l'approche genre dans les politiques publiques au Maroc".
L'étude, menée par l'association démocratique des femmes du Maroc, a révélé que l'institutionnalisation de l'approche genre "se développe à rythme très lent et n'a pas encore atteint le stade de mise en œuvre programmée et évaluable, en plus de l'échec d'adopter le moindre budget sectoriel qui prend en compte cette approche".
L'étude a fait état d'un retard dans la mise en œuvre effective de l'approche genre dans les politiques publiques à cause d'une approche non structurée, une coordination transversale fluctuante et le manque d'un financement national consacré à la mise en œuvre des chantiers.
Quant à la gouvernance en matière d'égalité des genres, l'étude s'est arrêtée sur quatre lacunes: la faiblesse de l'ancrage du référentiel du genre dans la conception gouvernementale, le retard d'institutionnalisation, l'application fluctuante de la budgétisation sensible à l'égalité de genre et la dépendance du financement international.
S'agissant du retard de l'institutionnalisation, l'étude indique que sur l'ensemble de huit départements ministériels, 71pc de ceux qui se voient dévolus la responsabilité sur les dossiers genre, sont des services, contre uniquement 14pc pour les niveaux respectifs de direction et division.
L'étude précise qu'aucun département ministériel n'a opéré de découpage spécifique du budget selon le genre ou en a établi un qui soit sensible au genre.
Concernant le processus de budgétisation sensible à l'égalité genres, "il s'est avéré lent (2003-2013) et bien loin des performances attendues", selon l'étude, à cause de plusieurs éléments, dont la faible assimilation du référentiel théorique et pratique de la budgétisation sensible à l'égalité de genre, le manque d'opportunité pour son application au niveau d'une expérience sectorielle pilote et l'absence d'un outil de suivi et d'évaluation de la démarche et de la collecte de données relatives au genre.
L'étude a critiqué également la dépendance vis-à-vis du financement international en ce qui concerne les actions relatives à la promotion des droits fondamentaux des femmes.Pour parer à ces carences, l'association a recommandé l'adoption de cinq orientations stratégiques. La première incite à produire des outils de gouvernance de l'égalité et de l'équité, à les tester et les valider à travers des expériences pilotes programmées, financées et contrôlées par un mécanisme de suivi et d'évaluation maitrisé.
La deuxième orientation consiste en la programmation d'une recherche-action et d'une consultation technique portant sur l'élaboration d'une étude de faisabilité technique, politique et financière de la budgétisation sensible à l'égalité de genre, prête à une exécution sectorielle, territorialement élargie.
La troisième orientation consiste en une mobilisation féminine active afin de s'assurer de la volonté politique, notamment, dans l'intégration dans la loi de finances du principe de l'égalité et de l'équité de genre et la lutte contre toutes les formes de discrimination basée sur le genre. La quatrième orientation se rapporte à une mobilisation de tous les moyens possibles(réseaux politiques, sociaux, féministes et de lobbying)pour la mise en place de réelles assises institutionnelle et politique de la promotion de l'égalité de genre et la garantie de moyens financiers suffisants et adéquats.
La cinquième orientation insiste sur l'harmonisation des lois avec les dispositions de la constitution, la convention sur l'élimination de toutes les formes discrimination à l'égard des femmes et les autres mécanismes juridiques internationaux y afférents.
"Cette étude vise à s'arrêter sur les orientations stratégiques, permettant un engagement effectif des différents acteurs gouvernementaux dans l'adoption de politiques publiques réelles qui cherchent à garantir l'indépendance des femmes et leur jouissance de leurs pleins droits, non seulement sur le plan juridique mais en instaurant une égalité effective entre les hommes et les femmes dans tous les domaines", a insisté la présidente de l'association, Atefa Timjerdine.
"L'étude représente un enrichissement qualitatif de la stratégie d'action de l'association en vue d'inciter le gouvernement à consacrer les ressources humaines, financières et institutionnelles nécessaires à l'institutionnalisation de l'égalité effective entre les deux sexes dans les politiques publiques et les programmes gouvernementaux", a-t-elle ajouté.


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