Le groupe français Vivendi a annoncé mercredi avoir réalisé la cession, à l'opérateur télécom émirati Etisalat, de sa participation de 53 % dans Maroc Telecom. "Le prix définitif de cession, conformément aux accords conclus en novembre 2013, s'élève à 4,138 milliards d'euros, après ajustement de prix", précise Vivendi dans un communiqué. "La cession de Maroc Telecom s'inscrit dans la stratégie du Groupe visant à se recentrer et à se développer dans les médias et les contenus", rappelle la même source, ajoutant que "sa réalisation permet également à Vivendi de poursuivre son désendettement". "A l'issue de la vente de SFR, le groupe aura achevé son recentrage et disposera de moyens puissants pour asseoir ses nouvelles orientations", poursuit le communiqué. "Vivendi a été particulièrement heureux et fier d'accompagner Maroc Telecom dans son développement national et en Afrique sub-saharienne", a indiqué, à cette occasion, Jean-René Fourtou, Président du Conseil de surveillance de Vivendi et Vice-Président du Conseil de surveillance de Maroc Telecom. Cité dans le communiqué, M. Fourtou a également salué "l'excellent partenariat noué avec le Royaume du Maroc pendant cette période et la qualité remarquable de la direction et des équipes de Maroc Telecom". "Une nouvelle page s'écrit aujourd'hui pour Vivendi qui souhaite se développer dans les médias et les contenus", a-t-il affirmé, se félicitant du récent accord signé avec Etisalat et qui permet à Maroc Telecom de se déployer dans neuf pays africains. "Avec Etisalat, son nouvel actionnaire, Maroc Telecom est pleinement armé pour franchir de nouvelles étapes de croissance", a conclu Jean-René Fourtou. mie L'acquisition par l'opérateur émirati Etisalat de 53 % des parts du groupe français Vivendi dans le capital de Maroc Telecom "s'inscrit pleinement dans la recomposition en cours au sein du secteur des télécommunications en Afrique et au Moyen-Orient", écrit mercredi le quotidien français "La Tribune". "Plus qu'un simple passage de relai ou qu'un jeu de mécano capitalistique, le départ du français et l'arrivée de l'émirati au capital de Maroc Telecom illustrent aussi un changement d'époque, et s'inscrit pleinement dans la recomposition en cours au sein du secteur des télécommunications en Afrique et au Moyen-Orient", souligne la publication dans un article signé par l'économiste Alexandre Kateb. "L'acquisition de la majorité de contrôle dans l'opérateur marocain permet, ainsi, à Etisalat de développer sa présence en Afrique francophone, en s'appuyant sur un acteur de référence déjà présent dans cinq pays de la zone", note le journal, faisant observer qu'"en cédant pour 650 millions de dollars ses six filiales en Afrique de l'Ouest et du Centre à son nouveau partenaire marocain, il permet à Maroc Telecom de devenir un leader régional avec une base de 50 millions de clients". "Pour le Maroc, c'est aussi une étape supplémentaire dans la concrétisation de la vision et de la politique africaine de SM le Roi Mohammed VI, qui veut faire de son pays un moteur de l'intégration africaine et un hub de l'investissement et des affaires entre l'Afrique et le reste du monde", poursuit-il. Le journal relève, en outre, qu'avec un chiffre d'affaires d'une dizaine de milliards de dollars en 2013 et une base de 148 millions clients, le groupe d'Abu Dhabi, qui est déjà présent en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, a des ambitions considérables, à savoir devenir "le groupe de télécommunications leader et le plus admiré sur les marchés émergents". Il rappelle, d'autre part, que Maroc Telecom a réussi, au fil des années, à "se transformer, s'internationaliser et devenir l'une des entreprises les plus modernes et les plus prospères en Afrique, avec une marge brute opérationnelle comprise entre 50 pc et 60 pc du chiffre d'affaires, et des dividendes qui ont alimenté avec la régularité d'un métronome les caisses On assiste donc bel et bien à l'apparition d'une dynamique Sud-Sud dans le secteur des télécom africain, avec l'émergence d'acteurs régionaux, qui sont en concurrence avec les grands opérateurs issus du Nord", relève l'auteur de l'article.