El Houssaine Louardi, ministre de la Santé, n'a pas été avec le dos de la cuillère pour s'attaquer aux médecins du secteur public. Dans une tentative de disculper son département de la détérioration des prestations des établissements de santé dans le Royaume, il n'a pas été par quatre chemins. Selon lui, ce sont les médecins qui en sont responsables. Rien que ça. Louardi souligne que la hausse de l'absentéisme parmi les médecins (admirez le terme hausse, comme si l'absentéisme tout court n'est pas un mal en soi), conduit à la détérioration des prestations des établissements de santé du pays. Cette «grande calamité », que le ministre ne veut pas « passer sous silence», ne resterait pas, semble-t-il, sans sanction. M. Louardi a annoncé que son département prendra les mesures qui s'imposent pour faire face à ce phénomène. On ne peut qu'être d'accord avec le ministre de la Santé quad il dit que « le laxisme et la permissivité ouvrent grandes les portes devant les abus ». Mais comme le phénomène de l'absentéisme ne date pas uniquement d'aujourd'hui, force pour nous de constater que si laxisme il y a, c'est du côté du département de la Santé qui ne prend pas de mesures pour stopper la «grande calamité », puisqu'elle est toujours là. Le ministre de la Santé fait endosser aux médecins absentéistes, de manière directe ou indirecte, la responsabilité de plusieurs problèmes, notamment les décès néonatals et ceux des mères et des femmes enceintes. Et de se dire «attristé» par les cas de décès de femmes enceintes ou de leurs bébés devant les portes des établissements de santé, qui leur interdisent l'accès pour des raisons «pour le moins banales». Ce que le ministre qualifie de « raisons banales », c'est le manque de lits dans les hôpitaux publics, c'est le manque de médecins dans les établissements de santé publics, c'est l'éloignement, quand ils existent, de centres de soins, de dispensaires et de centres de santé, dans les milieux ruraux. Parmi les « raisons banales », il y a lieu de citer aussi l'enclavement des douars et villages et le manque de transport, ambulancier ou autre, pour sauver des vies. Et ces « banalités », ce n'est pas l'absentéisme ou pas des médecins qui y changerait quelque chose. Et pour conclure, on peut dire qu'on n'attend pas d'un ministre de la Santé quelque tristesse ou compassion pour nos problèmes. Ce qu'on attend d'un ministre, c'est qu'il agisse pour remédier efficacement aux problèmes. Et non d'en rejeter la responsabilité sur autrui.