Enfin, il aurait fallu des ratés indescriptibles, des accusations répétitives de dilapidation des deniers publics, une discrédibilisation du système éducatif qui se serait enlisé dans des affaires de pots de vin dans l'octroi des marchés publics, des constructions qui commencent à se fissurer avant même leur mise en service, des cris d'alarme lancés par certains directeurs des académies qui se considèrent avant tout pédagogues et non spécialistes de bâtiment, pour que le ministère de l'éducation se rende à l'évidence ; On a trop chargé des académies de l'éducation et de formation, dont la mission première, essentielle est pédagogique, didactique et formative en leur confiant la construction des bâtiments scolaires , Elles n'ont ni le temps ni la compétence . La majorité des directeurs des académies et des responsables de directions provinciales sont issus du système « Inspecteurs, directeurs des établissements, enseignants » avec un pourcentage très élevé de cadres qui ont commencé leur carrière en tant que professeurs. Ils n'ont aucune compétence dans ce domaine et de doivent donc de facto faire confiance à leurs subordonnés, sans aucun moyen de contrôle, dans cette sphère de leur mission. Pire encore, dans certaines académies, ce sont des enseignants qui se sont mués en responsables de construction, du suivi des réalisations avec des résultats, pour le moins dire très discutable, voire douteux. Dorénavant, conformément aux clauses des conventions signées entre les Académies Régionales de l'Education et de la Formation (AREF) et les directions régionales du ministère de l'Équipement, les AREF vont déléguer la maîtrise d'œuvre des projets d'étude et de construction des établissements scolaires aux directions régionales de l'Équipement Selon ce protocole renouvelable chaque année, à l'initiative du ministère de l'éducation, les directions régionales de l'équipement s'engagent à assurer des missions relatives à l'étude et à la gestion des projets de construction, prendre les dispositions nécessaires pour leur réalisation dans les meilleures conditions de coût, de qualité et de délais. Les Académies auront à intervenir pour certaines prises de décision ayant un impact sur le pédagogique et le didactique pour assurer le respect des objectifs de ces projets. Bref, avec la signature de ces conventions, les académies vont se concentrer sur leur mission essentielle, le pédagogique. Parce que dans les faits, les académies, lorsqu'elles avaient la charge des constructions des bâtiments scolaires, avaient relégué au second plan le pédagogique pour se focaliser sur les affaires financières. D'ailleurs les chefs de division des affaires administratives et financières étaient les vrais maitres à bord, n'en déplaise aux chefs de division des affaires pédagogiques bien qu'on soit dans un département que se nomme ministère de l'éducation. Certains s'attendaient à la création d'une une agence de construction des bâtiments administratifs et scolaires pour mutualiser les moyens et réduire les coûts, au lieu de revenir en arrière au moment où justement, c'était le ministère de l'équipement qui se chargeait des constructions des bâtiments scolaires. Mais à défaut d'une agence, cette initiative aura au moins le mérite de confier les constructions à un département qui a les moyens et la compétence du suivi des réalisations. Pour ce qui est de la transparence et la gestion saine de ces marchés publics, c'est une autre paire de manches.