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Budget public : le gouvernement confiant des équilibres macro-économiques
Publié dans Maroc Diplomatique le 26 - 05 - 2022

Dans un temps où les pays du monde peinaient à remettre sur les rails leurs économies et espéraient voir le rêve d'une relance économique se concrétiser, la crise ukrainienne est venue porter les taux de l'inflation à des niveaux records. Au Maroc, c'est un nouveau gouvernement qui doit gérer une conjoncture exceptionnelle. Pandémie, inflation, sécheresse, réformes… l'Exécutif semble tenir le bon bout, malgré tout, a confirmé, ce jeudi, le ministre délégué chargé du Budget, Faouzi Lakjaa.
Cela fait quelques mois que les prix des denrées, de l'énergie ainsi que les dépenses sociales prédominent le point de presse tenu tous les jeudis à l'issue du Conseil du gouvernement. Comme à l'accoutumée, et bien qu'il s'agisse d'une coutume jeune et qu'on n'espère pas voir s'étendre dans la durée, le ministre délégué chargé du Budget, Faouzi Lakjaa, et comme ses confrères avant lui, a fait le point sur les dépenses de l'Etat.
Un niveau d'inflation d'environ 4,4%, une facture d'importations de blé et de graines estimée à 7,3 MMDH, un soutien du transport qui coûte à l'Etat 540 millions de dirhams additionnels par mois, et une facture de compensation qui ne cesse de s'alourdir. Voici, comme les énumère ci bien Lakjaâ, les dépenses que doit gérer l'Exécutif en cette année exceptionnelle marquée par le manque pluviométrique et le retard d'une véritable relance du tourisme.
Selon le ministre délégué, la hausse des prix entraînera un coût additionnel de compensation de 15 milliards de dirhams (MMDH), un coût qui devrait atteindre plus de 32 MMDH cette année, notamment avec la hausse des cours des produits alimentaires subventionnés ainsi que ceux du gaz butane, un produit de base qui coûte à l'Etat 116 dirhams par bouteille et que les citoyens achètent à 40 dirhams. A ces dépenses s'ajoutent celles du programme d'urgence de soutien au tourisme et pour lequel le gouvernement a alloué une enveloppe de 2 MMDH ainsi que les frais de la généralisation de la couverture sociale au profit de 22 millions de Marocains et leurs ayant-droits.
→ Lire aussi : TGR: Déficit budgétaire de 2,1 MMDH à fin mars
Un double enjeu
Dans un tel contexte, le gouvernement fournit des efforts « continus » et « exceptionnels » afin de maintenir les équilibres macro-économiques et préserver la souveraineté financière du pays, affirme Lakjaâ, rappelant que l'Exécutif se retrouve actuellement devant un double enjeu. Avant de devoir gérer les dépenses publiques, il doit d'abord garantir la continuité de l'approvisionnement du marché national en produits essentiels dans une conjoncture marquée par la disruption des chaînes de production et de distribution, de pénuries ainsi que d'augmentation des prix de l'énergie et par conséquent du fret dont les frais ont grimpé de plus de 20%, explique le ministre délégué. D'autre part, il s'agit de maintenir le taux d'inflation à un niveau stable, au moment où celui-là atteint une moyenne de 6,5% dans des pays de la région et de 6,1% en Europe, ajoute-t-il.
Ce n'est alors pas surprenant que le ministre délégué annonce avec tant de fierté que jusqu'à fin avril, les marchés nationaux ont enregistré des niveaux d'approvisionnement réguliers et continus et que les prix ont été « de façon générale » maintenus à des niveaux adéquats, d'autant plus que les efforts gouvernementaux ont même permis d'améliorer les rentrées de l'Etat.
Des recettes en hausse et marges de manœuvre qui s'élargissent
Les efforts gouvernementaux déployés pour assurer le suivi des politiques monétaires et contrôler les niveaux de l'inflation ont entraîné une amélioration des recettes de l'Etat tant au niveau des recettes fiscales qu'au niveau des financements innovants, s'est félicité Lakjaa, évoquant des indicateurs et rapports nationaux et internationaux.
Ces efforts qui s'inscrivent dans le cadre d'une politique financière et monétaire bien monitorée et d'une gouvernance publique visant à investir les marges pour maintenir les équilibres macro-économiques du pays offrent au gouvernement des marges de manœuvre lui permettant de gérer la conjoncture actuelle sans avoir recours à une Loi de finance rectificative, a enfin souligné Lakjaa.


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