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L'Afrique du Sud en crise
Publié dans Maroc Diplomatique le 05 - 01 - 2023

La fin du règne des blancs, c'est-à-dire de l'apartheid, a été salué par le monde entier. Les richesses naturelles du pays et les structures laissées par les « Boers » laissaient augurer un développement puissant dans la paix sociale et politique.
Force est de constater que le pays collectionne les déceptions et les crises, économique, sociale et politique. Le 7 juillet 2021, l'arrestation de l'ancien président sud-africain, Jacob Zuma, a plongé le pays dans une nouvelle vague de manifestations violentes et de pillages. Lors de ces manifestations, au moins 200 personnes ont perdu la vie, plus de 2.554 arrestations ont été effectuées et 50.000 entreprises ont été endommagées ou touchées.
Après presque trois décennies de démocratie, l'Afrique du Sud est confrontée à de multiples crises. La crise actuelle, amplifiée par la pandémie, est en fait le résultat d'une décennie de récession. L'absence de réformes structurelles a mis le pays dans une position de précarité économique, illustrée par un chômage durable, à des niveaux insoutenables : déjà 29,1% à la fin de 2019. Au deuxième trimestre 2022, le taux de chômage s'est établi à 33,9 % de la population active.
La pauvreté reste à un niveau inadmissible. En 2015, plus de la moitié de la population – 30,4 millions de personnes – vivait sous le seuil de pauvreté officiel, un taux plus élevé pour les ménages dirigés par des femmes que pour ceux dirigés par des hommes (49,9% contre 33,0%). 13,8 millions de personnes vivaient dans une « extrême pauvreté », sans pouvoir satisfaire leurs besoins physiques de base, principalement alimentaires..
La croissance de l'Afrique du Sud est en baisse depuis 2010, avec une moyenne de seulement 1,7% entre 2011 et 2018. En 2019, l'Afrique du Sud a été plongée dans sa troisième récession depuis 1994.
Les raisons sont multiples : le ralentissement mondial consécutif à la crise financière, la baisse des prix des matières premières, la désindustrialisation, la corruption systémique. La mauvaise gouvernance a accentué leurs effets, comme les coupes budgétaires, des politiques macroéconomiques restrictives, le ralentissement des investissements du fait de la stagnation économique, ainsi que l'insuffisance de l'approvisionnement en électricité et les pannes qui se multiplient.
Les récentes déclarations du PDG de Eskom, André de Ruyter ont montré le véritable désastre que subit le pays dans le domaine de l'énergie. Ce dernier a annoncé sa démission, la justifiant par les défis auxquels fait face le fournisseur d'électricité. Selon ses dires, la corruption et la criminalité, hypothèquent le développement du pays. La société fournissait l'électricité, la deuxième moins chère du monde après la Nouvelle Zélande. Ceci du fait que l'Afrique du Sud est fort riche en charbon facile à extraire, souvent à fleur de terre. Avec Sasol et Petro SA, l'Afrique du Sud détenait la première place dans le monde. Depuis 1982, l'Afrique du Sud exploitait la seule centrale nucléaire sur le continent à Köberg près du Cap, centrale construite par Framatome.
Les changements des cadres de direction s'accentuant rapidement depuis 2003 et 2004, tout est devenu imprécis, hésitant, avec une absence de vision industrielle. Les décisions qui s'imposaient, ne vinrent jamais, souvent du fait de l'incompétence et la corruption de certains ministères dont celui de l'énergie !!
Aujourd'hui, Eskom est en faillite, couverte de dettes et ne peut accomplir sa mission de fournisseur d'électricité. Pourtant le pays bénéficie d'un secteur industriel diversifié, avec quelques domaines d'excellence comme l'armement, la mécanique et la chimie. Les répercussions vont être très lourdes de conséquences, vu le taux de chômage très élevé actuellement.
L'Afrique du Sud souffre de plusieurs maux structurels :
* Les séquelles raciales du passé sont encore vives. » Kill the boer » reste la devise de Julius Malema, un des activistes de l'ANC.
* Le système éducatif et de formation qui laisse à désirer.
* La corruption de l'ANC qui gangrène tout le corps étatique et le corps social.
Ces véritables handicaps donnent des gouvernements inefficaces, incompétents et sans vision. L'incompétence de l'encadrement découle du « black economic emowerment » qui ne priorise pas la qualification des prétendants. On a alors un recrutement qui privilégie les « noirs », quelle que soit la compétence. Cette situation provoque l'émigration des jeunes blancs qualifiés, qui ne voient plus un plan de carrière possible dans leur pays. S'ajoutent à ce pays qui se débat avec ses contradictions, tous les problèmes géopolitiques et économiques de la mondialisation, du réchauffement climatique et de la transition énergétique. Pourtant l'Afrique du Sud a des atouts nombreux pour s'en sortir.
Les médias locaux ne donnent qu'une information angélique, idéologique, en conformité avec la doxa, sans regarder la réalité. L'Afrique du Sud a été obligée de déployer l'armée pour protéger ses centrales électriques afin d'empêcher les sabotages et le vol de charbon et de diesel dans les centrales électriques, alors que la crise énergétique s'aggrave et que les coupures d'électricité se multiplient. Ces coupures sont régulières depuis une quinzaine d'années dans le pays le plus industrialisé du continent, et la situation a empiré cette année avec des coupures quotidiennes de plusieurs heures.
Les coupures d'électricité record de cette année ont fait perdre des centaines de millions de dollars à l'économie sud-africaine, déstabilisant profondément le commerce et l'industrie. Elles provoquent la colère de la population, les coupures répétées totalisant certains jours plus de 11 heures.
Ces derniers jours, 50% de la capacité de production électrique du pays étaient à l'arrêt. En cause, des centrales à charbon vieillissantes qui tombent en panne ou dont les opérations de maintenance se multiplient. Mais il y a aussi la corruption et la mauvaise gouvernance d'Eskom. Pour parfaire le tableau, il faut dire que le pays présente le niveau d'inégalité le plus élevé au monde, avec un coefficient de Gini pour la répartition des revenus de 0,7 (1 représente l'inégalité absolue). Les richesses sont inégalement réparties, le 1% le plus riche de la population possédant la moitié de toutes les richesses, tandis que les 10% les plus riches en possèdent au moins 90 à 95%.
L'Afrique du Sud est actuellement une véritable bombe à retardement. Très rapidement la gouvernance doit être redressée et les mesures d'urgence qui s'imposent doivent être rapidement prises. Dans l'immédiat, le gouvernement sud-africain est tenu de protéger les moyens de subsistance et soutenir l'économie. Les mesures d'aide aux entreprises, aux travailleurs et aux ménages, qui ont pris fin précédemment, doivent être renouvelées et adaptées.
Le programme d'austérité qui a été mis en place doit cesser et les droits sociaux doivent devenir prioritaires. Cette approche doit être associée à une transformation économique significative, au service du plus grand nombre. L'ONU doit se pencher sur le devenir de la population de l'Afrique du Sud qui s'élève aujourd'hui à plus de soixante millions d'âmes.


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