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Abdelilah Benkirane, l'outrance au service d'une stratégie politique ?
Publié dans Maroc Diplomatique le 02 - 05 - 2025

Fraîchement réélu secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), Abdelilah Benkirane n'a pas attendu longtemps avant de renouer avec ses diatribes coutumières. Lors d'une allocution incisive prononcée jeudi, à l'occasion des célébrations du 1er mai organisées par l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), l'ancien chef du gouvernement a décoché ses flèches en direction d'une classe syndicale, médiatique et institutionnelle qu'il qualifie de « faune parasite ».
« Une faune parasite incrustée dans les syndicats, les médias et certaines institutions publiques gangrène la conscience nationale et dénature la cause palestinienne », s'est insurgé Abdelilah Benkirane avec une virulence calculée, soulignant que certains osent même affirmer que la cause palestinienne « ne nous concerne pas ». Cette attaque frontale pose une question centrale : quelle stratégie poursuit AbdelIlah Benkiran en renouant avec ce discours de rupture, quelques jours seulement après avoir repris les rênes du PJD ?
Pointant du doigt sans retenue certaines centrales syndicales, Benkirane ne mâche pas ses mots : « Il existe des syndicats mercenaires – et c'est un ancien chef de gouvernement qui vous le dit. De l'argent circule, directement dans des poches. Que celui qui me conteste interroge les responsables eux-mêmes ». Ces propos, tenus avec assurance, résonnent comme une déclaration de guerre à des syndicats qu'il accuse ouvertement de compromissions et de corruption.
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Dans cette dynamique de dénonciation, Abdelilah Benkirane met en avant l'intégrité supposée de l'UNTM, bras syndical du PJD, présenté comme une organisation « probe, sincère, dont les mains n'ont jamais été souillées ». Il souligne avec emphase : « Elle ne marchande ni par les grèves ni par les menaces, et ne négocie jamais dans l'ombre », instaurant implicitement une frontière morale entre l'UNTM et les autres syndicats, qu'il qualifie d'impurs.
Le discours de Benkirane ne s'arrête pas là. Evoquant l'Union marocaine du travail (UMT) sans toutefois la nommer explicitement, il précise, acerbe, que son secrétaire général, El Miloudi Moukharik, n'était pas invité aux récentes assises du PJD : « Nous n'avons pas seulement écarté Aziz Akhannouch ou Driss Lachgar : M. Moukharik n'était pas lui non plus invité, car il est inconcevable d'accueillir celui qui prétend nous avoir vendus et exige d'en être récompensé ». Une attaque frontale et calculée visant à isoler et discréditer ses adversaires politiques.
Plus provocateur encore, Benkirane évoque un syndicaliste de Fès, présenté comme « un illuminé obsédé par la grève », désormais disparu à l'étranger sans laisser de traces, pour exhorter ses auditeurs à la vigilance : « Cessez d'être des naïfs. Celui qui enjolive les discours pour mieux ruiner le pays ne mérite que votre mépris ». Cette rhétorique directe et volontairement alarmiste est emblématique de la stratégie de polarisation qu'il semble vouloir adopter pour mobiliser sa base militante.
L'ancien chef de gouvernement renoue avec une cause historiquement chère au PJD : la Palestine. Dans une envolée nationaliste, il réaffirme la solidarité indéfectible du parti envers les Palestiniens, insistant sur le lien entre la question palestinienne et la politique nationale marocaine, portée par S.M. le Roi Mohammed VI. En saluant les supporters du Raja de Casablanca et leurs slogans engagés, il souligne : « Je vous encourage à reprendre ce cri. Il est noble ».
La première sortie post-réélection de Benkirane interroge : derrière ces déclarations fracassantes et calculées, quelle est véritablement l'ambition politique du secrétaire général du PJD ? S'agit-il d'un simple retour aux fondamentaux idéologiques pour reconquérir sa base électorale, ou plutôt d'une tentative de s'imposer de nouveau comme figure centrale et incontournable du débat politique marocain ? La réponse à cette question pourrait déterminer l'orientation politique future du PJD et, partant, influencer l'échiquier politique marocain tout entier.


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