La justice a tranché. La chambre criminelle de première instance de Marrakech a condamné à trois ans de prison ferme le principal instigateur d'un réseau d'escroquerie fondé sur le mythe du « mercure rouge », une substance aussi fantasmée qu'inexistante. Âgé de 48 ans, l'accusé avait été interpellé fin novembre lors d'une opération sécuritaire menée dans un café de l'avenue Allal El Fassi, au cœur de la ville ocre. Le procès de son complice doit s'ouvrir dans les prochains jours. Selon les conclusions de l'enquête, le réseau serait parvenu à soutirer près de 8 millions de dirhams à un homme d'affaires de la ville, convaincu de participer à une opération lucrative d'achat de mercure rouge pour le compte d'un supposé investisseur du Golfe. L'arnaque, méthodiquement construite, s'est installée dans la durée : d'abord une relation de confiance à tonalité commerciale, puis un scénario sophistiqué de fausses transactions. Lire aussi : L'administration de la prison locale d'Ain Sebaa 1 dément les allégations de torture contre la détenue (S.A) Le modus operandi reposait sur une mise en scène soigneusement calibrée. Des appels vidéo montraient un individu se présentant comme l'acheteur, vêtu de tenues traditionnelles du Golfe et exhibant d'importantes sommes d'argent, afin de crédibiliser sa capacité d'achat et d'entretenir l'illusion d'un marché aux rendements extravagants. Une dramaturgie classique des escroqueries à « substance rare », où le spectacle tient lieu de preuve. Cette affaire rappelle, une fois encore, la résilience du mythe du mercure rouge, régulièrement exploité par des réseaux frauduleux malgré son absence totale de fondement scientifique. Derrière la promesse d'un gain fulgurant, la justice met en lumière une mécanique bien rodée reposant sur l'illusion de rareté, l'autorité simulée et la pression progressive sur la victime. Un cocktail redoutable, désormais sanctionné.