Porté par son public et par une dynamique globalement maîtrisée, le Maroc aborde son quart de finale face au Cameroun avec des arguments solides, dans un duel où chaque détail pourrait peser sur l'issue de la rencontre. À l'approche des quarts de finale de la Coupe d'Afrique des nations 2025, l'affiche entre les Lions de l'Atlas et les Lions Indomptables retient particulièrement l'attention, tant par son enjeu sportif que par le contexte qui l'entoure. Ce vendredi 9 janvier à 20h, au stade Prince Moulay Abdellah, les deux sélections se disputent une place en demi-finales, avec un objectif commun : éviter une élimination prématurée à un stade avancé de la compétition. Dans ce contexte, plusieurs paramètres semblent converger vers un scénario favorable à la sélection marocaine, portée par son public et par une dynamique d'ensemble qui, malgré certaines interrogations, demeure cohérente. Le premier facteur déterminant réside dans le cadre de la rencontre. En évoluant à domicile, le Maroc bénéficie d'un soutien populaire massif, souvent décisif lors de rendez-vous à forte intensité. Invaincus sur leur sol depuis 2009, les joueurs dirigés par Walid Regragui abordent ce quart de finale avec un capital confiance certain, renforcé par leur qualification récente pour la prochaine Coupe du monde. Cette dimension émotionnelle et collective place les Marocains dans des conditions favorables, tandis que la pression semble davantage peser sur un Cameroun présenté comme outsider. Lire aussi : CAN-2025 (1/4 de finale): Le Mauritanien Dahane Beida au sifflet du Maroc/Cameroun Sur le plan de la forme, les trajectoires des deux sélections présentent toutefois des nuances. Le Cameroun se présente à Rabat après avoir retrouvé une relative stabilité, quelques mois après son élimination en barrages de la Coupe du monde face à la République démocratique du Congo. Cet échec avait conduit à un changement de sélectionneur et marqué la fin d'une période de turbulences. Depuis le début de cette CAN, les Lions Indomptables affichent un parcours solide avec des victoires contre le Mozambique et le Gabon, un match nul face à la Côte d'Ivoire, tenante du titre, puis un succès maîtrisé face à l'Afrique du Sud en huitièmes de finale. Toutefois, cet équilibre reste mesuré, le Cameroun n'ayant jamais gagné avec plus d'un but d'écart et concédant régulièrement des situations dangereuses. Un quart sous haute tension De son côté, le Maroc n'a pas toujours livré des prestations pleinement abouties, notamment lors du huitième de finale contre la Tanzanie, remporté sans convaincre totalement. Néanmoins, les Lions de l'Atlas ont su faire preuve d'efficacité face aux Comores et à la Zambie, tout en conservant une solidité défensive appréciable. À ce stade du tournoi, leur parcours apparaît globalement cohérent et légèrement plus régulier que celui de leur adversaire, leur conférant un avantage mesuré mais réel. La gestion des effectifs constitue également un paramètre central. Le Cameroun se présente sans plusieurs cadres majeurs, notamment Vincent Aboubakar, André Onana et Zambo Anguissa, absents pour diverses raisons. Malgré ces forfaits, la sélection camerounaise s'appuie sur un collectif discipliné et des individualités en forme. Néanmoins, l'expérience et la profondeur de banc pourraient constituer un facteur limitant face à une équipe marocaine mieux dotée sur le plan collectif. Côté marocain, l'absence d'Azzedine Ounahi jusqu'à la fin du tournoi représente un manque notable, tout comme les incertitudes entourant Romain Saïss et Sofyan Amrabat. Ces contraintes sont, en revanche, atténuées par l'émergence de solutions alternatives et par l'efficacité offensive d'El Kaabi, auteur de trois réalisations. À cela s'ajoute l'influence déterminante de Brahim Diaz, déjà décisif à quatre reprises. Cette diversité offensive, combinée à une organisation tactique éprouvée, conforte l'idée d'un Maroc capable de faire la différence dans les moments clés. L'analyse de Patrick Mevoungou, ancien international camerounais, publiée sur Africafoot, vient étayer cette lecture. « Sur le papier, le Maroc a une équipe plus complète et il joue à domicile », souligne-t-il, tout en reconnaissant la solidité défensive et la rigueur tactique des Lions de l'Atlas. S'il estime que le Cameroun peut poser des difficultés par son impact physique et sa vitesse en transition, il admet que la sélection marocaine aborde cette confrontation avec un léger avantage.