À Doha, en marge du Web Summit Qatar 2026, le Maroc et le Qatar ont entamé des discussions de haut niveau pour renforcer leur coopération en matière de transformation numérique et d'intelligence artificielle, afin de bâtir des partenariats technologiques concrets et orientés vers des résultats mesurables. En marge des travaux du Web Summit Qatar 2026, organisés du 1er au 4 février à Doha, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration, Mme Amal El Fallah Seghrouchni, a tenu une réunion bilatérale de haut niveau avec le ministre qatari des Communications et des Technologies de l'Information, M. Mohammed Bin Ali Al Mannai, en présence de l'ambassadeur du Royaume du Maroc au Qatar, M. Mohamed Setri. Cette rencontre a permis d'examiner les moyens de renforcer la coopération entre les deux pays dans les domaines de la transformation numérique et de l'intelligence artificielle. Les échanges ont porté en priorité sur les stratégies nationales des deux pays en matière de transformation numérique, sur l'usage de l'intelligence artificielle dans les services publics et sur le développement de l'e-gouvernement, avec un accent particulier sur le partage d'expertises entre administrations, indique le communiqué du ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l'administration. Les deux ministres ont examiné, également, les avancées réalisées par leurs pays respectifs dans l'adoption des technologies de l'intelligence artificielle, tout en passant en revue les principaux programmes nationaux et les fondements stratégiques qui structurent cette dynamique. Les discussions ont ainsi mis en avant l'importance de l'intégration de l'IA dans l'amélioration de la qualité des services destinés aux citoyens et dans l'optimisation de la performance de l'action publique. Dans cette perspective, la coopération envisagée couvre plusieurs volets techniques liés au développement de modèles d'intelligence artificielle adaptés aux contextes nationaux, notamment à travers des modèles linguistiques tenant compte des langues nationales et des spécificités culturelles. Lire aussi : Bourita représente le Maroc à la réunion préparatoire du sommet du Qatar Les échanges ont par ailleurs porté sur les capacités de calcul, le renforcement des infrastructures du cloud, l'interopérabilité des données, la mise en place de cadres d'échange d'informations entre institutions ainsi que le développement de systèmes d'identité numérique et de mécanismes de vérification fiables. Les deux parties ont exprimé une ambition commune d'aller vers des partenariats concrets, utiles et orientés vers des résultats mesurables, au service de la souveraineté numérique et de la performance économique. Les entretiens ont également accordé une place importante à l'économie numérique et à la dynamisation des écosystèmes d'innovation dans les deux nations, avec l'objectif d'accompagner la transformation numérique tout en renforçant le développement durable. Le Maroc présente son modèle IA au Qatar La dimension régionale de cette coopération a été évoquée lors des discussions. Selon la même source, Mme Amal El Fallah Seghrouchni a rappelé que le Maroc abrite le « Hub Morocco Digital for Sustainable Development », en tant que plateforme de coopération numérique régionale africaine et arabe, ouverte aux partenariats dans les domaines de la technologie et de l'innovation au service du développement durable. Evoquant l'expérience marocaine, la ministre a mis en avant la dynamique que connaît le Royaume dans le domaine de l'intelligence artificielle, notamment à travers l'organisation de la journée « AI Made in Morocco » le 12 janvier 2026 à Rabat, présentée comme un moment structurant pour l'écosystème national. Cette initiative a été marquée par le lancement du Réseau national des instituts « Jazari », conçus comme des centres d'excellence dédiés à la recherche appliquée, à l'innovation, au développement des compétences et au soutien aux entreprises technologiques. La responsable a souligné que ces instituts constituent un levier pour encourager l'adoption de solutions numériques par les très petites, petites et moyennes entreprises, tout en renforçant la capacité nationale en matière de recherche et d'innovation technologique.