L'économie marocaine fait preuve d'une résilience remarquable à l'orée de l'année 2026. Portée par une reprise stratégique du secteur agricole, une envolée historique du tourisme et une demande intérieure vigoureuse, la croissance nationale s'appuie sur des fondamentaux solides. Entre la maîtrise de l'inflation à 0,8% et l'accélération des investissements directs étrangers (+25,9%), le Royaume consolide ses équilibres malgré le creusement du déficit commercial lié à l'effort d'équipement industriel. Analyse des indicateurs clés issus de la dernière note de conjoncture de la DEPF. L'économie nationale confirme sa solidité à l'entame de l'année 2026. Selon la note de conjoncture de la DEPF de janvier, l'exercice 2025 s'est achevé sur une dynamique de croissance robuste, portée par une reprise agricole stratégique et une demande intérieure qui s'affirme comme le principal pilier de la valeur ajoutée au Maroc. Un rebond sectoriel soutenu par le facteur climatique Le secteur primaire amorce un redressement crucial pour l'équilibre macroéconomique. La valeur ajoutée agricole a progressé de 4,5% à fin septembre 2025. Une perspective favorable se dessine pour 2026 : le taux de remplissage des barrages a bondi à 57,5% au 29 janvier, contre 27,6% un an plus tôt. Si la pêche côtière accuse un repli de 15,2% en volume, l'agro-industrie maintient son cap avec des exportations en hausse de 4,4%. L'industrie n'est pas en reste. Les mines progressent de 7,6%, dopées par l'extraction de phosphate (+8%). Le BTP, véritable baromètre économique, affiche une hausse de 8,2% des ventes de ciment, tandis que le tourisme bat tous les records avec 19,8 millions de visiteurs en 2025 (+14%). Demande intérieure : le catalyseur de l'activité économique Le moteur de la croissance reste la demande intérieure. La consommation des ménages bénéficie d'une inflation maîtrisée à 0,8% et de la création de 220.000 emplois rémunérés au troisième trimestre 2025. Le pouvoir d'achat est également soutenu par la résilience des transferts des MRE, qui culminent à 111,5 milliards de dirhams (MMDH), soit +1,6%. Parallèlement, l'investissement confirme sa trajectoire ascendante. Les dépenses d'équipement du Budget général ont grimpé de 6,7% pour atteindre 125,3 milliards. L'attractivité du Royaume se renforce avec des recettes d'Investissements directs étrangers (IDE) en progression de 25,9% à fin novembre, à 35,4 MMDH. Commerce extérieur : des exportations à haute valeur ajoutée Les échanges extérieurs reflètent la transformation structurelle de l'offre marocaine. Les exportations ont progressé de 1,8% pour s'établir à 401,3 milliards de dirhams. Cette performance est tirée par les phosphates (+13,8%) et le secteur aéronautique (+8,5%). L'automobile demeure le premier poste exportateur avec 134,5 MMDH. Face à cela, les importations ont crû de 9,2% (664,5 MMDH), sous l'effet de la hausse des achats de biens d'équipement (+20,1%) et de produits finis de consommation (+15,1%). Ce dynamisme de l'importation témoigne de l'effort d'équipement industriel du pays, malgré un déficit commercial qui s'est aggravé de 22,8%. Toutefois, la facture énergétique s'est allégée de 5,3%, offrant ainsi une bouffée d'oxygène à la balance commerciale nationale.