Sous l'effet conjugué de la sécheresse et de l'expansion de la culture de la pastèque, Zagora fait face à une pression hydrique critique. Malgré des mesures de régulation, la surexploitation des nappes phréatiques menace les oasis, fragilise l'économie locale et pose la question urgente d'un modèle agricole durable. La région de Zagora traverse une crise hydrique d'une intensité sans précédent, dans un contexte marqué par la succession d'années de sécheresse, la baisse des précipitations et l'augmentation des températures. Territoire oasien fragile par nature, le Drâa subit de plein fouet les effets conjugués du changement climatique et de pressions anthropiques croissantes. Au centre du débat : la culture de la pastèque, devenue en quelques années un levier économique majeur, mais aussi un facteur aggravant de la raréfaction de l'eau. Si cette culture génère des revenus significatifs pour de nombreux exploitants, elle pose une question structurelle de soutenabilité. La pastèque est en effet réputée pour sa forte consommation hydrique, particulièrement problématique dans une zone où les nappes phréatiques constituent la principale source d'approvisionnement en eau potable et agricole. Selon M. Jamal Akechbal, président de l'Association Les Amis de l'Environnement, la situation est aujourd'hui critique. Il rappelle que les autorités provinciales ont adopté des mesures restrictives, notamment la limitation des superficies à un hectare par exploitation. Toutefois, sur le terrain, l'application de ces décisions resterait partielle. Des mécanismes de contournement permettraient à certains grands exploitants d'étendre indirectement leurs surfaces, parfois via des accords avec de petits agriculteurs, accentuant ainsi la pression sur les ressources souterraines. Lire aussi : Province de Guercif/INDH : 230 bénéficiaires d'une caravane médicale pluridisciplinaire Cette dynamique entraîne, selon lui, une surexploitation des nappes phréatiques, dont le niveau ne cesse de baisser. Dans certaines zones, les forages atteignent des profondeurs toujours plus importantes, augmentant les coûts d'extraction et réduisant l'accessibilité à l'eau pour les populations locales. À cela s'ajoute l'usage intensif d'intrants chimiques. L'emploi de pesticides et d'engrais en grande quantité contribuerait à la dégradation de la qualité des sols et à la pollution des eaux, compromettant durablement l'équilibre écologique oasien. Les conséquences sont visibles. Les palmeraies, pilier historique de l'économie locale et symbole identitaire de la région, subissent un dépérissement progressif. La raréfaction de l'eau fragilise les systèmes traditionnels d'irrigation et accélère la dégradation des oasis, décrites par certains acteurs associatifs comme des espaces en voie de disparition. Une approche intégrée apparaît indispensable, selon l'association. Elle suppose un renforcement effectif du contrôle des superficies cultivées, la promotion de cultures moins consommatrices d'eau ainsi que le développement de techniques d'irrigation économes.