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La rencontre du Caire achoppe sur le veto saoudo-koweïtien
Publié dans MarocHebdo le 03 - 06 - 2014


LE CONSENSUS FRATRICIDE
Mollesse, désaccord et complaisance avec le régime anglo-américain Tels sont les mots-clé pour qualifier la mascarade du dernier Sommet du Caire qui a réuni les ministres arabes des Affaires étrangères pour mettre fin à la crise irakienne. Les fins Stratèges et diplomates en matière de politique internationale ont prévu ce scénario par ailleurs très affligeant. Les Princes arabes, grisés par la manne pétrolière continuent à s'enfermer dans leur tour d'ivoire. À quand le consensus?
On attendait la réunion du Caire entre les ministres des Affaires étrangères arabes comme le toxicomane attend sa méthadone, la douleur dans le sang, les nerfs électrifiés, le ventre noué. On s'imaginait déjà que, réunis pour riposter à la lugubre opération "renard du désert", les ministres arabes allaient taper de leur poing sur la table de la ligue.
Le peuple irakien, victime de l'agressivité américaine.
Les aristocrates de la diplomatie arabes allaient relever un menton coléreux, une mine indignée: inacceptable qu'un pays arabe membre de la ligue, si galeux soit-il, si peu démocrate soit son régime, soit agressé sans aucune légitimité internationale, bombardé pour convenance personnelle, maintenu dans une quarantaine génocidaire comme le soulignait cette semaine Devis Holliday, le diplomate irlandais, ancien responsable de l'application de la résolution pétrole contre nourriture qui affirme que l'embargo provoque la mort de six milles (6000) Irakiens par mois.
Rupture
On se mettait à rêver que nos princes diplomates, enivrés par tant de sang qui coule, tant d'âmes qui s'évaporent, tant de cicatrices béantes, et tant d'indicibles souffrances insupportables pour leur noble lignée, allaient piquer la crise de nerfs de leur vie, adopter une position de rupture pour tenter de dévier le cours étouffant et meurtrier de l'histoire immédiate.
On s'est mis à fantasmer sur d'obscures réunions de nos princes arabes, intelligents stratèges, courageux, bref Arabes, chargés d'adresser un message clair à la Maison Blanche et au10 downing street: "Nous n'avons pas de B52 ni de "patriot", mais nous pouvons par notre capacité à influencer votre système économique et financier riposter, perturber votre confort douillet d'anglo-américains gavés par nos richesses." Avant cela, sensibles au sort Alcatrazien du peuple irakien, nos princes arabes auraient d'une main seigneuriale lever le couvercle de l'embargo pour permettre aux Irakiens de respirer autre chose que la sous-médicalisation, que la sous-alimentation, que la mort à petit feu.
Au lieu de tout cela, le rêve s'est transformé en un satanique cauchemar. Du conseil ministériel de la ligue arabe qui avait déjà du mal à se réunir, est sortie une position arabe identique à celle qui justifie les frappes contre l'Irak et son isolement international. Sous prétexte de ne pas servir la soupe à Saddam Hussein, les populations irakiennes sont maintenues, comme des lépreux, sous quarantaine. Londres et Washington se sont empressés de saluer et de tresser des lauriers à la ligue arabe qui n'a pas osé franchir la ligne rouge de la levée unilatérale de l'embargo. Pour éviter d'affronter froidement cette incapacité à se démarquer d'un iota de l'approche anglo-saxonne, le discours saoudien, mis en musique par les Egyptiens, concentre le tir sur la personne de Saddam Hussein: "Dictateur, terroriste, responsable des malheurs de son peuple". Or cette stratégie d'attaque trouve sa limite de conviction. Elle tend à faire apparaître le régime de Saddam Hussein comme une oasis de dictature dans un océan de démocratie et d'Etat de droit. Saddam Hussein n'a ni le monopole de l'arbitraire, ni celui du culte exacerbé de la personnalité. Il fait partie intégrante de cette famille arabe unie pour violer allègrement les droits de l'Homme. Simple signe particulier, Hosni Moubarak qui regrette de ne pas être un superman pour arrêter les frappes contre l'Irak, l'accuse d'être malade "de la rue arabe". Dès que la ligue arabe a avalisé la démarche anglo-américaine à l'égard de Bagdad, les frappes ont repris contre l'Irak. Un missile est allé "se perdre" dans un quartier civil de Bassorah faisant officiellement onze morts et cinquante neuf blessés.
Cet épisode insignifiant est arrivé avant que les ministres des Affaires étrangères arabes ne puissent rentrer la queue entre les jambes à leur capitale respective, expliquer à leur maître leur soulagement d'avoir évité un sommet arabe extraordinaire sur l'Irak, d'avoir réussi à éviter d'ouvrir la boîte de Pandore de l'embargo et d'être strictement fidèle aux directives de Washington et sa politique de "containtment" de l'Irak. L'épisode de la réunion du Caire de la ligue arabe le 24 janvier confirme une donnée essentielle de la crise irakienne.
Rancune
La clef de cette crise se trouve à Ryad où la famille Royale saoudienne semble avoir la rancune tenace à l'égard de Saddam Hussein. La réintégration de l'Irak dans le concert des nations dépend certes de Washington, mais les Saoudiens, aidés en cela par les riches Etats du Golfe, ont fait un point d'honneur d'empêcher toute solidarité arabe avec l'Irak.
Cette solidarité effective, si elle s'était exprimée au Caire, aurait donné à réfléchir à un Bill Clinton où à Tony Blair avant de rentrer dans ce jeu de massacre de la population irakienne. Pour cela, le régime saoudien dispose de nombreux moyens de pression à l'égard des pays arabes dont la principale est l'arme économique. Au cours des trois dernières décennies, la manne pétrolière aidant, Ryad a aidé et investi beaucoup d'argent et souvent à pertes dans les pays arabes. Nos arcanes diplomatiques arabes connaissent très bien la politique de dons des pays du Golfe. S'ils n'ont pas réussi à arracher la sympathie des opinions arabes et à imposer un style de respectabilité, les Saoudiens comme les Irakiens à leur apogée pétrolière, avaient réussi à acheter des amitiés et des consciences dans les différents sérails arabes. Et c'est le tissu de fidèles et d'obligés politiques médiatiques ou intellectuels qu'ils mobilisent actuellement pour instaurer un rideau de fumée autour des souffrances du peuple irakien.
Plaies
La crise irakienne consolide la fracture déjà existante entre gouvernants et gouvernés arabes. Ce sentiment d'échec, d'impuissance, de collusion, d'injuste participe à nourrir le substrat extrémiste au sein des sociétés arabes. Le seul pays qui a osé défier, déranger, déstabiliser la ligne de conduite saoudienne est le Yémen qui, le premier avait lancé, comme un pavé dans la marre, l'idée d'un sommet arabe. Mais l'insolence du Yémen et de son président Ali Abdellah Salah à l'égard des autorités de Ryad est de notoriété publique, voire historique.
En essayant contre toute logique humanitaire et politique crédible de maintenir l'Irak dans l'élan infernal de l'embargo, l'axe Washington/Ryad nourrit de manière peut-être involontaire des générations de frustrés arabes qui portent déjà dans leur inconscience les stigmates de la blessure palestinienne. Et l'on se rend compte que l'administration américaine a établi une relation particulière avec l'espace arabe. Elle devient son fournisseur exclusif, d'extrémistes et de mécontents. Cela avait déjà commencé par les liaisons dangereuses que les Américains avaient entre-temps avec la mouvance islamiste radicale (parrainage, financement, manipulation), passant par le soutien tout azimut et inconditionnel à l'establishment israélien au mépris des droits élémentaires des Palestiniens, pour finir par faire de l'Irak un gigantesque camp de concentration.
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