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Après les élections, la formation du gouvernement
Que devient le programme passé? Sera-t-il poursuivi ou connaîtra-t-il des inflexions et des redéploiements significatifs? Qui sera le maître d'œuvre de la politique économique et sociale? Qui vivra verra.
Mustapha Sehimi
• S.M. le Roi Mohammed VI en photo de souvenir avec le premier gouvernement Youssoufi .
On peut tout aussi bien ne pas céder au politiquement correct qui paraît prévaloir, par–delà les clivages habituels, et proposer une autre lecture de ce scrutin du 27 septembre : que le taux de participation de 51,61% (soit quelque 6.700.000 de non–votants) constitue une interrogation sérieuse que l'on ne saurait évacuer; que les 15,55% de bulletins nuls pour les listes locales (soit 1.114.527 voix) recèlent bien une bonne part de vote protestataire à prendre en considération; et que la place de l'argent dans cette campagne est une perversion majeure du processus de démocratisation proclamé. On peut également remonter plus en amont et mettre en cause d'autres paramètres: une campagne insipide et inaudible menée par des partis en manque d'idées et de projet; la désaffection observée chez les citoyens, à telle enseigne que l'on a bien tourné le dos aux grand messes des précédentes consultations; et puis l'absence de lisibilité des programmes plombés par des mesures "généralistes" mêlées et entremêlées dans des catalogues de vœux, de pétition de principe et d'effets d'annonce.
Volonté
Quoi qu'il en soit, le corps électoral a parlé et il nous livre sur le marché parlementaire et politique un produit –ou plutôt une gamme de produits– qu'il nous faut gérer en principe durant toute une législature de cinq ans. Nous sommes ainsi sortis d'une séquence historique particulière liée et héritée du précédent règne. Durant la législature qui finit, la formule politique qui avait prévalu avait été conçue, articulée et mise en œuvre par la volonté créatrice du regretté Souverain. Cela avait conduit à un gouvernement d'alternance nommé en mars 1998 sur la base d'une coalition voulue et imposée par le "haut" et qui n'était pas évidente au départ; cela s'était également traduit par le soutien d'une majorité parlementaire.
Depuis lors, la vie politique et institutionnelle vivait pratiquement sur la base de l'énergie cinétique -comme disent les physiciens– de 1998/99, telle que libérée du vivant de feu Hassan II.
Constitutionnellement, le nouveau Roi avait évidemment toute latitude pour confirmer ou non la formule prévalant lors de son accession au Trône. Mais politiquement il a préféré la "continuité", se donnant ainsi le temps d'asseoir son autorité et son pouvoir et de voir venir les choses.
Qu'il ait vite relevé les lenteurs de l'action gouvernementale n'a échappé à personne; qu'il ait voulu rapidement imprimer sa marque à la politique publique n'est guère contestable; qu'il se soit doté d'instruments et de leviers opérationnels en contrepoint de la bureaucratie du gouvernement n'est pas le moins notable lors des trois années écoulées. Mais que faire, aujourd'hui?
S.M Mohammed VI se trouve aujourd'hui dans une situation inédite: les élections du 27 septembre sont comptabilisées sur son début de règne –il ne peut, dans ces conditions que les assumer. Répondent- elles à ses vœux les plus profonds? Nul ne le sait, quel que soit le discours officiel lénifiant développé ici et là. Il ne manquera certainement pas de nous donner "sa" lecture de ce scrutin, la semaine prochaine, dans son discours d'ouverture de la première session de la nouvelle législature de la Chambre des représentants, le 11 octobre courant. En tout cas, le Roi ne pourra que gérer les résultats enregistrés et livrer la formule politique qu'il entend mettre sur pied pour l'avenir.
Continuité
Compte tenu de l'éclatement de la carte politique et parlementaire tout est possible. Sur le papier, le Souverain a le choix entre plusieurs combinaisons: celle de la reconduction de la coalition sortante, celle d'un aménagement au sein de celle-ci (par exemple l'UD de Bouazza Ikken prenant la place du MNP de Mahjoub Aherdan), ou encore celle d'une autre articulation renvoyant l'USFP et les partis progressistes de gauche dans l'opposition au profit d'un pôle articulé autour de PI, du RNI, du PJD et des segments de la Mouvance populaire (MP, MNP, UD, MDS, AL Ahd).
On peut penser que le Roi optera pour un schéma de continuité en demandant au Premier secrétaire de l'USFP de former le nouveau gouvernement. Non pas que cette décision s'impose du fait de l'arithmétique électorale et parlementaire, l'USFP ne comptant que 50 députés devant le PI qui en totalise 48; mais parce que cette option-là est considérée comme la plus "économique" en termes de coût politique –elle offre également l'avantage, suivant l'argumentaire qui ne maquera certainement pas de la justifier le cas échéant, de mettre en avant la nécessité de finaliser des réformes en chantier.
Reste la crédibilité de ce nouveau cabinet –elle aura fort à faire pour s'imposer. Pour plusieurs raisons liées entre elles: même avec un certain renouvellement du personnel gouvernemental, Me. Youssoufi inaugurera ses fonctions avec un handicap majeur par rapport à sa situation au printemps 1998: celui d'être déjà comptable d'un bilan jugé pour le moins modeste… même par ses alliés. Dès lors, c'est un chèque en blanc qu'il va demander alors que les partenaires économiques et sociaux mettent en avant le déficit de son action réformatrice.
On attendait un nouveau pacte politique fondateur d'un processus accompagnant une véritable transition démocratique. Evitera-t-on, en l'occurrence, sa dénaturation en une gestion rentière d'intérêts et d'ambitions qui ne peut générer, en dernière instance, que le statu quo marqué du sceau de pas mal d'incertitudes…