Alors que la légendaire unité du PJD commençait à se fissurer, d'abord à Oujda, avec le député Aftati, puis au sein du groupe à la Chambre des conseillers qui voulait comme chef Hamieddine que Benkirane ne voulait pas, les frictions passent àTétouan… Le secrétariat général du PJD vient de suspendre toutes les activités de Mohamed Amine Boukhobza, membre du Conseil national et secrétaire-adjoint provincial du parti à Tétouan. Les choses vont apparemment loin, puisque Boukhobza est accusé par sa hiérarchie du parti d'avoir fait circuler sur les réseaux des vidéos contre l'actuel maire – réélu en septembre) de Tétouan, Mohamed Idâomar. Et pourtant, Boukhobza est réputé pour être un ami proche du chef du gouvernement et du PJD Abdelilah Benkirane, de même qu'on lui prête un soutien actif en faveur d'Idâomar. On se souvient que pour l'élection du maire sortant pour un nouveau mandat, l'actuel président de la Chambre des représentants Rachid Talbi Alami avait voulu déposer sa candidature. Et selon un membre de la majorité qui connaît bien les dessous de cette élection, « Benkirane avait pesé de toute son influence pour satisfaire son ami Boukhobza, qui soutenait la candidature d'Idâomar, quitte à mettre en péril le fragile équilibre de la majorité gouvernementale et sachant que Mezouar avait insisté pour conférer la présidence du conseil communal à Talbi Alami, pourtant 3ème personnage de l'Etat ». En effet, Boukhobza avait mis tout son poids dans la balance pour assurer la réélection de son ami, sûr de l'influence qu'il a sur son ami Benkirane. Du rififi, donc, au PJD ? Sinon, pourquoi en avoir fait un sujet sur le site du PJD et pourquoi les médias se sont fait l'écho de cette suspension ? Peut-on avancer que Benkirane traverse une phase de contestation au sein du secrétariat général du parti, en prévision du congrès à venir, et qui devrait précéder les élections générales de septembre 2016 ? Affaire à suivre, donc…