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Que se passera-t-il à Guergarate, maintenant que le Maroc s'en est retiré ?
Publié dans PanoraPost le 28 - 02 - 2017

Vendredi dernier 24 février, le roi du Maroc a saisi le secrétaire général des Nations Unies Antonio Guterres sur les risques qu'il y avait à ne pas intervenir dans cette zone tampon entre Maroc et Mauritanie, où le Polisario multiplie ses actes de provocation. Guterres a réagi promptement et demandé aux deux parties de se retirer dans leurs zones respectives. Le Maroc obtempère en moins de 24 heures, le Polisario non.
Que veut le Maroc ? En août 2016, le royaume avait décidé de mettre bon ordre dans une région appelée « Kandahar » par ceux qui la fréquentent… Une zone de trafics en tous genres, produits manufacturés, véhicules, armes… Le no man's land séparant le Maroc de la Mauritanie est large de 3,7 kilomètres, et Rabat avait décidé de l'asphalter pour officialiser la voie et en faciliter le contrôle et la surveillance par la Minurso. L'acte contrevient à l'accord militaire pour le cessez-le-feu signé entre les parties, sous l'égide de l'ONU en 1991. C'est pour cela que Rabat avait préalablement avisé les Nations Unies de son action. Le Polisario était monté au créneau, criant à une violation de l'accord et mettant, en faisant résonner les bruits de botte, l'ONU face à ses responsabilités.
Que veut le Polisario ? Ibrahim Ghali est le nouveau chef du Front. Il a besoin d'une légitimité et cette légitimité, à ses yeux, est militaire. Un coup de force devrait, dans son esprit, le mettre définitivement en selle. L'initiative marocaine lui a donné l'occasion de montrer ses muscles, surtout à une période de froid entre Rabat et l'ancien secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, que le Polisario, et donc de l'Algérie, considéraient comme acquis aux thèses séparatistes.
Ghali n'a besoin que d'un coup d'éclat car il sait qu'il n'a aucune chance de s'installer un jour au Sahara, et les rares reconnaissances diplomatiques de sa RASD, en Afrique ou ailleurs, se réduisent comme peau de chagrin. Amener le Maroc sur le terrain militaire lui permettrait de le présenter comme Etat agresseur et brutal. Rabat n'est pas tombé dans le piège.
Enfin, le Polisario reste encore sur les temps révolus où la diplomatie algérienne était bruyante et son activisme n'avait d'égal que l'attentisme et la pusillanimité du ministère marocain des Affaires étrangères. Dans l'intervalle, les choses ont radicalement changé : Le Maroc est à l'Union africaine et intègrera bientôt la Cédéao, Ban Ki-mon est parti, cédant la place à Antonio Guterres, qui connaît bien la région et le dossier du Sahara, l'Algérie est atone et exsangue… et le monde est de plus en plus indifférent à cette affaire, se satisfaisant du fait que le Maroc fasse régner l'ordre dans cette région si instable, et plutôt proche de l'Europe.
En revanche, le Maroc a bien compris le jeu du Polisario, qui veut installer un camp dans la zone, lui conférer une activité douanière et créer le fait accompli. Les Algériens ont besoin que les hommes de Brahim Ghali puissent dire à l'UA que la RASD dispose d'un territoire, avec une administration et une douane. Or, il n'y a rien entre le Maroc et la Mauritanie, et le Polisario s'évertue à démonter le contraire, voulant à tout prix empêcher le Maroc de se connecter physiquement à l'Afrique. Il a perdu sur le terrain diplomatique à Addis Abeba, et aujourd'hui, il veut au moins donner l'illusion d'une victoire sur le terrain tout court. Mais Rabat n'est pas dupe.
Et maintenant ?
Le Maroc a saisi l'ONU et l'ONU a réagi, demandant un retrait des deux parties, tant au niveau des personnels civils que militaires. Rabat a obtempéré, le Polisario non.
De là découlent deux conséquences :
1/ Le Polisario montre sa mauvaise foi et ses intentions belliqueuses, ou au moins aventuristes, au monde. Il dit vouloir régler l'affaire dans sa globalité, liant le retrait de ses hommes à un (impossible) référendum d'autodétermination, depuis longtemps dépassé. Il aura affaire à Antonio Guterres et aux grands pays que sont les Etats-Unis, la France et l'Espagne, qui ont tous applaudi à la décision marocaine, sachant parfaitement que l'armée marocaine n'aurait besoin que d'une heure ou deux pour anéantir les troupes du Polisario à Guergarate ;
2/ Mohammed VI a demandé à Guterres de « prendre les mesures urgentes et nécessaires afin de mettre un terme à cette situation inadmissible, qui menace sérieusement le cessez-le-feu et met en péril la stabilité régionale ». Il appartient donc à Guterres de veiller à refaire de la zone de Guergarate un no man's land car, dans le cas contraire, si un ersatz d'Etat commence à s'y installer, le royaume n'aura d'autre choix de rétablir lui-même la légalité internationale, si ceux qui en sont en charge ne le font pas.
L'ONU devrait donc réagir très prochainement à la provocation que lui a directement faite le Polisario en refusant de se conformer à ses recommandations. Et dans tous les cas, le Maroc est gagnant.


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