Massad Boulos et Abdelmadjid Tebboune ont discuté du Sahara occidental    Guerre en Iran : le Polisario met en garde ses partisans de ne pas fâcher Trump    Tindouf : grogne contre des nominations jugées «tribales» au sein du Polisario    Politique monétaire : Bank Al-Maghrib opte pour la continuité    82 000 centres pour former les seniors en Chine    Samsung rapproche Android et Apple avec le partage AirDrop sur Galaxy S26    Elon Musk lance Terafab, un projet titanesque pour redéfinir la puissance de calcul mondiale    Sanadii modernise la Daret au Maroc    P&G Alumni : Moncef Belkhayat décrypte les facteurs de croissance de H&S Group (VIDEO)    Maroc : la crise énergétique va-t-elle relancer l'inflation ?    France : Aux municipales, Rachida Dati perd Paris et Karim Bouamrane est réélu à Saint-Ouen    Les Bourses asiatiques plongent minées par la situation au Moyen Orient    Foot: Rayane Bounida choisit de jouer pour le Maroc    Coupe de la CAF: Safi surprend le Wydad et s'invite dans le dernier carré    RS Berkane se qualifie pour la première fois en demi-finales de la Ligue des champions de la CAF    Liga : le Real Madrid s'impose face à l'Atlético    Maroc U20: Stage de préparation de la sélection du 23 au 31 mars    Maroc : Averses orageuses et risque de grêle (bulletin d'alerte)    Guerra en Irán: el Polisario advierte a sus partidarios de no enfadar a Trump    Google modifie les titres des médias avec l'IA et bouscule l'équilibre du web    RS Berkane se clasifica por primera vez a las semifinales de la Liga de Campeones de la CAF    Aucune maladie épidémique virulente menaçant les forêts d'arganiers à Chtouka Aït Bah    Dans le Fujian : Neuf moments marquants d'un voyage au cœur du Sud-Est chinois    France : «La consultation», le stand-up de Dr Oubeidallah à Paris    Une CAN et puis ? Le mythe de la grandeur sénégalaise déconstruit    Les forêts, un patrimoine naturel au coeur du développement durable    Voici les hauteurs de pluies enregistrées ces dernières 24H    Les électeurs français aux urnes pour le second tour des Municipales    L'affaire Saad Lamjarred relancée : des audiences en appel décisives s'ouvrent en France    Football: Tarik Sektioui, nouvel entraîneur de la sélection omanaise    L'AS FAR bat Pyramids et file en demi-finales de la Ligue des champions de la CAF    Trump menace de frapper les centrales électriques iraniennes si Téhéran ne rouvre pas le détroit d'Ormuz d'ici 48h    Port d'Essaouira : Baisse de 45% des débarquements de pêche à fin février    L'ambassadeur du Maroc empêché accéder à la cour de la Mosquée Hassan II au Sénégal : une source évoque une procédure protocolaire habituelle    Après une absence due au service militaire... le groupe coréen BTS signe un retour en force avec des chiffres records    Accord agricole Maroc-UE : la Commission européenne soutient le système d'étiquetage    Aïd Al Fitr : Grâce Royale au profit de 1201 personnes    Tanger Med: Mise en échec d'une tentative de trafic de plus de 3,9 tonnes de chira    L'ambassadeur de France Christophe Lecourtier annonce son départ du Maroc    Rabat. SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al-Fitr à la mosquée "Ahl Fès" et reçoit les voeux en cette heureuse occasion    Pétrole: Les stocks stratégiques commencent à être mis sur le marché    Mort de Chuck Norris, légende du cinéma d'action    Théâtre : Ouverture des candidatures pour le soutien aux projets culturels et artistiques    SM le Roi, Amir Al-Mouminine, accomplit la prière de l'Aïd Al Fitr à la mosquée "Ahl Fès" à Rabat    Aïd Al Fitr célébré vendredi au Maroc    «Porte Bagage» triomphe à Bergamo et consacre une nouvelle voix du cinéma marocain    Carte de l'artiste : les demandes déposées jusqu'au 31 décembre 2025 examinées    Film : Rire, couple et quiproquos au cœur d'une comédie marocaine    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Coopération sud-sud : Carnegie analyse la politique africaine du Maroc
Publié dans PanoraPost le 24 - 01 - 2019

Le Think Tank américain Carnegie Middle East Center a décrypté dans un document la politique africaine du Maroc. Sous le titre : «Le Maroc regarde vers le Sud», Intissar Fakir, l'auteure de l'analyse, décortique l'engagement marocain sur le continent, guidé par un souci géostratégique avéré, allant de ses relations avec les Etats africains, notamment avec ceux du groupe G5 Sahel, et la guerre d'influence que se livrent Rabat et Alger notamment sur le dossier du Sahara et bien au-delà.
De prime abord, le document relève que le Maroc a renforcé son soutien au groupe des cinq pays du Sahel, visant à concurrencer l'Algérie dans cette région et dans le reste de l'Afrique, en jouant un rôle déterminant dans la sécurité et la stabilité du Sahel vis-à -vis de l'Europe, étant donné ses implications dans la gestion de l'épineuse question migratoire.
L'analyse relève l'existence de gains stratégiques potentiels pour le Maroc mais note que ce dernier a souffert de l'absence de confiance entre Rabat et de nombreux Etats africains, ce qui constitue l'un des plus grands défis à ses efforts de réintégration : «Depuis des décennies, le Maroc entretient avec des Etats africains postcoloniaux des liens qui n'étaient pas aussi proches, par exemple, que ceux-là avec l'Algérie », souligne l'analyste.
On y apprend que jusqu'à récemment, «le soutien de l'Afrique à l'indépendance du Sahara occidental était également une source de tension entre le Maroc et une grande partie du continent, en particulier au niveau institutionnel où les puissances africaines dominantes restent méfiantes à l'égard du Royaume.»
Pour y faire face, le Maroc a cherché à améliorer ses relations bilatérales avec les pays africains, en particulier en Afrique de l'Ouest et au Sahel, une région où il entretenait depuis longtemps des liens de Soft Power. S'engager avec le G5 Sahel est un moyen de démontrer à l'Afrique que le Maroc s'aligne sur les grandes priorités de sécurité du continent et sur la vision de l'Union africaine (UA) de promouvoir la paix et la coopération régionales. Le G5 Sahel offre une autre opportunité en ce sens que le groupe a exclu l'Algérie de son adhésion formelle, contrairement aux précédentes initiatives de sécurité régionale que l'Algérie avait dirigées ou promues au sein de l'UA.
Pour le Maroc, la conséquence positive la plus probable de son engagement avec le G5 Sahel est l'amélioration des relations avec la Mauritanie, un pays avec lequel Rabat entretient depuis longtemps des relations inégales. L'engagement pourrait également porter ses fruits en ce qui concerne les relations à travers le Sahel et éventuellement permettre au Maroc de s'implanter dans la CEDEAO, un groupe régional de quinze Etats auquel le royaume souhaite fortement s'arrimer.
Dans l'ensemble, le soutien du Maroc au G5 Sahel constitue une approche relativement peu risquée pour atteindre des objectifs plus larges en Afrique. Il permet également au royaume de devenir un acteur stratégique de la sécurité, les Etats-Unis et l'Union européenne ne pouvant se permettre une intervention militaire directe, et la coopération du Maroc en matière de lutte contre le terrorisme et de l'extrémisme violent est précieuse à cet égard. Cela donne au Maroc un moyen supplémentaire de gagner du poids dans le dossier du Sahara avec Washington et Bruxelles, pays vis-à-vis duquel le Maroc a été confronté à des défis diplomatiques et juridiques pour exercer son contrôle de facto sur la région.
Les deux principales contributions du Maroc au groupe du G5 Sahel : formation militaire et religieuse
Le Royaume apporte un concours précieux sur le front de la sécurité en en aidant à lutter contre les enseignements islamiques radicaux dans la région de collaboration, notamment le contrôle des frontières, la sécurité alimentaire, le développement social, la formation militaire et la formation religieuse des imams dans la lutte contre la criminalité transnationale.
Carnegie rappelle aussi que le Maroc a longtemps formé de nombreux membres du personnel et des commandants militaires des pays du G5 Sahel, parmi lesquels l'actuel président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, le commandant de la force commune du G5 Sahel, le général Hanena Ould Sidi, lui aussi Mauritanien formé à l'Académie royale militaire de Meknès. L'influence religieuse du Maroc s'étend au Sahel en raison des liens historiques qu'elle entretient avec les souverains du Maroc.
Une coopération bien au-delà de la sécurité
La coopération entre le Maroc et le G5 Sahel s'est également développée au-delà des questions liées à la sécurité. Les universités et les établissements d'enseignement marocains ont été une destination majeure pour les étudiants d'Afrique de l'Ouest et du Sahel, et cette tendance est appelée à se développer. Le Maroc veut également jouer un rôle important dans d'autres domaines tel que l'énergie et donner accès à son expertise en matière de gestion de l'eau et de l'électricité afin de fournir de l'électricité au Sahel, une région sous-alimentée.
Au cours des dernières années, l'essentiel des relations diplomatiques et économiques du Maroc s'est dirigé vers l'Afrique de l'Ouest et le Sahel en raison de leur proximité et de leurs liens historiques et culturels avec le royaume.
La note de Carnegie a également passé en revue l'état des relations politiques et économiques avec ces pays et les différents accords et conventions qui les lient, tout en relevant que les efforts du Maroc pour s'engager dans la sécurité régionale au Sahel pourraient porter des fruits en termes d'influence régionale, mais cela risque d'être en-deçà des attentes. Les membres du G5 Sahel continuent de concevoir une vision stratégique pour la stabilité régionale. Le Maroc ne peut pas espérer grand-chose en termes de gains tangibles immédiats de son implication dans le Sahel, car la force du G5 pour le Sahel est elle-même confrontée à des défis importants pour la collecte de l'aide annoncée. Ce qui est toutefois important c'est que l'engagement accru des Marocains envers le G5 Sahel a créé une excellente optique pour un pays qui suscite encore des doutes parmi les Etats africains, conclut l'analyse de Carnegie.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.