A Moscou, Sergueï Lavrov ministre russe des Affaires étrangères, a accueilli ce 1er mars Delcy Rodriguez, vice-présidente vénézuélienne. Une visite hautement symbolique qui intervient au lendemain du blocage, par le double véto russe et chinois, d'une résolution anti-Maduro présentée par les USA. Selon le représentant de la Russie auprès de l'Onu, Vassili Nebenzia, en cas d'adoption de cette résolution, ce serait le premier cas dans l'Histoire de destitution d'un Président dans un Etat souverain. «Probablement, les Etats-Unis ont pour but d'entrer dans l'Histoire. Si cette résolution était adoptée, ce serait le premier cas dans l'Histoire où le Conseil de sécurité destituerait un Président et en nommerait un autre dans un pays souverain», a tenu à souligner représentant de la Russie auprès de l'Onu. Nebenzia a appelé le Conseil de sécurité à voter contre la résolution américaine, l'ayant qualifié de «publicité propagandiste, dictée en majorité par des considérations politiques intérieures». «Nous sommes désolés qu'on y implique de nouveau le Conseil de sécurité. Est-ce la démocratie mondiale en action?» s'est-t-il adressé aux diplomates rassemblés dans la salle. Des médias ont précédemment annoncé que Washington avait rédigé un projet de résolution proposant notamment d'organiser une élection présidentielle anticipée au Venezuela. Le représentant de la Russie auprès de l'Onu, a déclaré que la Russie avait aussi préparé un projet de résolution, appelant en revanche à soutenir la souveraineté et l'intégrité territoriale du Venezuela et à utiliser toutes les méthodes diplomatiques pour régler la situation. Intervenant devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, Jorge Arreaza, ministre vénézuélien des Affaires étrangères, a plaidé pour une rencontre entre Donald Trump et Nicolas Maduro afin d'endiguer la crise que connaît son pays. Dans un discours devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, Jorge Arreaza a affirmé que Nicolas Maduro était «prêt au dialogue […], même avec les Etats-Unis». «Pourquoi pas une rencontre entre le président Trump et le président Maduro ?», a-t-il lancé. Il a de même dénoncé ce qu'il qualifie d'«agression» américaine contre son pays, ainsi que le blocus économique et le gel des avoirs vénézuéliens à l'étranger «Cet argent appartient au peuple vénézuélien, a dénoncé le ministre […] Cela commence à devenir difficile. Le Conseil des droits humains devrait élever la voix contre ce blocus», a-t-il plaidé.