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Ça bouge au sein de la communauté juive au Maroc
Publié dans PanoraPost le 21 - 04 - 2019

Ils sont moins de deux mille, et on ne voit qu'eux deux… eux deux, ce sont Serge Berdugo et Yoshiahu Yosef Pinto, respectivement secrétaire général du Conseil des communautés israélites du Maroc et « Av Beth Din », ou dirigeant du Tribunal religieux juif dans le royaume. La même semaine, le roi Mohammed VI, Commandeur des croyants, a donné instruction pour organiser des élections au sein de la communauté juive.
Rapide historique
A la fin des années 1940, il y avait environ 250.000 juifs au Maroc, après l'arrivée d'un grand nombre de Tunisie et surtout d'Algérie, fuyant les lois de Vichy et se plaçant sous la protection du Sultan du Maroc qui a refusé la déportation des Juifs. A cette époque, après la Seconde guerre mondiale, la population juive représentait 3% de la population du royaume. Puis l'exode commença vers Israël, dans les années 50 et 60, pour diverses raisons, politiques confessionnelles et économiques. Aujourd'hui, les Juifs représenent seulement 0,005% des Marocains !
Moins de 2.000 juifs vivent et résident en effet encore sous le ciel marocain, mais cela ne signifie aucunement qu'il existe une rupture entre ceux qui sont partis et leur pays d'origine, et souvent de cœur. Quant aux Juifs restés au pays, ils sont organisés en Conseil des communautés israélites au Maroc, CCIM, dont le secrétaire général est l'ancien ministre (et actuel ambassadeur itinérant) Serge Berdugo.
Ce dernier vient de procéder à l'installation du chef du tribunal religieux juif (et non du grand rabbin, comme dit par erreur dans les médias), avec l'assentiment des autorités marocaines, du fait que les Juifs disposent d'une « franchise » judiciaire au Maroc, qui leur donne le droit de juger eux-mêmes de leurs affaires.
Qui est Yoshiahu Yosef Pinto ?
Né en 1973, M. Pinto (ci-contre,au centre) est un rabbin orthodoxe israélo – marocain, doublé d'un chef religieux qui dirige une organisation mondiale appelée Mosdot Shuva Israel. Issu d'une famille rabbinique d'origine marocaine, il a été désigné par Forbes comme faisant partie des dix rabbins les plus riches d'Israël. Très actif dans le domaine religieux, puis politique, le rabbin a connu des démêlés avec la justice israélienne qui, pour des délits constitués de malversations financières, l'a condamné à un an de prison. Suite à des recours en série, refusés et/ou rejetés en série aussi, Yoshiyahu Yosef Pinto a purgé la totalité de sa peine… avant de (re)venir au Maroc.
À la tête de plusieurs organisations caritatives et d'institutions spécialisées dans l'étude de la Torah dans la ville côtière d'Ashdod et aux Etats-Unis, il a également fait l'objet d'un certain nombre d'enquêtes du FBI.
Il sera donc en charge de la direction du tribunal rabbinique du Maroc, et officiera également notamment en tant que responsable de la casheroute du pays, c'est-à-dire le code alimentaire des Juifs.
Installé en grande pompe samedi 13 avril, en présence du wali de Casablanca et de M. Berdugo, M. Pinto a brièvement évoqué ses ennuis judiciaires et ses 365 nuits pénitentiaires par la phrase sybilline suivante : « C'est Dieu qui m'a mis à l'épreuve ». Certes, mais la justice israélienne, dont on connaît la rigueur, avait apporté des preuves.
Qui est Serge Berdugo ?
Agé de 81 ans, Serge Berdugo (à droite, sur la photo) est un homme de droit, homme politique et surtout homme d'affaires marocain. Il fut, brièvement, ministre du Tourisme sous le règne d'Hassan II, dans les années 90. Selon certains de ses coreligionnaires, il avait été choisi par défaut par le roi défunt, en lieu et place d'un autre Juif, qui avait demandé un délai que le roi ne pouvait accorder. Sa biographie indique également qu'en 1987, il devient le secrétaire général du CCIM.
Largement décrié par la (désormais maigre) communauté juive du Maroc, on lui reproche de ne jamais avoir organisé d'élections pour désigner légalement les instances de cette communauté. Le reproche est largement justifié, comme on le verra infra.
Elections prochaines
Lors de l'installation de M. Pinto à la tête du tribunal rabbinique du Maroc, il a été dit et redit que le choix du rabbin israélo-marocain avait été entériné par le roi Mohammed VI, Commandeur des croyants. Cela a été repris par les médias marocain et israélien. Mais le roi du Maroc est juriste, et aussi bien informé. Il a réagi à son habitude, par l'acte.
Ainsi, et en effet, quelques jours après la cérémonie d'installation du rabbin, le ministère de l'Intérieur (et aussi des cultes, ce qui se sait moins) publie ce communiqué : « Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Amir Al-Mouminine, a donné Ses Très Hautes Instructions au ministre de l'Intérieur pour l'organisation des élections des Instances représentatives des communautés israélites marocaines, non-tenues depuis 1969.
Sa Majesté le Roi, que Dieu L'assiste, a demandé également au ministre de l'Intérieur de veiller dorénavant au respect de la périodicité du renouvellement de ces instances conformément aux dispositions du Dahir du 7 mai 1945 relatif à la réorganisation des comités de communautés israélites ».
On retiendra deux expressions de ce communiqué : les élections, « non tenues depuis 1969 », et la demande royale de « veiller dorénavant au respect de la périodicité du renouvellement de ces instances ». Le reproche est explicite, infligé comme un knout au CCIM : il faut, enfin, procéder à des élections, et il importe de se conformer, « dorénavant », à la loi. La lecture du communiqué suggère même que la fonction de M. Berdugo à la tête du CCIM est illégale, du fait qu'elle date de 1987 et que les élections n'ont pas été tenues depuis 1969.
Le roi veille sur le droit
Le roi Mohammed VI veille tout particulièrement à la sérénité de ses sujets juifs et, à ce titre, par exemple, il a donné instruction ces dernières années pour la restauration de plusieurs synagogues, pour certaines inaugurées en grande pompe par le chef de l'Etat lui-même ou par son chef du gouvernement. Et aujourd'hui, il a décidé de ramener la communauté juive marocaine dans le giron de la loi.
Quand seront donc organisées ces élections ? Quel rôle y tiendra le rabbin Pinto ? Quel sera le sort de M. Berdugo et qui sera candidat face à lui, si l'on suppose qu'il sera lui-même candidat à sa propre succession, même s'il n'a jamais été régulièrement élu, ainsi que le suggère le communiqué de l'Intérieur.
Et ainsi, « ils sont moins de 2.000, et on ne voit (encore) qu'eux deux »…


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