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Les nouveaux migrants marocains sont mieux formés et plus jeunes
Publié dans Yabiladi le 18 - 06 - 2012

Samedi dernier, l'Université de Navarre en Espagne, recevait le démographe américain Douglas Massey pour un séminaire sur l'immigration marocaine dans le monde, avec un focus particulier sur l'Europe et l'Espagne. Il en ressort que le migrant marocain d'aujourd'hui est plus jeune, mieux formé et plus ambitieux que son prédécesseur.
Les Marocains de la «nouvelle vague » d'immigration en Europe et en Espagne sont majoritairement jeunes, issus de la classe moyenne supérieure, et possèdent de meilleures qualifications, explique Douglas Massey, professeur au Département de sociologie à l'Université de Princeton aux Etats-Unis.
Dans le cadre d'un séminaire organisé par l'Université de Navarre portant sur l'immigration marocaine, le démographe américain a en effet souligné le fait que la plupart des jeunes migrants marocains d'aujourd'hui étaient mieux formés et très différents des «travailleurs paysans» qui ont commencé à migrer vers l'Europe à partir des années 60.
«Nous observons des changements chez les migrants marocains, autrefois majoritairement agriculteurs, pauvres, sans formation, ni éducation. Aujourd'hui, ces migrants sont pour la plupart jeunes, proviennent des milieux urbains et possèdent une formation qui justifie de plus grandes ambitions», a précisé Massey, ajoutant au passage qu'au Canada et aux Etats-Unis, cette différence générationnelle «de qualifications et de compétences» se remarquait «clairement».
Vis-à-vis de la formation justement, le professeur américain a indiqué que la plupart des jeunes migrants marocains possèdaient aujourd'hui une formation relevant du monde des affaires et de l'ingénierie : «ils ne sont ni avocats, ni médecins mais possèdent globalement un panel de compétences qui peuvent être utilisées sur les marchés mondiaux».
Quant à l'émigration proprement dite, Massey a déclaré que les migrants marocains déployaient désormais des «stratégies de survie» plus temporaires, notamment en Espagne où, du fait de la proximité géographique avec le Maroc, la très grande majorité des migrants marocains rentrait au moins une fois par an au pays pour rendre visite à leur famille. Cette émigration «circulaire» – comme il l'a appellé – serait d'ailleurs à l'origine de «l'énorme flux» d'immigrés marocains traversant le détroit de Gibralatar chaque année, un flux qui touche en moyenne 2,5 millions de personnes et 500 000 véhicules.
La langue et la religion, deux freins à l'intégration des migrants marocains
Pour justifier le retour massif des migrants marocains, Massey a évoqué les «nombreux obstacles auxquels ils sont confrontés dans leur pays d'accueil», à commencer par la barrière linguistique. En Espagne par exemple, ils «doivent apprendre l'espagnol qui est une langue totalement différente de la leur» a-t-il fait remarquer. Ceci expliquerait d'ailleurs pourquoi la communauté latino-américaine, qui doit «traverser un océan entier» pour venir en Espagne mais qui parle l'espagnol, est globalement mieux insérée dans la société ibérique que la communauté marocaine. Cela dit, bien que la barrière linguistique constitue un frein à l'intégration des migrants marocains dans certains pays, le sociologue américain a tenu à ajouter qu'il n'était pas le seul.
Le facteur religieux constituerait également, selon lui, «un défi de taille à l'intégration des migrants» dans leur pays d'accueil : «les migrants marocains viennent d'une autre culture et ont des systèmes de genre, de valeurs et des attitudes très différentes» a-t-il indiqué, précisant par ailleurs que le poids de la religion était beaucoup plus important en Europe qu'aux Etats-Unis, «où les musulmans représentent une très petite minorité du nombre total des migrants». Cela dit, sur les deux continents, Massey a dressé un constat analogue concernant la multiplication des «réactions racistes et xénophobes» à l'encontre de la communauté musulmane, en particulier «par ces temps de crise économique». Pour lui, ces manifestations d'hostilités sont la raison pour laquelle de nombreux migrants marocains rentrent chez eux chaque année «afin d'y trouver 'refuge'».
Un Maroc qui les accueillent à bras ouverts
D'autant que le Maroc les accueillent à bras ouverts. A cet effet, Massey note un changement d'attitude de la part des gouvernants marocains vis-à-vis des Marocains résidents à l'étranger: «les représentants du gouvernement sont désormais présents pour [les] accueillir. L'émigration est perçue de façon plus positive et est mieux acceptée. Aujourd'hui, les migrants marocains constituent une niche à part dans la société marocaine».
Ce changement d'attitude des autorités marocaines n'a évidemment rien d'anodin. Comme l'indique le démographe, le Maroc a simplement pris conscience de «l'atout économique majeur» que représentaient ses ressortissants à l'étranger. Et pour cause: en 2011, les transferts de devises des MRE se sont élevés à 5,3 milliards d'euros (soit 58 milliards de dirhams), faisant de cette manne la deuxième source la plus importante de devises du Royaume après le tourisme et devant les exportations de phosphate.


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