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Maroc : «Il faut que 2022 soit l'année de l'élaboration d'une loi-cadre sur la parité» [Interview]
Publié dans Yabiladi le 10 - 03 - 2022

Malgré le progrès en matière de législation relative aux droits des femmes au Maroc, le principe de parité est encore négligé dans plusieurs domaines, notamment en politique et en entreprise. Quelques mois avant la première année de la pétition n°1/2021 du collectif Parité Maintenant acceptée par le Parlement, la militante Imane Ghanimi revient sur la question.
Comment expliquer ce plafond de verre au sein des organismes professionnels, dans la fonction publique, les institutions privées et les postes de décisions ?
Ce plafond invisible empêchant les femmes de gravir les échelons constitue une réalité indéniable. Malgré leur place croissante dans le monde du travail, les femmes restent largement minoritaires aux postes de décisions. En effet, les explications à ce plafond de verre sont multiples. Il y a la discrimination active, les facteurs psychologiques liés au poids des stéréotypes et des normes ; c'est-à-dire que les concepts tels que l'ambition, la compétitivité, le charisme, la combativité et la valorisation dans les carrières apparaissent comme des qualités masculines.
La femme est généralement perçue comme supposée être en mesure d'assurer les tâches domestiques et liées à l'enfantement. La plupart des entreprises et organisations exigent la disponibilité et la mobilité, et perçoivent donc la carrière professionnelle de la femme comme une discontinuité. Ces obstacles liés également à l'histoire et au fonctionnement des organisations font que le modèle de management idéal reste encore largement masculin.
Mais cette inégalité des chances est devenue une piste de réflexion actuelle et importante dans la recherche sociologique du travail et des organisations, dans les études sur le genre, dans le champ politique, ainsi que dans le cadre de la lutte contre les discriminations.
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«Pour qu'il y ait un changement dans les faits, il faut que les femmes elles-mêmes prennent conscience de l'importance du rôle qu'elles peuvent jouer», disait Simone Veil. Que gagneraient les organisations publiques et privées à une plus grande présence des femmes à des postes de direction ?
Il est de plus en plus reconnu à l'échelle internationale, que le fait de favoriser une plus grande mixité hommes-femmes dans la direction des organisations ajoute une valeur aux organisations et accroît un retour sur l'investissement pour la société.
Ainsi, la recherche et les enquêtes indiquent que la présence plus nombreuse de femmes dans les postes décisionnels peut améliorer la rentabilité. Les entreprises dont au moins la moitié des postes de direction sont occupés par des femmes enregistrent une plus forte croissance de leur chiffre d'affaires et obtiennent un meilleur rendement de leurs actifs. La mixité permet également d'anticiper les problèmes et de mieux résister en temps de crise.
D'autre part, Il est prouvé que les femmes sont des emprunteuses plus prudentes et ont de meilleurs taux de remboursement. Quand les entreprises ont des conseils d'administration paritaires, les effets positifs sur l'amélioration des résultats opérationnels sont spectaculaires. Malheureusement, dans la plupart des entreprises on constate encore aujourd'hui une domination masculine parmi les PDG et dans les conseillers d'administration.
Le 7 juin dernier, le parlement marocain acceptait la pétition n°1/2021 du collectif Parité Maintenant. Bientôt un an après, quel bilan faites-vous des objectifs retenus ? Sont-ils déjà visibles ?
En dépit des avancées considérables en terme de consécration des droits des femmes, je considère personnellement, en tant que militante de la société civile, que nous sommes encore loin des objectifs retenus par la pétition «Parité maintenant», notamment quant à l'élaboration d'une loi cadre pour la mise en œuvre de l'article 19 de la Constitution [ndlr : principe d'égalité entre hommes et femmes au Maroc] et j'estime que le gouvernement actuel n'affiche toujours pas de volonté politique réelle visant la mise en conformité des législations nationales y afférentes aux orientations universelles des droits des femmes.
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Néanmoins, ayant toujours considéré que l'optimisme est en lui-même un acte militant, je pense qu'il ne faut surtout pas perdre de vue le bilan et les acquis du projet social fondé sur l'égalité. J'espère et il faut que l'année 2022 soit l'année de l'élaboration d'une loi cadre sur la parité. Ainsi que la mise en place de l'Autorité pour la parité et la lutte contre toutes les formes de discrimination, tenant compte du rôle primordial de la réglementation sur la parité, qui, si elle n'est pas imposée, n'est pas en mesure de s'imposer.
Quelle est la place de la société civile dans ces avancements à venir ?
J'animerais citer la déclaration de M. Guterres, Secrétaire général de l'ONU, lors d'une discussion au siège de l'ONU à New York, en marge de la 62e session de la Commission de la condition de la femme (CSW62) ayant été le plus grand rassemblement des Nations unies sur l'égalité des sexes : «La lutte pour l'égalité des sexes est une lutte difficile, et elle est évidemment plus difficile quand on la considère du point de vue des gouvernements et des institutions (…) C'est donc la société civile qui est en train d'être à la pointe de cette lutte… Sans le leadership et la pression de la société civile, je doute que nous serions là où nous sommes aujourd'hui.»
En deux mots, la société civile est appelée à pérenniser les acquis en termes de défense des droits humains de la femme, et poursuivre le combat pour la consécration des droits des femmes dans une société juste, libre, démocratique et progressiste.


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