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Melilla : Des journalistes maghrébins et africains exclus d'une conférence de presse des autorités locales
Publié dans Yabiladi le 22 - 10 - 2012

«La liberté de la presse est garantie en Espagne. Situation plutôt bonne», dixit Reporters Sans Frontière dans son dernier rapport 2011-2012 sur la situation de la liberté de la presse dans le monde. Un rapport qui classe l'Espagne à la 57ème position sur 179 états au total. Pourtant, à moins de deux heures d'avion de Madrid, la situation semble être tout autre à Melilla, enclave espagnole de 12 km2 située dans le nord du Maroc dont la souveraineté est revendiquée par le royaume. Quatre journalistes maghrébins et africains n'ont pas été les bienvenus lors d'une conférence de presse donnée au siège des autorités de la ville. Une journaliste de Yabiladi.com en faisait partie.
Quatre journalistes maghrébins et africains (Maroc, Algérie, Mali et Sénégal) participant à un atelier de formation sur les migrations (cf encadré), dont je faisais parti, n'ont pas été les bienvenus lors d'une conférence de presse se tenant au sein du siège de la délégation du gouvernement de Melilla. Le mercredi 17 octobre dernier, Abdelmalik El Barkani le délégué du gouvernement d'origine marocaine tient une conférence de presse de dernière minute. Objectif : faire un point sur les tentatives consécutives de près de 500 migrants subsahariens de franchir en force la barrière représentant la frontière entre le Maroc et l'enclave espagnole et ce, en l'espace de trois jours. Une conférence de presse pour appeler aussi à une meilleure collaboration entre l'Union Européenne et les pays d'origine des migrants pour mieux maitriser ces flux migratoires. D'après la presse espagnole, 120 migrants ont réussi au final à poser le pied sur le sol espagnol. Les autres sont restés du côté marocain.
Pas autorisés à poser des questions
Cependant, une fois le groupe composé de journalistes, des formateur et responsable de la formation arrivé dans le bâtiment officiel, Irène Florès, directrice de communication de la délégation du gouvernement fait barrage dès l'entrée refusant de donner l'accès à la salle de conférence aux journalistes n'ayant pas d'accréditation de presse, un refus visant les 4 journalistes du Maghreb et d'Afrique. «Ce n'est pas une assemblée populaire où n'importe qui peut entrer. Seuls les journalistes accrédités sont autorisés à rentrer. A part les journalistes espagnols accrédités, vous, je ne vous connais pas», expliquera Irène Florès au groupe de journalistes deux jours après la conférence de presse.
Après plusieurs dizaines de minutes de négociation entre la représentante de la délégation et les 6 journalistes espagnols du groupe qui menaçaient de quitter les lieux si leurs collègues maghrébins et africains n'étaient pas autorisés à entrer, la directrice de communication finit par céder et nous laisse entrer pour assister à la conférence de presse, tout en faisant comprendre au responsable de la formation qu'aucune question de ces journalistes ne serait acceptée.
La présence d'une journaliste marocaine dans le groupe a-t-elle été la véritable raison de ce refus de nous laisser entrer ? Irène Florès craignait-elle des questions sensibles sur la revendication marocaine de Melillia ? «Non, la raison de ce refus n'a rien à voir avec la présence d'une journaliste marocaine dans le groupe mais c'est une question de protocole», a-t-elle affirmé.
Parler d'immigration illégale sans journaliste africain, le comble !
Protocole ou pas, le mal est déjà fait. Pour les journalistes d'Algérie, du Mali et du Sénégal, la pilule a du mal à passer. «On est les premiers concernés par ces questions de migration et je trouve cela aberrant qu'on ne nous ai pas laissé entrer dès le départ car si les autorités de Melilla ont un message à transmettre à nos pays respectifs pour mieux lutter contre l'arrivée de migrants clandestins, c'est à travers nous qu'elles doivent le faire. Mais comment peuvent-elles transmettre ce message si les représentants des médias des pays concernés ne sont pas autorisés à assister à une simple conférence de presse», se demande Naima Benouaret, journaliste pour le quotidien algérien el Watan.
Ramaté Konaté, journaliste radio à l'Office de Radiodiffusion Télévision du Mali (ORTM) se dit, elle, blessée d'avoir été exclue de ce point presse. «La question de l'immigration illégale concerne aussi bien les Africains que les Espagnols !», lance-t-elle. Mais ce qu'elle retient, de cette conférence ce sont les questions posées par les journalistes espagnols au représentant du gouvernement de Melilla, des questions qu'elle qualifie de «futiles». «Leurs questions ne prenaient pas en compte les soucis des migrants. Le problème est plus poignant que toutes leurs questions. Par exemple, à un moment, le délégué du gouvernement explique que les migrants qui ont tenté de franchir la barrière ont lancé des pierres à la Guardia Civil. Ensuite, un des journalistes lui a demandé où ils ont trouvé des pierres. Question sans intérêts», poursuit-elle. «Si moi j'avais pu poser des questions, j'aurais aimé savoir quelle est la politique précise du gouvernement pour lutter contre l'immigration clandestine».
De son côté, Yabiladi a tenté de joindre aujourd'hui Olivier Basil, le directeur de Reporters Sans Frontières en Belgique pour savoir si RSF s'était déjà intéressé de près aux conditions de travail des journalistes exerçant à Melilla et savoir s'il existait vraiment une liberté de presse dans l'enclave espagnole. Il est resté injoignable.
Un atelier pour mieux comprendre les enjeux des migrations
12 journalistes au total, dont une de Yabiladi.com ont participé à l'atelier « Mieux informer sur les migrations » qui s'est tenu du 15 au 19 octobre dans la ville de Melilla. L'atelier est organisé par l'Institut Panos de Paris en collaboration avec l'Institut Panos de l'Afrique de l'Ouest et est financé en grande majorité par l'Union Européenne. Objectif : Renforcer les capacités des journalistes à informer sur les enjeux et impacts de la migration et à faire entendre les voies des migrants


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