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Diaspo #277 : Adil Lakhdim (Dilay Boog), le hip-hop et la danse chevillés au corps en Suisse
Publié dans Yabiladi le 25 - 02 - 2023

Adil Lakhdim, alias Dilay Boog, a silonné le Maroc, la France, les Etats-Unis et la Suisse, guidé par son engouement pour la dance et surtout pour le hip-hop. Soucieux de transmettre son expérience cumulée depuis les années 1990 dans ce domaine, il voit grand pour la génération montante des danseurs et chorégraphes au Maroc.
Au cœur du quartier de Tabriket, dans le Salé des années 1980 et 1990, Adil Lakhdim a grandi dans la bienveillance de ses deux parents, surtout qu'il est enfant unique. Suivi de près par sa mère dans son évolution scolaire et au-delà, il est plutôt un élève studieux, qui réussit sans difficultés. Passionné de films de VHS, c'est à travers le septième art qu'il aura le déclic pour la danse et le hip-hop. Il s'en rappelle encore aujourd'hui. «Chaque semaine, je demandais à ma mère de quoi louer une cassette de film au vidéoclub du quartier. Mon appétence vient de là, grâce à des films culte de l'époque, où les personnages principaux étaient incarnés par des danseurs professionnels», nous raconte-t-il.
«Beat Street» de Stan Lathan (1984) lui ouvre grands les yeux sur l'univers fascinant du hip-hop. Ce long-métrage deviendra sa madeleine de Proust. «Un jour, je devais avoir onze ou douze ans, le responsable du vidéoclub m'a prêté la cassette de ce film. Je ne m'attendais pas du tout à ce que j'allais voir et en lançant le film, à la maison chez mes parents, j'ai découvert un autre monde. Je suis resté bouche bée devant les performances des danseurs, les fights, l'habillement et les attitudes des breakdancers…», nous confie-t-il.
«Sauf que je devais rendre la cassette du film le lendemain, pour rendre à ma mère sa pièce d'identité qui restait comme garantie auprès du vidéoclub. La semaine d'après, j'ai redemandé la cassette du même film, que j'ai revisionné avec la même fascination», nous dit l'artiste, qui se rappelle de tous les détails de cette anecdote. «Plus tard, j'ai préparé une autre cassette VHS prise chez moi, puis j'ai remplacé les bandes par ceux du film que j'avais loué et j'ai rendu la pochette !», raconte-t-il.
Robet Taylor comme première idole
Dans «Beat Street», Adil, alors en début d'adolescence, s'identifie particulièrement au personnage de Lee, incarné par Robert Taylor et qui assume un tempérament rebelle, quitte à sécher les cours pour s'exercer au hip-hop. «Il était primordial pour moi de garder une copie de ce film. Je ne le réalisais pas encore à ce moment-là, mais cette œuvre était finalement fondatrice dans mon parcours. Je la regardais en boucle et j'essayais de refaire les pas de danse, les chorégraphies…», se souvient-t-il. Au lycée, Adil est de plus en plus sur les pas de Lee, sans s'en rendre compte. Il s'entraîne entre huit et onze heures par jour. «Près de notre rue, il y avait une piste large qui prêtait à un espace de répétitions de danse. Avec mes amis, nous nous retrouvions toujours là-bas pour nous entraîner, au point où les plus jeunes danseurs surnomment encore cet endroit 'la piste d'Adil' !», nous raconte-t-il.
Peu à peu, Adil consacre plus de temps à l'apprentissage du hip-hop qu'à l'école. Dans ce sens, ce n'est que dernièrement que sa mère lui a parlé des détails de cette période. «L'un de mes amis les plus proches s'était aperçu, à l'époque, de mes absences au lycée. Il en a informé ma mère, qui a commencé à me suivre là où j'allais. Lors que je séchais les cours pour m'entraîner sur les saltos, au bord de la mère à Salé, elle me surveillait de loin à mon insu. Elle me suivait aussi lorsque j'allais, ensuite, aux répétitions avec des amis dans une salle de sport dont le propriétaire nous laissait les clés. Elle savait tout de mon programme quotidien pour mieux connaître les raisons de mon absence à l'école, mais elle ne m'avait jamais rien dit. Elle m'a confié qu'elle souhaitait simplement s'assurer que je ne tombais pas dans la délinquance et comme ce n'était pas le cas, elle me laissait m'exercer à l'activité que j'aimais le plus et qui était la danse, sans jamais rien me dire», se rappelle l'artiste.
Sous le regard de sa mère, Adil évolue au point d'être repéré par le dramaturge marocain Abdou Jalal, qui lui propose, avec trois autres de ses camarades de danse, de se produire sur scène à Rabat. Retenu. Il est repéré cette fois-ci par la chanteuse marocaine Dalila, qui fait partie du public. Admirative de la performance des jeunes, l'artiste leur propose qu'ils deviennent ses danseurs pour le tournage de ses clips et ses spectacles en concert. Adil et ses amis se produisent alors partout dans le pays, encadré par Abdou Jalal, qui sera leur manager. «Nous avons commencé à faire nos entraînement dans les studios Adwaa Al Madina, puis nous avons conçu notre première création appelée Basard», se rappelle le danseur. Le jeune groupe fait une première tournée, grâce au circuit de l'Institut français au Maroc.
Des répétitions de quartier au tournées nationales
Adil et son groupe sont de plus en plus connus. Encore mineurs, ils sont accompagnés à chaque fois par leur manager, qui les place sur des événements artistiques, des programmes télévisés et des concerts. N'oubliant pas l'importance du baccalauréat aux yeux de ses parents, Adil travaille dur pour décrocher le sésame et évoluer ensuite dans son domaine de prédilection. «Lors que j'ai eu mon BAC, j'ai dit à ma mère que j'avais fait ce qui m'était demandé, et que je souhaitais maintenant me consacrer entièrement à la scène et à la danse. Ma mère m'a souhaité bon courage, sans réticences», dit-il.
A la même période, à la fin des années 1990, Adil constitue un autre groupe, Style Salé Breakers et intègre de plus jeunes pour leur transmettre de premiers outils afin de se lancer dans la dance. Il remporte avec eux deux éditions du Championnat national du hip-hop. A partir de ses dix-huit ans, Adil donne d'ailleurs des cours de hip-hop et encadre d'autres jeunes. En 2001, il prend son envol pour la France, après avoir été repéré par la chanteuse Laam dans un spectacle au Maroc, et qui lui a proposé de faire partie des danseurs qui l'accompagnent en tournée dans le pays.
En France, Adil Lakhdim a la chance de faire des rencontres déterminantes pour la suite de son parcours, notamment celle d'un metteur en scène, qui lui a permis d'intégrer le cercle très fermé des danseurs classiques, même en venant du hip-hop. Il fait alors des tournées dans les opéras de plusieurs villes, à Paris, à Reims, à Rouen et ailleurs. En parallèle, il fait des études diplômantes en introduction à la communication et conception audiovisuelle. Il collabore avec la BBC et plusieurs médias pour envoyer des images de reportages.
Des formations entre la France et les Etats-Unis
Curieux de découvrir par ailleurs le monde américain de la danse et avec l'aide de son cousin, le célèbre DJ Idem, Adil fait un premier voyage aux Etats-Unis, où il rencontre encore des danseurs professionnels. Au fur et à mesure des rencontres, il se retrouve à Los Angels avec les chorégraphes de Michael Jackson, avec qui il devient ami. De nouvelles synergies se créent entre eux, des Etats-Unis à la France. «Nous sommes en contact permanent, aujourd'hui encore, et j'essaye de transmettre dans mes workshops ce que j'ai notamment appris d'eux», nous dit-il.
Désormais installé en suisse et responsable de stocks dans une entreprise aéronautique, parallèlement à son parcours artistique professionnel, Adil cumule désormais plus de trente ans d'expériences dans la danse et le hip-hop. Invité à Casablanca par la coopérative artistique et culturelle Liquid Bridge, dans le cadre de Bridge it up, du 23 au 25 février, il a donné également des ateliers.
Entre le Maroc et l'Europe, il ambitionne de faire un travail de recherche pour repérer le plus grand nombre possible de jeunes danseurs d'origine marocaine, afin de constituer une troupe de hip-hop et monter un premier spectacle, tout en permettant de maintenir le pont avec des nouvelles générations, entre le pays d'origine et ceux de résidence.


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