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Sahara : les ressorts de l'évolution de la position espagnole, de l'indépendance à l'autonomie (rapport)
Publié dans Yabiladi le 17 - 01 - 2026

La question du Sahara occidental occupe une place centrale dans le débat politique espagnol. Elle fait l'objet d'un nouvel éclairage à travers un rapport publié par l'Institut royal Elcano, qui analyse l'évolution de la position de Madrid : d'une défense du principe d'autodétermination dans une perspective d'indépendance à un appui explicite à une solution fondée sur l'autonomie.
DR


L'opinion publique espagnole reste majoritairement favorable à l'autodétermination du Sahara occidental, selon un nouveau rapport de l'Institut royal Elcano. Cette position s'explique par une solidarité historique avec les Sahraouis, combinée à une relation souvent ambivalente, voire conflictuelle, avec le Maroc. Les résultats d'une enquête d'opinion menée en juillet par Elcano confirment cette tendance.
Cependant, cette sympathie populaire a toujours été subordonnée, sur le plan diplomatique, à des priorités telles que la stabilité du voisinage méridional, la défense des intérêts stratégiques espagnols et le rapport de forces régional et international.
Depuis le retrait de 1975, dans un contexte de transition post-dictature et de fragilité interne, l'Espagne a adopté une approche pragmatique du «moindre mal». Incapable d'imposer une solution conforme à ses préférences et soucieuse d'éviter une confrontation armée avec le Maroc, Madrid a privilégié la préservation de ses intérêts essentiels, notamment la sécurité de Ceuta, Melilla et des îles Canaries.
Cette logique a perduré sous les gouvernements démocratiques successifs, qui ont maintenu pendant près de quarante-cinq ans une position officiellement neutre, axée sur le soutien au processus onusien, tout en évitant toute confrontation directe avec Rabat. Comme le souligne l'Institut Elcano, «l'Espagne n'avait ni la motivation ni le soutien international nécessaires pour» imposer sa ligne.
Cette neutralité de principe s'expliquait par plusieurs facteurs structurels : l'importance stratégique du Maroc en matière de sécurité, de gestion des flux migratoires et de coopération antiterroriste ; la crainte de voir émerger un Etat sahraoui fragile et dépendant ; la rivalité persistante entre Rabat et Alger ; et enfin, la capacité limitée de l'Espagne à influencer un conflit façonné par la réalité du terrain et par les choix des grandes puissances.
Par ailleurs, le bloc soviétique a également adopté une attitude prudente. Malgré l'affinité idéologique entre l'Algérie et le camp socialiste, Moscou a évité toute confrontation directe avec Rabat, en partie grâce à l'habileté diplomatique du Maroc. La majorité des pays du Pacte de Varsovie se sont abstenus lors des votes aux Nations unies en décembre 1975, affichant une neutralité qui, de facto, favorisait les intérêts marocains, rappelle l'Institut Elcano.
L'Allemagne a ouvert la voie à l'Espagne
Progressivement, l'évolution démographique, militaire et diplomatique sur le terrain a consolidé la position du Maroc, tandis que le soutien international au Polisario s'est fortement érodé. Le tournant de mars 2022, lorsque le gouvernement espagnol a qualifié le plan marocain d'autonomie de «proposition la plus sérieuse, réaliste et crédible», s'inscrit dans la continuité de ce pragmatisme. Il reflète à la fois la consolidation internationale de la solution marocaine depuis 2020, la paralysie durable du processus onusien et la volonté de Madrid de mettre un terme à une phase de tensions aiguës avec Rabat, illustrée notamment par la crise migratoire de Ceuta en mai 2021.
Ce choix, politiquement coûteux sur le plan interne et déstabilisant dans la relation avec l'Algérie, vise avant tout à rétablir des relations fonctionnelles avec un voisin jugé incontournable. Cependant, aucune formation politique soutenant le Premier ministre Pedro Sanchez n'a brandi la menace de censure pour faire plier l'exécutif. Tous les alliés du Polisario se sont limités à voter des résolutions non contraignantes condamnant le «virage» annoncé le 18 mars 2022.
Malgré cette inflexion majeure, un élément fondamental demeure inchangé : l'Espagne continue de défendre le principe d'autodétermination, mais en l'inscrivant désormais dans une perspective d'autonomie plutôt que d'indépendance. Cette position, aujourd'hui partagée par la majorité des partenaires occidentaux, ouvre théoriquement une marge de manœuvre pour promouvoir une autonomie sahraouie crédible et assortie de garanties effectives, constate Elcano.
Pour rappel, cette «inflexion» opérée par Madrid a été précédée par un soutien explicite de l'Allemagne, véritable moteur économique et politique au sein de l'Union européenne. Celui-ci a été acté le 13 décembre 2021 dans un communiqué du ministère allemand des Affaires étrangères, puis réaffirmé le 5 janvier 2022 dans un message du président allemand adressé au roi Mohammed VI. Cet appui de Berlin a encouragé plusieurs Etats membres de l'UE à s'inscrire dans la même dynamique, y compris l'Espagne.


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