Aujourd'hui, le Maroc a annoncé son accord pour rejoindre le Conseil de la Paix proposé par le président des Etats-Unis, Donald Trump. Qu'est-ce que ce conseil, et pourrait-il faire de l'ombre aux Nations Unies ? DR ‹ › Ce lundi soir, le ministère des Affaires étrangères a annoncé que le roi Mohammed VI a accepté l'invitation du président américain Donald Trump à devenir membre fondateur du Conseil de la paix. Cette initiative, lancée par la Maison-Blanche, se veut une nouvelle approche pour résoudre les conflits mondiaux. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Approuvé par le Conseil de sécurité des Nations Unies en novembre 2025, le Conseil de la paix a été initialement créé pour superviser le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. Toutefois, selon les nouveaux plans de Trump, son mandat s'étendra désormais à l'échelle mondiale, bien au-delà de la bande de Gaza. Donald Trump devrait être le premier président du conseil, avec la capacité de choisir personnellement les membres qu'il souhaite inviter, selon le projet publié par les médias internationaux. Bien que les décisions soient prises par vote majoritaire, le président Trump aura le dernier mot pour les approuver. Les Etats membres siégeront pour une durée de trois ans, mais peuvent obtenir un siège permanent en versant un milliard de dollars en espèces durant la première année de mise en œuvre de la charte, indique le projet. Un responsable américain a déclaré à CNBC que rejoindre le Conseil de la paix ne nécessite aucun frais, mais qu'une contribution d'un milliard de dollars garantit une adhésion permanente. Une alternative aux Nations Unies ? De nombreux pays, notamment en Europe, regardent l'initiative de Trump avec méfiance. Reuters rapporte que des diplomates ont exprimé des inquiétudes quant au fait que ce conseil pourrait saper le travail des Nations Unies. Environ 60 gouvernements ont été invités, mais beaucoup hésitent à se prononcer officiellement, préférant laisser des sources anonymes commenter l'impact potentiel sur l'ONU. Le premier chapitre du projet de charte du Conseil de la paix décrit une «organisation internationale visant à promouvoir la stabilité, restaurer une gouvernance fiable et légale, et assurer une paix durable dans les zones touchées ou menacées par des conflits». Reuters cite un diplomate décrivant le conseil comme «les Nations Unies de Trump, ignorant les fondamentaux de la Charte de l'ONU», tandis que trois autres diplomates occidentaux estiment que l'initiative pourrait affaiblir l'ONU si elle se concrétise. Trump, critique de longue date des Nations Unies, a souvent mis en doute l'efficacité et le coût de ses agences, arguant qu'elles ne servent pas les intérêts américains. La Hongrie a été parmi les premiers à accepter l'invitation de Trump, suivie par le Kazakhstan et l'Ouzbékistan. Ce soir, le ministère marocain des Affaires étrangères a également annoncé l'acceptation par le roi Mohammed VI de l'invitation de Trump. La Jordanie, le Pakistan, Bahreïn, l'Egypte, la Turquie, l'Inde, la Grèce, l'Argentine... ont reçu des invitations, tandis que la Russie a déclaré qu'elle étudiera l'offre reçue par les canaux diplomatiques. En France, l'Agence France-Presse rapporte que les proches du président Emmanuel Macron ont indiqué que la France n'a pas l'intention d'accepter l'invitation à ce stade, en raison de préoccupations concernant le respect des principes et de la structure des Nations Unies. La même agence cite une source gouvernementale canadienne affirmant qu'Ottawa ne paiera pas pour rejoindre le «Conseil de la paix». Dans sa lettre d'invitation, Trump a déclaré que le conseil se réunira prochainement, ajoutant que «ce conseil sera unique, il n'y a jamais rien eu de tel auparavant».