Né de parents marocains aux Pays-Bas, Achraf Agarmaoine se met au service des enfants de sa communauté. Sa fondation soutient la jeunesse par le biais du sport, du mentorat et de l'engagement collectif, contribuant ainsi à façonner une génération de modèles confiants. Achraf Agarmaoine. / Ph. DR ‹ › «Il faut tout un village pour élever un enfant», dit le proverbe. En effet, les parents ne sont pas les seuls impliqués dans cette mission. Achraf Agarmaoine, Marocain de 25 ans né aux Pays-Bas, est convaincu que sa fondation fait partie de ce village. Elevé à Harderwijk, une petite ville entre Utrecht et Zwolle, il rend bien à sa communauté ce qu'elle lui a transmis, en se concentrant sur les enfants. Stichting Beweeg naar Toekomst (Bouger vers l'Avenir) a été fondée en 2022 par Achraf, son frère jumeau Mohammed et leur ami Hicham. La structure organise des compétitions sportives et des jeux, fournit du soutien scolaire et, surtout, crée des liens forts entre les enfants et les adultes, des modèles dont ils peuvent s'inspirer. «Nous organisons des programmes scolaires et périscolaires : football, kickboxing, volley-ball, ballon prisonnier, ateliers éducatifs et mini-jeux», entre autres, a déclaré Achraf à Yabiladi. La plupart des activités se déroulent en plein air, en plus du bâtiment de la fondation, où ont lieu des sessions en intérieur, des réunions d'équipe et des débats sur des questions sociales. Plus qu'encourager les enfants à l'activité physique et aux jeux, l'objectif est de les aider dans leur développement. «Quand les enfants se sentent soutenus, ils s'ouvrent, font des erreurs sans crainte et grandissent plus vite», a-t-il expliqué. Du bénévolat à une mission à plein temps Achraf lui-même avait besoin de ce soutien en grandissant. Ses parents originaires de Midar, près d'Al Hoceïma, ont immigré aux Pays-Bas pour construire une nouvelle vie. Il se soucie qu'il était «un enfant difficile». «J'ai fréquenté une école spécialisée à cause de mon tempérament», nous confie-t-il. Mais il avait un modèle qui l'a soutenu : sa sœur aînée. «Elle croyait en moi, m'a poussé à aller de l'avant et m'a appris que grandir vient de l'effort», a-t-il dit. Cette expérience l'a inspiré pour des études en action socials à Hogeschool Utrecht et plus tard à devenir bénévole. Avant de lancer sa fondation, Achraf a fait du bénévolat avec la Fondation Richard Krajicek, qui incite les jeunes des quartiers urbains défavorisés des Pays-Bas à adopter un mode de vie actif et sain. Diplômé en action sociale, il a été sélectionné pour un programme communautaire soutenu par le gouvernement local, visant à renforcer les quartiers, appelé «District Spot». Cela impliquait d'organiser des activités dominicales et des petits événements pour les enfants. «J'étais déjà actif dans le quartier, donc j'ai été choisi, et à partir de là, tout a évolué par étapes», nous dit-il. À la fin de son projet d'un an, il a lancé la fondation. Achraf s'est inspiré d'initiatives telles que les terrains de jeux Johan Cruyff, une autre fondation néerlandaise qui promeut le sport dans les quartiers à faible revenu. «Ce n'était jamais prévu de créer une fondation. L'évolution s'est faite naturellement d'un hobby à un travail à plein temps», a-t-il déclaré. Plus que du sport Cinq ans plus tard, la fondation est devenue un emploi à plein temps pour Achraf. Elle compte désormais 11 salariés et environ 35 bénévoles. En plus d'organiser des activités, l'équipe se concentre sur la création et la formation de modèles, des jeunes qui peuvent diriger professionnellement des programmes et organiser des événements. Les bénévoles soutiennent les événements, le travail de sensibilisation scolaire et les initiatives communautaires. «Nous faisons également du travail social, en soutenant les enfants en difficulté à l'école ou dans la vie quotidienne», a-t-il dit. La fondation organise également des initiatives caritatives, y compris des projets au Maroc et des efforts de collecte de fonds pour les enfants de la bande de Gaza. «Le sport aide les enfants à se développer, mais des adultes attentionnés comptent plus», a insisté Achraf. C'est la raison pour laquelle la fondation met maintenant l'accent sur l'implication des parents. «Comprendre les familles nous aide à mieux soutenir les enfants», a-t-il expliqué. La plupart des enfants impliqués dans les activités de la fondation ont un parcours migratoire, mais récemment, de plud en plus d'enfants néerlandais ont rejoint la dynamique. «Ce que j'aime, c'est que les enfants ne se concentrent pas sur l'origine, mais sur qui vous êtes. C'est une leçon pour nous tous», ajoute Achraf. Le projet est financé par différentes organisations qui croient en cette mission. «Au début, tout était basé sur le bénévolat. Mais au fur et à mesure de notre évolution, nous avions besoin d'un soutien financier», a expliqué Achraf. En dehors de son travail pour la fondation, il aime jouer au football et passer du temps avec sa famille. Récemment, son équipe, principalement d'origine marocaine, s'est rendue au Maroc, où ils ont renoué avec leurs racines, renforcé les liens et travaillé sur les projets futurs de l'organisation.