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Maroc : 2 Subsahariens victimes de racisme dans un café tangérois
Publié dans Yabiladi le 13 - 08 - 2015

Certains cafés à Tanger sont-ils interdits aux Subsahariens ? C'est en tout cas l'expérience de deux ingénieurs gabonais et sénégalais cette semaine dans un café de la capitale du Détroit. Le Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants (Gadem) dénonce «une violation flagrante de la loi». Détails.
Patrick* et Mamadou* s'attendaient à tout, sauf à ce qu'ils ont vécu mardi soir (11 août), dans un café tangérois où ils voulaient regarder le match du Barça. «Mon ami devait m'y attendre. Quand je suis entré dans le café, je ne l'ai pas vu. Pendant que j'essayais de l'appeler, l'agent de sécurité est venu me dire de sortir», raconte à Yabiladi, Patrick, un ingénieur informatique gabonais résidant à Casablanca et parti à Tanger pour des vacances familiales d'une semaine. «Intrigué, je lui ai demandé pourquoi, poursuit-il. Et l'agent de répondre : ''le patron a interdit l'accès aux blacks''».
Café «no black»
Quelques instants après son ami Mamadou, ingénieur électro-technique sénégalais à Casablanca et en mission à Tanger, arrive et pendant qu'il avance pour se rapprocher de Patrick, l'agent de sécurité réitère. «Il a dit : ''no black, no black'', expliquant que son patron a interdit l'accès aux Noirs et que s'il nous laisse nous asseoir, il risque de perdre son travail», relate Mamadou.
Fervents supporters du Barça, les deux ingénieurs voulaient à tout prix regarder le match de leur équipe favorite. Ils ont regardé dans le coin et n'ont vu aucun autre endroit du genre. Ils sont revenus au café en question situé vers l'avenue Mohammed V. «L'agent de sécurité nous a dit qu'il n'a personnellement aucun problème avec les Noirs, qu'il a même des amis noirs. Mais il a reçu des instructions de son patron qu'il se doit d'exécuter, parce que si le patron se rend compte que des blacks ont été admis dans le café, il sera viré», rapporte Patrick. «Nous n'avons pas voulu faire d'embrouille, nous sommes partis», confie l'ingénieur gabonais.
Pour Patrick et Mamadou, l'incident est quelque peu choquant. «J'étais surpris, c'est la première fois qu'on m'interdit d'accéder à un café», souligne Mamadou qui cumule près de 15 ans de résidence au Maroc. Mais, «nous nous sommes dits qu'il y a peut-être eu des blacks qui sont passés avant nous et ont fait n'importe quoi…», confient les deux hommes.
Toutefois, Patrick -qui a également passé une dizaine d'années au royaume- estime que cela ne justifie rien. «Moi j'ai fait plusieurs villes au Maroc où j'ai vécu des situations similaires. Mais ici à Tanger, il y a une sorte de dégoût vis-à-vis des Noirs. Les policiers sont très sympathiques et serviables, mais la population manifeste vraiment de la répugnance», explique-t-il, ajoutant qu'obtenir une simple information relève de l'épreuve.
Le Gabonais pense que cela pourrait être en partie dû aux incidents de Boukhalef, où des Subsahariens squattaient des appartements jusqu'à ce que les autorités décident de restituer ces biens à leurs propriétaires. «Mais tous les Noirs ne sont pas les mêmes», lance Patrick. Mamadou lui, ne veut pas trop en parler et doute que le patron du café soit à l'origine de la règle raciste. «C'est seulement l'agent de sécurité qui nous a parlés. Je ne suis pas sûr que l'interdiction aux Blacks vienne du patron», dit-il. Le propriétaire du café n'a pas pu être joint par nos soins.
Violation flagrante de la loi
Au Gadem (Groupe antiraciste d'accompagnement et de défense des étrangers et migrants), l'incident désole, mais ne surprend pas. «Tanger est assez particulier, mais malheureusement ce genre d'actes racistes peuvent être constatés un peu partout dans le pays», déclare d'entrée de jeu Stéphane Julinet, chargé de programme Droits des étrangers et plaidoyer. D'après lui, l'incident du café tangérois est «un exemple flagrant de discrimination sur la couleur». «C'est une violation flagrante de la loi, un délit», martèle-t-il, tenant pour preuve l'article 431bis du code pénal qui interdit la discrimination dans la distribution des biens et services.
En outre, dans la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale ratifiée par le Maroc le 18 décembre 1970, le royaume s'est engagé à garantir à tout citoyen sur son sol «sans distinction de race, de couleur ou d'origine nationale ou ethnique», le «droit d'accès à tous lieux et services destinés à l'usage du public, tels que moyens de transport, hôtels, restaurants, cafés, spectacles et parcs», comme le stipule le point f de l'article 5.
«Le problème au Maroc, c'est qu'on a l'impression qu'il n'y a pas de volonté politique de mettre fin à la discrimination raciale», regrette M. Julinet. Il rappelle les incidents d'il y a deux ans à Casablanca où certains propriétaires d'appartements interdisaient la location aux Noirs. France 24 en avait même fait un reportage.
Délit passible d'1 mois à 2 ans de prison
«Il n'y a rien eu venant des autorités, aucune communication officielle… Normalement, c'est au parquet de faire respecter la loi», fait valoir le responsable associatif. «L'agent de sécurité du café a fait la bêtise de dire le motif [de l'acte raciste, ndlr][devant témoin», poursuit-il, estimant que Patrick et Mamadou devraient porter plainte pour obtenir justice. Et au regard de l'article 431.2 du Code pénal marocain, le patron du café tangérois est passible d'une peine d'emprisonnement d'un mois à deux ans et d'une amende de 1 200 à 50 000 dirhams.
Cependant, les deux Subsahariens ne veulent pas en arriver jusque-là. «C'est vrai que nous faisons souvent face à des idées reçues par rapport aux Subsahariens, mais tous les Marocains ne sont pas comme ça. Il y en a qui sont vraiment ouverts d'esprit…», reconnaissent-ils. En revanche, Patrick éprouve un regret : «quand je vois comment Sa Majesté le roi se bat pour l'ouverture du Maroc sur les autres pays d'Afrique, si on interdit les cafés aux Subsahariens, les choses ne vont pas dans le bon sens».
*Les prénoms ont été changés pour préserver l'anonymat des concernés.


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