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Sketch de «Kahlouch» sur Al Aoula : Les associatifs entre le marteau et l'enclume
Publié dans Yabiladi le 05 - 02 - 2019

Au lendemain de la diffusion, sur la chaîne publique Al Aoula, d'un sketch considéré par certains marocains comme offensant et dégradant vis-à-vis de la population subsaharienne installée au Maroc, les associatifs se montrent hésitants et partagés. Si l'ASCOMS et le GADEM condamne, Marocains Pluriels appelle à «faire la part des choses» tandis que le CCAM ne considère pas que la «scène dégage un sentiment de mépris».
Alors que la polémique autour de la diffusion, samedi soir sur la chaîne Al Aoula, d'un sketch de l'artiste «Kahlouch», que certains qualifient de «discriminatoire» à l'encontre de la communauté subsahariennes au Maroc, les associations œuvrant pour les droits de migrants restent partagées. Certaines dénoncent, tandis que d'autres tempèrent et mettent en garde contre la décontextualisation d'une performance artistique.
«A une période où les autorités marocaines travaillent en étroite collaboration avec la société civile qui compose les associations des migrants pour une intégration réussie de la communauté migrante au sein de la société marocaine, ce genre de Sketch de cet humoriste n'a pas de place», nous déclare ce mardi Balde Amadou Sadio, coordinateur de la plateforme des associations et communautés subsahariennes au Maroc (ASCOMS). Pour lui, ce genre de sketch ne peut qu'être condamnable.
«Nous, migrants subsahariens au Maroc, condamnons ce sketch, qui met un regard négatif du peuple marocain sur notre communauté migrante.»
Plateforme des associations et communautés subsahariennes au Maroc
Le GADEM vigilant
De son côté, une source du Groupe antiraciste d'Accompagnement et de Défense des Etrangers et Migrants (GADEM), ayant requis l'anonymat, reconnait l'existence d'un débat au sein de cette association autour du sujet. «Pour le sketch, nous considérons qu'il a raté une occasion pour faire un peu de pédagogie alors qu'il faut faire réfléchir les gens sur ces pratiques», nous explique notre interlocuteur.
«Faire l'autodérision et parler de sa situation en tant que Marocains de couleur est une chose. Mais passer en dérision un peuple ami et digne et se faire passer pour un Ivoirien avec tous les stéréotypes, c'est inacceptable.»
Source au sein du GADEM
Ce membre du GADEM dit vouloir «que l'incident, en espérant que c'en soit un, sera une occasion pour déclencher un débat sur nos pratiques et nos relations avec les autres». Il évoque aussi un contexte spécial, rappelant la venue, au Maroc, de la Rapporteuse spéciale de l'ONU sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, Tendayi Achiume. «De plus, si cela passe sur une chaîne publique alors son rapport sera définitivement rendu en juin prochain, il ne faut pas s'étonner de voir cette polémique y figurer», fait-il remarquer.
Quant à la réaction «étonnante» du membre du jury, notre interlocuteur rappelle que «Latifa Ahrrare a été parmi les premières personnes ayant mené des campagnes contre le racisme et qui s'était impliquée dans la première campagne maghrébine contre le racisme». «Pour moi, je pense plutôt à un excès de zèle», conclut notre interlocuteur.
Marocains Pluriels : «Rester sur le juste milieu»
Deux réactions qui rejoignent de nombreux Marocains ayant choisi les réseaux sociaux pour exprimer leur rejet de ce genre de présentation artistique qui porterait atteinte à la communauté subsaharienne, au Maroc comme ailleurs.
Mais d'autres associatifs souhaitent adopter un juste milieu. Ahmed Ghayat, président de l'association Marocains Pluriels, s'est dit «partagé entre deux sentiments». «D'un côté, on ne peut pas rire de tout et surtout on ne peut pas rire si on blesse les autres», nous confie-t-il. Pour le président de Marocains Pluriels, «le sketch de Kahlouch peut blesser alors que le fond reste dérangeant puisqu'on ne peut que se poser la question de savoir pourquoi il se fait passer pour un subsaharien de couleur noire».
Sketch de «Kahlouch» : «Il y a urgence à faire comprendre que le mal que l'on fait aux autres finit par nous toucher»
Mais Ahmed Ghayat, qui dit ne pas avoir vu la vidéo mais avoir suivi la polémique sur les réseaux sociaux, pense que «l'humoriste n'est qu'un jeune qu'on ne doit pas accabler et briser». «Il faut faire la part des choses, faire preuve d'indulgence et lui expliquer qu'il y a certaines lignes rouges qu'on ne peut pas dépasser parce qu'on atteint l'autre dans sa dignité et on le blesse».
«Autant je peux condamner un comique comme un Dieudonné, autant j'ai envie de faire preuve d'indulgence pour ce jeune artiste et je pense qu'au fond de lui, l'intention n'était pas de créer la polémique ou blesser mais plutôt faire rire. Mais cela a été maladroit et cela peut faire mal.»
Association Marocains Pluriels
Quant à la réaction de Latifa Ahrrare, membre du jury de l'émission StandUp, que Yabiladi a tenté de joindre, en vain, le président de Marocains Pluriels, rappelle que l'actrice marocaine est «tout sauf une raciste». «Au contraire, c'est une militante du partage, du vivre ensemble et de la diversité et là aussi, il faut faire attention à ne pas s'enflammer», enchaîne notre interlocuteur.
«Il ne faut pas blesser l'autre et faire attention à tout ce qui peut être à connotation raciste, péjorative ou xénophobe mais surtout reconnaître que c'est choquant et mettre des limites qui sont la dignité et le respect de l'être humain, et en même temps ne pas en rajouter et rester dans le juste milieu», conclut-il.
Le CCAM n'y voit pas «une scène qui dégage un sentiment de mépris»
Face aux associatifs qui reconnaissent le caractère choquant du sketch et ceux qui se disent offensés, d'autres associatifs affirment au contraire ne pas être choqués de voir un humoriste se faire passer pour un Subsaharien lors d'une performance artistique. Hermann Kenfack, directeur de la communication et du patrimoine du Centre culturel africain du Maroc (CCAM) en fait partie. «Le sketch en lui-même a été diffusé dans un contexte particulier. C'est un spectacle et il faut donc mettre chaque œuvre d'art dans son contexte», nous confie-t-il.
Notre interlocuteur ajoute aussi que «l'artiste sur scène a la liberté de créer et bien qu'il soit rattaché à une certaine responsabilité, il a cette liberté de choisir l'art qu'il va réaliser et qu'il va présenter».
«Ce n'est pas un académicien, un sociologue ou un philosophe et même si on peut lui attribuer la fonction d'enseignant parce qu'il parle à un public et même si on lui revendique la nécessité de réfléchir comme un sociologue parce qu'il parle d'un sujet de la société, on ne peut pas oublier qu'il reste d'abord un artiste et en tant que tel, il est poussé à parler de certains facteurs.»
Centre culturel africain du Maroc
Pour Hermann Kenfack, «on peut ne pas être d'accord avec son nom d'artiste, à savoir Kahlouch». «Mais l'humour est un code de langage et on peut, avec l'humour, attaquer les problèmes de la société en faisant rire les gens». «Je ne pense pas que l'artiste a juste eu l'intention de faire rire son public mais plutôt qu'au-delà de cela il y a quelque chose de personnelle. Peut-être aussi que dans son personnage il rit des personnes qui lui ressemble pour être le mieux accepté par sa société ou alors il s'associe aux personnes qui lui ressemble pour interpeler et être accepté», poursuit notre interlocuteur. «Je ne pense pas que la scène dégage un sentiment de mépris envers les populations de couleur noire. Je n'ai pas senti cela», conclut-il.
Une question à laquelle la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) doit aussi répondre avant de trancher dans cette polémique, d'autant que la diffusion a été faite par une chaîne nationale et publique. Selon une source au sein du gendarme de l'audiovisuel, «la gravité du sujet laisse à penser que la HACA ira inéluctablement vers l'autosaisine, à moins que surgisse une plainte émanant d'un tiers». A suivre donc...


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