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Maroc : La drogue, une activité génératrice de revenus pour les femmes du Rif
Publié dans Yabiladi le 17 - 02 - 2012

Les locaux du Centre de Recherche sur l'Afrique et la Méditerranée (CERAM), rattaché à l'Ecole de Gouvernance et d'Economie de Rabat ont abrité mardi 14 février une conférence sur le thème de la sécurité dans la zone sahélienne. La principale intervenante Kenza Afsahi, chercheuse en économie et en criminologie comparée, s'est chargée de faire le point sur les «femmes et la drogue» mais aussi leur «rôle et invisibilité dans l'économie illégale» au Maroc. Ainsi, la culture du cannabis par exemple en zone rurale dans le Nord permet à de nombreuses femmes de subvenir à des besoins primaires.
En Turquie, les femmes étaient impliquées dans la culture quand le pays produisait du pavot à opium, pendant les années 1970. «Il s'agit d'une activité comme une autre. D'ailleurs, au Pérou ce sont surtout les femmes qui sont visibles dans la culture de la coca et non de la cocaine qui est la plante transformée», révèle Kenza Afsahi. Au Maroc, il est difficile d'évaluer le nombre de femmes cultivatrices de drogue. Elles ne mesurent pas pleinement la notion de «criminalité» en jeu. Car «c'est ce qu'on a bien voulu qu'elle fasse» : cultiver du cannabis.
Economiste de formation, Kenza Afsahi a souligné au cours de son intervention qu'elle a élargi son travail à la sociologie et à l'anthropologie. Auteur d'une thèse intitulée «les producteurs de cannabis dans le Rif-Maroc : étude d'une activité économique à risque», la jeune femme avait préalablement mené des enquêtes de terrain sur les usages à risque de la consommation de drogue ainsi que le processus de vente en France et en Belgique.
Une véritable économie informelle …
Au Maroc, la moitié de la population est rurale et les terrains agricoles souvent parcellisés. Les femmes sont peu rémunérées dans ce secteur et elles interviennent dans plusieurs aspects de l'activité agricole. La production, la commercialisation ou encore la consommation de drogue constitue véritablement une économie informelle puisque le cannabis rapporte 12 à 16 fois plus que l'orge quand il est irrigué.
Les chiffres officiels font état d'une baisse de la culture du cannabis néanmoins elle est encore pratiquée par certaines entreprises agricoles familiales. Il y a en outre une floraison de villages qui ont introduit la culture du cannabis. «Un homme va propager dans son village l'intérêt particulier de cultiver du cannabis et apprendre ensuite aux femmes les techniques». Ainsi, «il est difficile de parler d'économie d'échelle dans le Rif. Les économies d'échelle sont liés à la parcellisation des terres, ainsi il ne peut pas y en avoir puisque les terres sont éloignées les unes des autres...ou les surfaces trop petites», explique la chercheuse marocaine.
En outre, dans les zones historiques de culture, consommer du kif, en fumer fait partie de la tradition, ajoute-t-elle.
… dans laquelle les femmes sont sous-représentées
Kenza Afsahi n'a pas manqué de noter une «sous-représentation des femmes» dans le secteur agricole. Les femmes ne participent pas toujours à toutes les étapes de la culture du cannabis notamment. Généralement, elles sont autorisées à participer au désherbage et à la récolte mais pas à l'irrigation par exemple.
Parmi les enquêteurs d'une recherche socio-économique commandée en 2003 par l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, Kenza Afsahi était la seule femme. «Je suis allée ainsi facilement à la rencontre de ces femmes du Nord. Et il n'est pas très évident de criminaliser cette culture du cannabis auquel ces femmes s'adonnent au Maroc ». «Ce n'est pas parce que l'on en cultive qu'on est un criminel», s'insurge Kenza Afsahi.
Quant à la commercialisation, elle reste exclusivement masculine. Dans les zones nouvelles de division du travail, la présence des femmes est néanmoins prégnante dans toutes les étapes.
Peu rentable mais satisfaisant
Ces «actrices invisibles … qui ne réalisent pas qu'elles peuvent être incarcérées» ne sont pas toujours rémunérées. Elles bénéficient néanmoins d'une plus vaste liberté de mouvement et d'un pouvoir de décision qui ne leur était pas toujours accordé. «La culture du cannabis a amélioré leur niveau de vie certes, mais leur statut n'a pas considérablement évolué».
La majeure partie d'entre elles ont pu, grâce à la culture du cannabis, s'acheter des biens de consommation. «Elles ne cherchent pas à s'enrichir», explique Kenza Afsahi et cette culture illégale a amélioré l'accès aux soins dans certains villages. «Le cannabis a changé quelque chose dans certains villages on l'on se nourrit mieux».
La culture du cannabis a baissé ces dernières années suite aux pressions gouvernementales. Les femmes rencontrées, sources du développement de leurs contrées se sont tournées vers d'autres types de cultures alternatives à présent. Elles se donnent à tout prix les moyens d'alphabétiser leurs enfants, entre autres.


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