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Jeux Olympiques de Londres 2012 : Déroute du sport marocain, à qui la faute ?
Publié dans Albayane le 15 - 08 - 2012

Après la prestation peu flatteuse de sportifs marocains au cours des Jeux Olympiques de Londres, c'est l'heure du bilan pour le sport national. Et le bilan est cruel car, pour la première fois de l'histoire, le Maroc a frôlé de peu le zéro pointé. Seule la médaille de bronze d'Abdelaati Iguider a sauvé l'honneur. Le sport marocain est dans l'irrésolution. Il a montré ses limites à Londres où il vient de signer l'une de ses plus sombres participations aux Jeux olympiques en terminant au tableau final avec une médaille orpheline, en bronze.
Pourtant, l'édition 2012 était présentée comme étant celle de la résurrection et de l'embellissement de l'image du sport national, à en croire les glorifications nées de la qualification record de plus de 70 athlètes, engagés dans douze disciplines, un exploit inédit là aussi, mais surtout eu égard aux moyens financiers mobilisés à cet effet.
Les morceaux du puzzle commençaient à s'imbriquer après la mise en place d'un programme de suivi et de préparation des sportifs de haut niveau, visant à soutenir la performance et permettre à ces athlètes de briller dans le ciel de la capitale britannique, ne serait-ce que par une présence honorable.
En effet, l'Etat n'a pas lésiné sur les moyens pour offrir à ses représentants les conditions idoines et mettre de leur côté toutes les chances de briller lors de ces 30èmes olympiades, les 13èmes auxquelles le Royaume est présent.
Le succès initial du programme de préparation des sportifs de haut niveau a aussi nourri cette thèse qui a procuré un sentiment de joie éphémère, tellement le bide retentissant encaissé à Londres laisse perplexe.
Le mal s'est manifesté avant même le coup d'envoi des jeux avec la suspension de l'athlète Meryem Alaoui Selsouli pour dopage, puis la situation s'est empirée avec l'annonce d'une autre disqualification, concernant un autre athlète, Amine Laalou, pour le même motif. Le sport national s'est retrouvé du coup affaibli par la mise en quarantaine de deux de ses meilleurs éléments, sur lesquels reposaient de grandes chances de podium. Alors qu'ils étaient très attendus, ils ont au contraire, par leur tricherie, terni l'image du sport marocain lors de ce rendez-vous planétaire.
« Nous avons tous été consternés par les cas de dopage qui ont concerné les athlètes Selsouli, Laalou et Goumri. Cette affaire a ébranlé la délégation nationale », a indiqué le vice-président du Comité national olympique marocain (CNOM), Kamal Lahlou, chef de la délégation marocaine aux JO-2012.
Dans ce cadre, il a souligné que le président de la Fédération royale marocaine d'athlétisme, Abdeslam Ahizoune, a promis de mener une enquête minutieuse une fois les jeux terminés, afin de « réprimer les fauteurs et chasser cette malédiction qui s'abat sur l'athlétisme marocain ».
Sur le terrain, les sportifs nationaux se sont éclipsés dès les premiers tours, quittant la compétition sans avoir eu même la sensation d'y avoir pris part. Des mois et des mois, voire des années d'entraînements, de stages et de concentrations se sont ainsi résumés en de très courtes minutes.
Sans vouloir jeter l'opprobre sur le sport national, ses acteurs n'ont pas eu la poigne nécessaire, comme si la faucheuse est passée devant leur base. « Nous avons un grand potentiel dans certaines disciplines mais nos représentants n'ont pas eu cette rage de vaincre qui pourrait les catapulter au sommet », a regretté M. Lahlou, estimant que la préparation mentale y est pour beaucoup.
« Le mental joue un rôle primordial. Les dernières études menées en ce sens montrent que 30 pc de la performance revient à la préparation mentale », a-t-il soutenu. Pourquoi ce volet n'a-t-il pas bénéficié de l'importance requise dans le programme du sport de haut niveau ?
« Ce programme est à sa première expérience et ne pouvait de ce fait aboutir à des performances extraordinaires dans ses toutes premières années. Il faut lui laisser le temps pour atteindre sa maturité », répond M. Kamal Lahlou, qui n'est autre que le président de la commission du sport de haut niveau. C'est une responsabilité partagée, a-t-il souligné, mettant l'accent sur la nécessité d'apporter des réglages au niveau de la gouvernance au sein des fédérations, dans le cadre de la nouvelle loi sur le sport de haut niveau. Certaines fédérations, sur lesquelles reposent les chances du Maroc pour le podium eu égard à leur potentiel, dont la boxe, le judo et le taekwondo, ont l'obligation d'honorer leur contrat, dès lors qu'elles sont dotées de tous les moyens financiers nécessaires qui leur permettent de signer de bons résultats, dont le recours à des entraîneurs des plus enviés au monde, a-t-il insisté.
Le passage du Maroc dans cette grand-messe sportive internationale a été sauvé par une médaille unique, en bronze, œuvre d'Abdelaati Iguider, dans le 1.500m.
L'enfant prodige d'Errachidia, 25 ans, a tenté le doublé lors de la finale du 5.000m, mais il a été trahi par son finish, pour franchir la ligne d'arrivée à la sixième position.
Par cette «performance», l'athlétisme national, même s'il a perdu de son aura d'antan, confirme son statut de locomotive du sport national, aux JO en particulier où il se taille la part de lion de la moisson marocaine en médailles.
Le concours du 1.500 m était une chasse gardée des athlètes marocains grâce au légendaire Said Aouita et son digne successeur Hicham El Guerrouj, qui détient toujours le record du monde du 1.500 m (3min 26 sec 00) et auteur d'un exploit historique en 2004 à Athènes après son doublé en or 1.500/5.000m, que seul le Finlandais Pavoo Nurmi, surnommé «l'athlète volant'', avait réalisé avant lui en 1924 à Paris. Iguider a décroché la 19è médaille de l'athlétisme marocain depuis sa toute première participation aux olympiades en 1960, la 22e toutes disciplines confondues.
Sur ses treize participations aux JO, c'est à Sydney en 2000 que le Royaume avait atteint le meilleur classement de son histoire (36è), une performance rendue possible grâce en grande partie à l'athlétisme.
L'édition de la métropole australienne a en effet été la plus prolifique avec cinq médailles, dont une en argent remportée par El Guerrouj sur sa distance de prédilection (1.500m) et le bronze d'Ali Ezzine (3.000m steeple), Brahim Lahlafi (5.000m), Nezha Bidouane (400m haies) et Tahar Tamsamani en boxe.
S'agissant du noble art, les sept pugilistes marocains qui étaient en lice, dont une femme pour la première fois, nourrissaient de grands espoirs de défendre le lourd héritage de leur discipline, laquelle demeure le deuxième sport à avoir offert au Maroc des médailles. Mais ils n'ont pas tenu leur promesse, échouant à faire mieux que le bronze de leurs aînés, les frères Abdelhak et Mohamed Achik, médaillés respectivement à Séoul 1988 et à Barcelone 1992, et Taher Tamsamani à Sydney-2000.
En football, les Lionceaux de l'Atlas n'ont pas été mieux lotis, quittant le tournoi olympique dès le premier tour suite à une défaite (1-0) devant le Japon et deux matches nuls contre le Honduras (2-2) et l'Espagne (0-0). Hormis l'édition de Munich-1982, ils n'ont jamais réussi à franchir ce cap en sept participations.
Idem pour le taekwondo qui n'a pas dérogé à la règle des déceptions. Porteurs d'un brin d'espoir pour le podium en raison de leur niveau mondial reconnu, les trois engagés ont failli à leur mission, péchant à chaque fois, comme pour tous les autres sportifs nationaux, par manque d'expérience, erreurs personnelles ou indiscipline tactique.
Comptant pour les autres disciplines, à l'instar du tir, du canoë kayak, de l'escrime, du judo, de la lutte ou du cyclisme, entre autres, la participation marocaine n'était que pour la configuration et leurs représentants ne devaient en toute logique pas faire sensation à cause de leur poids largement inférieur.
Les jeux de Londres sont terminés et l'édition de Rio de Janeiro se profile déjà à l'horizon. Il faut savoir rebondir et se mettre au travail dès à présent, a souligné M. Lahlou, formulant le vœu que la nouvelle loi sur le sport puisse apporter les remèdes nécessaires.
« Les fédérations ne peuvent plus être vouées à elles-mêmes. Il faut un contrôle plus efficace, un accompagnement plus soutenu du ministère de la Jeunesse et des Sports et une plus grande implication de la Commission du sport de haut niveau », a-t-il conclu.


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