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Nettoyage à sec dans les pressings
Publié dans Albayane le 04 - 11 - 2012


Alerte au perchloroéthylène
Depuis sa création, le Centre antipoison et de pharmacovigilance du Maroc (CAPM) s'est fixé comme objectifs l'améliorer de la santé de la population marocaine par la diminution de la morbidité et de la mortalité liées aux intoxications et aux effets indésirables des médicaments et des produits de santé. Parmi ses nombreuses missions il y a la sécurité du patient, la vigilance et les alertes sanitaires.
Conscient de son rôle et des responsabilités qui sont les siennes, le Centre antipoison du Maroc (CAPM) vient d'émettre une alerte sur l'utilisation du perchloroéthylène. C'est en tout cas ce que rapporte la revue Toxicologie Maroc (N° 14 - 3e trimestre 2011).
Le Centre antipoison du Maroc (CAPM) vient d'émettre une alerte sur l'utilisation du perchloroéthylène, Ce solvant liquide, volatil et incolore, utilisé pour le nettoyage à sec, est dangereux. L'exposition à ce produit peut provoquer des irritations cutanées et des muqueuses, une irritation des tractus respiratoire avec risque d'œdème pulmonaire. La manipulation de ce produit peut être aussi responsable d'atteintes hépatique, rénale et cardiaque. Plus grave encore, ce solvant est classé comme cancérigène probable. Une enquête effectuée par le CAPM a révélé que les magasins de nettoyage (pressings) au Maroc ont recours à ce produit.
La situation est davantage alarmante en l'absence d'une législation des installations des pressings dans le pays.
Le CAPM interpelle les autorités pour évaluer le danger potentiel du perchloroéthylène sur la santé. Le CAPM demande d'interdire l'utilisation de ce produit dans les pressings. Il s'agit ni plus ni moins que de procéder au retrait de ce produit hautement dangereux pour la santé des individus qui sont en contact direct et quotidien avec ce solvant, une procédure qui est très recommandée, comme il serait souhaitable de procéder au contrôle du marché marocain en ce qui concerne le perchloroéthylène.
Par ailleurs il faut obligatoirement informer les travailleurs qui sont en contact direct avec ce solvant afin qu'ils soient au courant des risques majeurs auxquels ils sont exposés et des répercussions de son utilisation sur leur santé.
Qu'est-ce que le perchloroéthylène ?
Il s'agit d'un solvant fabriqué pour la première fois en 1821 et utilisé dans les industries automobile et métallurgique pour dégraisser des pièces métalliques. De nos jours, le perchloroéthylène est très utilisé par les pressings pour le nettoyage à sec des tissus. Il se présente sous la forme d'un solvant volatil et incolore appartenant à la famille des hydrocarbures halogénés. En cas d'utilisations inappropriées, l'exposition au perchloroéthylène peut s'avérer dangereuse. Il est déjà interdit aux Etats-Unis et au Danemark. Son interdiction devrait bientôt être prononcée en France.
Le perchlo est classé cancérogène probable pour l'homme par le CIRC (Centre international de recherche sur le cancer) et classé comme «nuisible pour la santé» et «dangereux pour l'environnement» par l'Union européenne. Il figure aujourd'hui dans la catégorie 3 des produits cancérigènes. L'inhalation en est la principale voie d'exposition. Les employés des pressings, chargés du nettoyage et de l'entretien des machines sont les premiers exposés aux dangers du perchlo. Vertiges, maux de tête, convulsions, désorientations, problèmes respiratoires, le perchlo peut aussi causer des troubles rénaux, hépatiques mais également neurologiques et des signes digestifs (nausées, vomissements, diarrhées).
Les employés des pressings ne sont pas les seuls exposés car les vapeurs et résidus de perchlo se dégagent dans l'air, affectant toutes les personnes habitant à proximité.
Dans ces conditions rien ne justifie de continuer à intoxiquer travailleurs, riverains et plus largement la population en émettant dans l'air une substance dont la toxicité est avérée
Les enquêtes épidémiologiques en milieu professionnel confirment ces résultats. Même chez les riverains des pressings, pour lesquels il est difficile par principe de mener de tels travaux, cette toxicité a été prouvée. Ainsi, en janvier 2009, trois enfants vivant au-dessus d'un pressing en banlieue parisienne ont été hospitalisés pour de graves troubles respiratoires, en plus de dizaines de cas de personnes (employés, riverains) exposées au solvant et souffrant de maladies respiratoires, cardiaques ou encore de cancers, pour les plus graves.
En mars 2008 à Nice, un pressing s'installe sous le domicile de Josée-Anne Bernard, 70 ans. Son existence devient alors un enfer : nausées, maux de tête, vertiges, troubles respiratoires, hépatiques et rénaux, énumère l'association. La cause apparaît évidente : «Son appartement, situé au 1er étage, était constamment envahi de vapeurs de perchloroéthylène.» Après son décès, fin 2009, l'autopsie révèle la présence de ce solvant dans presque tous ses organes.
Sa dangerosité est-elle prouvée ?
Il est certes difficile de répondre a une telle question dans notre contexte puisqu'aucune étude digne de ce nom n'a été réalisée au Maroc, tout au plus on se base ici sur l'article paru dans la revue Toxicologie Maroc. Mais à côté, on se réfère bien entendu aux résultats du Centre international de recherche contre le cancer (CIRC).
Le perchloréthylène est classé par le CIRC, organisme rattaché à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) depuis 1995, dans le groupe 2, c'est-à-dire qu'il est considéré comme probablement cancérigène pour l'homme. Les recherches entreprises par ce centre ont établi des liens de causes à effets entre le développement de cancers de l'œsophage, tumeur cervicale ou lymphome, et l'exposition prolongée à une telle substance chimique. C'est en l'occurrence ce que rapporte sur le sujet Yann Grosse, toxicologue au CIRC.
En juin 2010, le Haut conseil de la santé publique préconisait de faire cesser ou limiter l'exposition à ce produit en supprimant ou réduisant les transferts de tetrachloroethylène ou en en éradiquant la source. Par ailleurs l'agence de protection de l'environnement américaine a démontré à partir de deux études menées dans le milieu du travail que le solvant est toxique pour le système nerveux, les reins, le foie, le système immunitaire et le sang, ainsi que pour la reproduction et le développement.
Concernant le PERC et ses effets sur la santé, les études scientifiques se contredisent et les résultats manquent de concordance. Cependant, certaines études mettent bien en évidence le caractère toxique du PERC. C'est le cas d'une étude américaine publié en 2009 (Association between residential proximity to PERC dry cleaning).
Celle ci a montré qu'il existe un lien entre le fait de vivre à proximité d'un commerce de nettoyage à sec utilisant du PERC et l'apparition du cancer du rein. De 1994 à 2004, les chercheurs ont recensé le nombre d'hospitalisations du cancer du rein à New York ainsi que les adresses des patients. Ils ont alors observé une association significative entre la densité des établissements de nettoyage à sec et le nombre d'hospitalisations du cancer du rein chez les personnes de plus de 45 ans. Selon cette étude, vivre à proximité d'établissements de nettoyage à sec augmenterait de 10 à 27% le risque de développer le cancer du rein.
Au moment ou ce solvant est interdit au Etats-Unis, au Danemark, et bientôt en France et dans d'autres pays européens, on est en droit de poser la question suivant aux décideurs pour savoir si au Maroc le perchloréthylène va toujours être utilisé au niveau des pressings au moment ou la dangerosité de ce solvant est scientifiquement prouvée
Nous espérons de tout cœur que chez nous aussi les pressings qui utilisent ce poison puissent prendre conscience du danger réel que représente ce produit pour ceux qui sont en contact direct avec ce produit hautement toxique. La dangerosité de ce solvant remet en cause son utilisation. Comme aux Etats-Unis, au Danemark et en France, les pressings au Maroc n'auront comme solution que de se tourner vers des pratiques naturelles, plus respectueuses de l'environnement.
Il faut espérer que notre appel trouvera des échos favorables.


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