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Allocution du professeur Youri Popov (URSS) au Symposium international tenu en novembre 1982 à Casablanca
A la mémoire de Aziz Belal

Il est difficile de parler d'un homme qui hier encore était parmi nous, alors qu'aujourd'hui il n'est plus et qu'il ne sera jamais plus. On a le cœur plus gros encore lorsqu'il s'agit d'un grand ami, d'un compagnon d'idées comme était pour moi le professeur Abdel Aziz Belal. Quand quelqu'un s'en va il reste après lui les résultats de ses travaux : les arbres fruitiers qu'aplantés le paysan, des ponts et des immeubles qu'a construits l'ingénieur, les monuments et les grands édifices qu'a bâtis l'architecte.
C'est très différent lorsqu'un savant s'en va. Il ne laisse que des idées et très peu de choses qui peuvent être qualifiées de «matérielles». Son œuvre scientifique se compose le plus souvent d'un certain nombre d'ouvrages. C'est incommensurablement peu, dirait-on, par rapport aux nuits blanches, aux années sacrifiées à la science! Mais on ne peut porter un jugement sur l'héritage intellectuel d'un savant véritable comme le professeur Aziz Belal uniquement en se fondant sur la quantité d'ouvrages qu'il a écrits. J'ai souvent entendu prononcer par des hommes d'âges et de convictions politiques différentes ce mot lourd de sens : oustaz. Ils disaient avec fierté du professeur Belal : « C'est mon oustaz ». En effet, Aziz Belal a créé son école, il avait beaucoup de disciples et d'adeptes. C'est un grand honneur pour tout savant d'avoir son école et des disciples. Et notre regretté Belal a eu ce rare honneur. Depuis longtemps célèbre comme économiste, Belal gagnait la sympathie et l'estime des esprits les plus différents par son érudition, sa force de conviction, la fermeté de ses principes et son honnêteté intellectuelle. Sa célébrité avait vite dépassé le cadre des Universités de Casablanca et de Rabat pour devenir internationale. Il était écouté avec la plus grande attention et un intérêt soutenu aux congrès et aux colloques internationaux à Mexico comme à Moscou, à Paris comme à Bruxelles. Ses livres sont lus dans de nombreux pays sur tous les continents. Aziz Belal et ses ouvrages sont bien connus en Union Soviétique. Grand ami de mon pays, il rêve d'écrire un livre sur la vie des musulmans soviétiques. Peu avant sa fin tragique il a fait parvenir à Moscou le manuscrit de son ouvrage La formation du sous-développement : passé, présent, future qui paraîtra en plusieurs langes aux Editions du Progrès. J'ai l'honneur d'être coauteur de cet ouvrage. Les jours et les nuits que j'ai passés avec le professeur Belal pour la mise au point de cet ouvrage et au cours de discussions à son sujet restent pour moi inoubliables. Les idées profondes exprimées dans cet ouvrage, le dernier d'Aziz Belal, à notre grand regret, constituent en quelque sorte son testament scientifique. Il est impossible, dans cette brève allocution de montrer, de dégager toute la richesse et la diversité de la pensée économique de Belal. C'est pourquoi nous ne pouvons nous arrêter qu'assez schématiquement sur les aspects et les orientations essentiels, déterminants à notre avis, de l'héritage scientifique que nous a légué le regretté Belal. On ne peut comprendre Belal comme savant, saisir l'essentiel dans ses conceptions théoriques que si l'on tient compte de la caractéristique principale et des particularités de notre époque. L'effondrement du système colonial de l'impérialisme est l'une de ces particularités. La renaissance d'une pensée sociale nationale dans les pays en développement n'est devenue possible que sur les ruines des anciens empires coloniaux. Les conceptions d'Aziz Belal ont joué dans cette renaissance un rôle exceptionnel. Pour faire revivre la pensée nationale et créer ensuite des conditions favorables à son développement ultérieur, il fallait commencer par réhabiliter, reconstituer tout ce qui avait été mis en oubli (à dessein et à tort) dans les sombres années du colonialisme : le riche héritage des grands penseurs nationaux du passé. Le professeur Belal a puissamment contribué à la réalisation de cette tâche, par exemple dans son ouvrage sur la pensée économique d'Ibn Khaldoun ».1 Ce qui caractérise les conceptions d'Aziz Belal c'est une lutte intransigeante contre toutes les manifestations d' « européo-centrisme » dans les théories de nombreux chercheurs occidentaux qui nient le rôle de régions, de continents entiers dans les progrès de la culture intellectuelle et matérielle mondiale, et présentent finalement le développement capitaliste de l'Europe et de l'Amérique du Nord comme le seul modèle possible d'évolution sociale. Il y a quinze ans, Belal constatait avec amertume qu'aucun manuel occidental d'histoire de la pensée économique ne comportait ne serait-ce qu'un petit chapitre consacré à la pensée économique du grand savant arabe Ibn Khaldoun (XIV°siècle), pensée qui, à notre avis, était à maints égards beaucoup plus progressiste et scientifique que les conceptions des mercantilistes et des physiocrates européens d'une période plus avancée (XVIe-XVIIIesiècles). Or, à notre connaissance, un tel chapitre manque toujours dans les manuels d'histoire de la pensée économique à l'usage des futurs économistes qui font leurs études dans les pays d'Europe occidentale. Les lignes suivantes de Belal restent donc d'actualité : « Un certain « européo-centrisme » dans le domaine de la culture et de la pensée historique et sociale n'a pas encore malheureusement disparu, bien qu'il commence à être quelque peu entamé ». Je n'ai pas oublié la joie sincère de mon cher et regretté ami lorsqu'il a vu, dans un manuel soviétique, un chapitre consacré à Ibn Khaldoun. Je voudrais attirer votre attention sur l'ouvrage qui a pour titre Renaissance du Monde Arabe2, dont le professeur Belal fut l'un des auteurs et des rédacteurs, et qui revêt une importance toute particulière à la lumière de la tragédie libano-palestinienne à laquelle nous assistons aujourd'hui. Il est significatif que cet ouvrage volumineux s'ouvre par l'article de Belal : « Quelques aspects fondamentaux de l'approche socio-économique des problèmes de la renaissance et de l'unité du monde arabe ». Belal souligne d'abord trois points dans son étude : l'héritage du passé, les tentatives d'édification nationale, les voies de l'évolution future. Dans tous ses ouvrages il fait une place aux problèmes du développement socio-économique à trois niveaux historiques (passé, présent et avenir). En effet, sans une analyse approfondie de ce qui fut naguère il est impossible de comprendre correctement le présent. Dans son ouvrage Développement et facteurs non économiques3, et en particulier dans le deuxième chapitre intitulé «Problématique des sociétés précoloniales» Belal fournit une analyse plus circonstanciée de ce problème. Une des tâches majeures que se fixait Belal était l'analyse des principales causes de la situation dramatique dans laquelle se trouvent actuellement les pays en développement en général, et les pays arabes, en particulier. Sa conclusion est sans ambiguïté : le système impérialiste dans le passé et le néo-colonialisme aujourd'hui, voilà ce qui bloque l'évolution socio-économique des pays en développement et explique la reproduction du sous-développement. Il reste que les ouvrages d'Aziz Belal ne sont pas uniquement une condamnation émotionnelle et politique de l'impérialisme. Dans son étude fondamentale L'investissement au Maroc (1912-1964) 4qui a connu trois éditions, dans Investissement et développement économique5, Quelques aspects nouveaux de la domination impérialiste6 et d'autres ouvrages, Belal se livre à l'examen des différents aspects de l'impérialisme et du néo-colonialisme, aspects qu'il explique non seulement par la politique de l'impérialisme, mais aussi par l'existence de tout un système de rapports (économiques, politiques, juridiques, culturels et autres) fondés sur l'exploitation. Ce qu'il met en cause, ce ne sont pas seulement une « mauvaise » politique ou de « mauvais » hommes politiques. On peut changer de politique, mais il est beaucoup plus difficile d'en finir avec l'ensemble des rapports de dépendance et d'inégalité engendrés par la division néo-colonialiste internationale du travail. A la différence des auteurs bourgeois Belal considère le problème du « Sous-développement » comme une catégorie non pas éternelle mais historique, liée au processus de la formation de l'économie capitaliste mondiale. Le sous-développement est loin d'être éternel puisque l'expérience historique dans le monde entier a confirmé qu'il était parfaitement possible d'y mettre un terme en un laps de temps relativement court, mais à une condition : procéder à une restructuration révolutionnaire des rapports sociaux. C'est la voie que suivent depuis quelques décennies de nombreux pays, « qui, ayant rompu avec le système capitaliste mondial, se sont engagés dans une voie socialiste et ont pu de ce fait créer les conditions politiques, socio-économiques et idéologico-culturelles de l'élimination du « sous-développement 7». Il est impossible même d'énumérer les problèmes les plus importants soulevés par Aziz Belal dans ses ouvrages. Mais il en est encore un sur lequel il nous faut nous arrêter : le rôle que joue le capital étranger dans l'économie des pays en développement. La discussion porte ici, en fin de compte, sur le rapport existant entre les facteurs intérieurs et les facteurs extérieurs dans le développement de l'économie nationale. Dès le début des années 60, alors que les publications économiques occidentales considéraient pour la plupart comme facteur décisif le financement étranger, Belal a théoriquement démontré que la mobilisation des ressources intérieures pouvait être la force motrice essentielle de l'économie nationale. Idée que l'on retrouve dans les documents adoptés par les pays récemment libérés où est exposée de façon détaillée une stratégie du développement pour les années 80! Dans le manuscrit de La formation du sous-développement Belal a très bien su montrer l'influence néfaste du capital étranger, et surtout des multinationales, sur l'économie nationale des pays en développement. Et quelle sinistre, quelle horrible coïncidence : le savant qui avait dénoncé, avec tant de force, la cupidité insatiable de ces monopoles a connu une mort tragique pris en quelque sorte dans le « piège » de la multinationale « Hilton » ! Tragédie qui, peut-on dire, a été en fin de compte provoquée par la cupidité d'une multinationale. Grand humaniste, adversaire convaincu de toutes les formes d'oppression tant nationale que sociale, le regretté Aziz Belal suivait les meilleures
traditions de la science révolutionnaire : il ne se bornait par à expliquer le monde, il luttait pour le transformer. Ayant une foi profonde dans les forces créatrices de son peuple qu'il aimait tant, Aziz Belal s'élevait résolument contre le pessimisme dont faisaient preuve les théories occidentales à l'égard des pays en développement. Cela concerne en premier lieu les théories du « cercle vicieux » ou des « étapes de la croissance économique » de W.Rostow. Non! Au lieu d'attendre, les bras croisés durant des décennies la fameuse étape de la « maturité » économique, il faut lutter, dès aujourd'hui, pour l'indépendance économique, le progrès social dans l'intérêt du peuple et en s'appuyant sur lui ; voilà à quoi appelait Aziz Belal de son vivant et à quoi appellent aujourd'hui ses ouvrages. Cette homme dont nous regrettons touts la perte aujourd'hui a été avant tout un vrai fils de son peuple, un patriote ardent, profondément pénétré des valeurs nationales et des traditions de la civilisation arabo-islamique. Mais nous voyons parfois un amour illimité de la patrie pousser peu à peu certains à opposer leur peuple à tous les autres, c'est-à-dire les conduire à une conception étroitement nationaliste ou chauvine : « Nous seuls sommes bons et tous les autres sont mauvais », « Nos valeurs nationales du passé sont si exceptionnelles que l'avenir de notre société sera lui aussi exceptionnels ». Aziz Belal rejetait résolument ce nationalisme borné. Le national et l'international s'harmonisaient étonnamment en lui. Il a été à la fois un patriote sincère et un véritable internationaliste. Dans ses derniers travaux il a souvent traité du rapport entre le général et le spécifique dans le développement des pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine. Développement et facteurs non économiques est très significatif à cet égard. Aziz Belal s'y élève résolument contre la théorie d'une « troisième voie » pour les pays d'Afrique, contre une conception qui rejette aussi bien le capitalisme que le socialisme scientifique. Il dénonce les tenants du « socialisme africain » et montre l'inconsistance de leur théorie qui substitue à la lutte des classes à l'intérieur des sociétés africaines un prétendu conflit entre un « Nord riche » et un « Sud pauvre ». Il insiste à ce propos sur le caractère universel du socialisme indépendamment des continents. « Le sous-développement, écrit-il, l'exploitation et l'appauvrissement des pays dits sous-développés sont le fait du système capitaliste mondial. Quant au système socialiste mondial, de par sa nature même... il est un allié sûr pour les peuples en lutte contre la domination impérialiste, pour leur émancipation économique et sociale8 ». D'autre part, notre Belal, dans les pays capitalistes industrialisés se déroule une âpre lutte des classes entre le capital monopoliste et la classe ouvrière, lutte dont l'issue ne saurait laisser indifférents les peuples en développement, parce qu'elle est dirigée contre un adversaire commun et qu'il existe une base objective pour une alliance anti-impérialiste et antimonopoliste entre les peuples des pays en développement et la classe ouvrière des pays capitalistes industrialisés. Aziz Belal démontre l'absence de perspectives historiques du « modèle » capitaliste pour les pays en développement. S'appuyant sur la riche expérience de la dernière période, il conclut que dans les pays sous-développés il est impossible de reproduire sur une grande échelle le « modèle » de capitalisme développé dont le monde occidental offre l'exemple. Non que le développement des rapports capitalistes dans ces pays touche à sa fin ; mais dans le meilleur des cas ce processus conduit à la formation d'un nombre restreint d'« îlots de prospérité » dans un « océan de misère ». A la fin de son livre Aziz Belal expose cette conclusion essentielle qui est le résultat logique de son étude : un développement économique véritable, dans les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, ne peut être réalisé sans que soient résolus d'autres problèmes fondamentaux interdépendants : la libération nationale, la révolution sociale, la civilisation. L'interdépendance de ces problèmes est, en effet, évidente. Une libération réelle, et non seulement nominale, suppose un type nouveau de rapports sociaux, qui à son tour, n'est réalisable que grâce à une révolution sociale. De nouveaux rapports sociaux, sans exploitation ni dépendance, donnent libre cours au développement économique, à l'épanouissement de la culture nationale et de toute la civilisation. Cet esprit universel que fut le professeur Belal n'a pu mener tous ses projets à bonne fin. Aussi un grand devoir envers sa mémoire incombe à ses amis, et en particulier à ses disciples. Ce n'est sans doute pas par hasard que Belal a terminé son ouvrage sur la pensée économique d'Ibn Khaldoun par ces paroles du génial penseur arabe : peut-être viendra-t-il après nous quelqu'un que Dieu aura doté d'une puissante faculté de réflexion et de connaissances solides. Celui-là cherchera à approfondir des questions plus nombreuses que celles dons nous avons traitées ici. «Qui se met à tirer au clair des problèmes obscurs, dans une science donnée n'a pas à faire des efforts démesurés pour examiner toutes les questions qui se posent. Il doit seulement délimiter clairement l'objet de cette science, exposer la façon dont elle se divise et montrer ce dont elle traite. Ses successeurs lui rattacheront ensuite et peu à peu d'autres questions, jusqu'à ce qu'elle soit achevée». Aujourd'hui qu'Aziz Belal n'est plus ces mots s'adressent directement à tous ceux qui le connaissaient bien, le respectaient et l'aimaient. Achever ce qu'Aziz Belal n'a pas eu le temps d'accomplir sera la meilleure façon de rendre hommage à notre ami et maître, savant et lutteur. A la fin de son livre Aziz Belal expose cette conclusion essentielle qui est le résultat logique de son étude : un développement économique véritable, dans les pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, ne peut être réalisé sans que soient résolus d'autres problèmes fondamentaux interdépendants : la libération nationale, la révolution sociale, la civilisation. L'interdépendance de ces problèmes est, en effet, évidente. Une libération réelle, et non seulement nominale, suppose un type nouveau de rapports sociaux, qui à son tour, n'est réalisable que grâce à une révolution sociale. De nouveaux rapports sociaux, sans exploitation ni dépendance, donnent libre cours au développement économique, à l'épanouissement de la culture nationale et de toute la civilisation. Aujourd'hui qu'Aziz Belal n'est plus ces mots s'adressent directement à tous ceux qui le connaissaient bien, le respectaient et l'aimaient. Achever ce qu'Aziz Belal n'a pas eu le temps d'accomplir sera la meilleure façon de rendre hommage à notre ami et maître, savant et lutteur.
1 Bulletin Economique et Social du Maroc. Janvier-mars 1968.
2 Renaissance du Monde Arabe. Colloque interarabe de Louvain, Du culot, 1972
3 Abdel Aziz BELAL : Développement et facteurs non économique, SMER, Rabat, 1980.
4 Abdel Aziz Belal : L'investissement au Maroc (1912-1964) et ses enseignements en matière de développement économique, Paris, Monton, 1968.
5 Investissement et développement économique, BESM, N° 109 (numéro spécial sur le développement).
6 Quelques aspects nouveaux de la domination impérialiste (recueil des actes du collègue d'Alger sur l'impérialisme), SNED, Alger, 1970.
7 Abdel Aziz BELAL : Développement et facteurs non économiques.
8 Abdel Aziz BELAL : Développement et facteurs non-économiques.


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