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La rentrée scolaire, à quel prix !
Grand El Jadida
Publié dans Albayane le 08 - 09 - 2013

Grand El Jadida
La rentrée scolaire 2013-2014 pour les cycles primaire et secondaire (collégial et qualifiant) ainsi que les classes préparatoires au brevet de technicien supérieur est pour très bientôt. Elle aura lieu, respectivement comme annoncé par le ministère de tutelle, les 11, 12 et 16 septembre. Celle des cadres pédagogiques et administratifs correspondra au 2 septembre alors que les enseignants réintégreront leurs établissements scolaires le 3 du même mois.
Cet événement, synonyme de stress alors qu'il devrait être un moment d'enthousiasme à cause du coût important des dépenses de scolarité, a coïncidé, cette année, avec les vacances d'été, et surtout avec le mois sacré de Ramadan et la célébration de l'Aïd El Fitr. Au moment où l'Aïd El Adha, lui aussi, pointe à l'horizon à pas de géants. Ces événements requièrent tous des dépenses spéciales et une gestion rationnelle du budget.
Or, gérer le budget familial n'est pas, déjà, chose aisée en temps normal. Que dire alors quand les familles doivent faire face à des dépenses supplémentaires suscitées par les cycles de la vie ? Le calendrier de cette année n'a été point pitoyable et peu respectueux des bourses et du potentiel financier des familles. Il s'agit alors d'un énorme défi pour les portefeuilles au revenu moyen, très bas ou inexistant. Le problème est critique quand on considère chaque événement à part ainsi que les exigences locales que chaque famille doit satisfaire. Qu'il s'agisse du Ramadan ou de la rentrée scolaire. Au mois de Ramadan, il est nécessaire de fournir de la nourriture, des fournitures et des vêtements à sa fin en guise de préparation pour la célébration de l'Aïd El Fitr. En outre, il est nécessaire de doubler le budget pour satisfaire les exigences de sophistication et de diversité des repas. Ce qui ajoute deux fois autant de pression et conduit les familles parfois à emprunter de l'argent auprès des banques, des usurpiers ou autres. Au Ramadan, les marocains sont connus pour leur attachement envers ce mois sacré ainsi que pour leur préparation massive de diverses pâtisseries et plats spéciaux en appliquant un régime alimentaire infernal et hors de prix. Pendant ce mois, la table marocaine, comme on ne le sait que trop, est riche, variée et coûteuse. Les dépenses du mois saint sont sacrées et orientées presque uniquement vers les biens de consommation alimentaire. De très nombreuses familles vont même jusqu'à s'endetter afin de pouvoir exceller dans les dépenses supplémentaires. Ils ne perçoivent pas le mois sacré du Ramadan en tant qu'une véritable école de spiritualité et de dévouement. Mais ils le convertissent, aussi, en un mois où les dépenses familiales se multiplient. Ce dont résulte une dépense d'énormes sommes d'argent a se répercutant négativement sur les autres mois qui suivent.
La rentrée scolaire représente, à son tour pour les parents, cet autre événement presque aussi sacré que le mois de Ramadan. Les dépenses faramineuses, qu'elle engendre, sont incontournables. Car il s'agit bien de leurs progénitures et de leur droit irrévocable à l'éducation et à la formation. Elle a son coût. Et non des moindres ! Elle s'ajoute aux dépenses excessives des parents déjà très éprouvées par les vacances estivales et le Ramadan. Reflet parmi tant d'autres des inégalités criardes que connaît notre pays, le coût de la rentrée est, pour ainsi dire, très éprouvant. Pour une famille, ayant plus de deux enfants scolarisés, c'est la souffrance totale. Toutefois, pour les plus démunis, des initiatives louables permettent d'atténuer ces charges. L'initiative royale «Un million de cartables» ainsi que la contribution de plusieurs associations et les œuvres sociales de quelques institutions et établissements publics et privés atténuent des soucis des familles dans le besoin absolu.
A El Jadida, comme un peu partout au Maroc, on célèbre la «fête de l'école». Une occasion qui donne le coup de départ à la distribution de cartables au profit d'élèves issus de familles nécessiteuses. Mais tous, malheureusement, n'en bénéficient pas. Pour l'écrasante majorité de la population, dont les revenus ne permettent pas d'investir des sommes aussi élevées dans les fournitures scolaires, elle trouve son bonheur au souk occasionnel du lotissement Pasteur, au marché Bir Brahim ou à Al Hamra où elle achète, également, des fripes bon marché aux bambins. Plusieurs parents d'élèves se ruent, donc, en grand nombre sur ces marchés pour s'approvisionner en livres de seconde main et en fournitures scolaires made in China. Ce rush sur les manuels d'occasion et la fourniture scolaire, non signée, trouve son explication dans le faible pouvoir d'achat d'un certain nombre de famille et l'obligation de se procurer tous les livres du programme. Les «transactions commerciales» entre élèves convertis en fournisseurs et vendeurs rodés à ce type de «négoce» se font à un rythme accéléré. Des élèves liquident les manuels et les œuvres littéraires, dont ils se sont servis l'année précédente, pour acquérir, à leur tour, ce dont ils ont besoin pour la suite de leur scolarité. On se précipite vers ces lieux de fortune pour les bas prix des livres affichés et aussi marchandables. L'affluence n'est pas encore importante. La liste des fournitures n'est disponible qu'à la rentrée pour les établissements publics qui ne se sont pas encore alignés, encore, au secteur privé pour établir les listes des fournitures scolaires à la veille des vacances d'été. Ce procédé allégera les bourses ménagères puisque les parents pourront se les procurer petit à petit et sans précipitations. Cela éviterait, également, des queues insoutenables. De même, le libraire disposera, enfin, d'un temps large pour faire ses commandes en quantités suffisantes auprès des maisons d'édition afin d'éviter toute punerie en pleine rentrée et une longue attente pour s'en approvisionner. Les souffrances des ménages est, on ne peut dire, grande et sans issue. Pour y faire face, les familles se trouvent, donc, contraintes de contracter des crédits. Une technique universelle pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Or, ces crédits à la consommation accordés sans modération freinent, sérieusement, la capacité de consommer. Car l'essentiel du salaire d'un client, trop endetté, servira à payer les intérêts si bien qu'on devient incapable de payer son loyer et de s'acquitter de ses factures d'eau et d'électricité ainsi que de régler l'épicier, le boucher et le marchand de légumes. L'endettement, une solution temporaire, est donc une forme d'esclavage et une cause de stagnation dans le long terme.
D'autre part, des étudiants et des élèves, conscients de ce qu'endurent leurs parents, travaillent, pendant, l'été pour préparer leur rentrée scolaire. Issus essentiellement de familles aux ressources limitées ou inexistantes, ils troquent leurs vacances pour des petits boulots saisonniers. C'est ainsi qu'on les voit vendre des cigarettes en détail, des pois chiches, des journaux, des boîtes de kleenex dans les grandes artères, des sucreries, des bonbons ou des glaces pour les enfants dans les plages. D'autres, plus coriaces, ramassent les algues marines. Une activité très rentable. Ainsi, chacun de ces enfants, malchanceux dans leur vie, travaille, durement et sans relâche, pour aider sa famille et pour s'acheter les fournitures scolaires.
En conclusion, la rentrée scolaire, comme celle de l'année, sera éprouvante pour les budgets démunis. Sa synchronisation avec le mois de Ramadan met une double pression sur les parents, qui sont déjà touchés par la crise économique sévissante. Les pouvoirs publics se doivent de trouver une solution de compromis pour aider ces familles à couvrir les énormes dépenses du Ramadan sans, pour autant, négliger la préparation pour la rentrée scolaire avec toutes ses exigences et dépenses. Une mesure qui s'avère urgente et irrévocable aujourd'hui plus que jamais.


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