Il est indéniable que les choix politiques et stratégiques tracés par le Roi en matière de régionalisation sont irréversibles, en quête d' un Maroc nouveau, démocratique, solidaire, développé et immunisé, au service de tous les citoyens dans les différents coins du Royaume, surtout les plus reculés (montagnes, collines, zones arides). L'objectif étant le désenclavement pour un bien être mérité dans un pays où la diversité rime avec synergie, partage et richesse. Un tel choix ne doit pas s'enliser dans des spéculations politiques, mais s'afficher comme une variante à des politiques sectorielles n'ayant pas véritablement servi les populations marocaines. Et c'est d'ailleurs l'un des piliers de la Nouvelle Constitution qui stipule pour la première fois les droits économiques et sociaux des citoyens. Il faut souligner que les grands chantiers réalisés, ou en cours de réalisation , exigent de nouvelles approches de la part du gouvernement, des partis politiques des syndicats et de la société civile pour consolider et finaliser le profil d'un Etat souverain ayant les caractéristiques suivantes : - une quiétude sécuritaire recouvrant vies humaines, biens, services et libertés publiques; - un développement administratif en pleine mutation conforme aux normes des pays développés ; - un essor social et économique de qualité (santé, agriculture, industrialisation, enseignement) susceptible de répondre aux attentes du peuple marocain, dans le cadre du respect d'un Etat de Droit qui assure à tout un chacun droits et obligations. Cet idéal ne peut voir le jour que si l'on veille à une répartition équitable des richesses nationales et à une ventilation de l'investissement national et étranger sur toutes les régions du Royaume. Concrètement, la décentralisation et la déconcentration doivent revêtir un caractère vital, opératoire au quotidien, fiable, décliné en un modèle perfectible, à didactiser et à opérationnaliser visant en perspective, progressivement, la prise en charge par les citoyens de leurs propres affaires au quotidien, selon un plan à définir à court, moyen et long termes, guidés par un comité directeur national, jouant le rôle de régulateur, partant d'indices révélateurs, prélevés par des instances habilitées, chaque fois que nécessaire. Une telle dynamique nécessite mobilisation de toutes les composantes de la société en l'occurrence : Enarques, architectes, académiciens, enseignants, chercheurs dans différents domaines, agences spécialisées dans les secteurs de développement, Banques,… Pour embrayer sur la dimension pratique, qu'il me soit permis de suggérer les quelques axes jugés incontournables : 1. la création d'un comité de pilotage régional dépendant d'un groupe référentiel central 2. La formation de proximité: C'est un fleuron de grande importance à mettre en œuvre pour un projet de régionalisation porteur et prometteur. Un plan de formation savamment conçu par des spécialistes multidisciplinaires doit être mis en œuvre selon une architecture modulaire et un référentiel de compétences les plus prisées dans le domaine de la communication , de la gestion ,de la bonne gouvernance, de l' ingénierie de développent et de l'intelligence économique. Nous estimons que deux modes de formation sont à promouvoir, en résidentiel et à distance, via une plateforme devant être hautement performante techniquement et scientifiquement. 3. la redynamisation des CRI, des ANAPEC et de toutes les instances qui opèrent dans des secteurs socio économiques ; 4. l'attachement des régions à des holdings spécialisés pour leur servir d'incubateur et de catalyseur ; 5. la création d'un pôle audio visuel spécialisé dans les contingences économiques nationales avec possibilités d'émission de programmes à dimension régionale ; 7. La redéfinition des rôles des universités pour les rendre en mesure de répondre aux attentes du monde de la formation et de l'emploi par la création de filières professionnelles dans des secteurs générateurs de richesse et d'emploi. Un véritable débat doit être enclenché au sujet de cette problématique qui n'a fait que trop durer. Disons le en toute franchise : la chose pédagogique n'est pas seulement l'apanage des Ministres, mais une affaire nationale qui nécessite échanges, partage et consensus.. Arrêtons de nous vautrer dans des cursus sans aucune valeur ajoutée ni pour les diplômés ni pour l'Etat. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une stratégie d'action qui nécessite mobilisation de tous, chacun selon son degré de responsabilité et de son savoir et pouvoir- faire, dans le cadre de synergies à former et à encadrer. L'esprit qu'on doit promouvoir pour chapeauter une telle entreprise nationale et citoyenne est une politique partisane qui fait de l'action politique non l'affaire d'un parti mais l'œuvre de tous les Marocains dont le souci majeur est de servir la Nation loin de tout ésotérisme politicard ou autre. * Enseignant formateur CFI.Taza