Le décès de l'acteur et metteur en scène français Laurent Terzieff, vendredi soir à l'hôpital de la Salpêtrière, est une grande perte pour la France qui voit s'éteindre «une voix unique», a indiqué samedi le Palais de l'Elysée. Disparu à l'âge de 75 ans suite à des complications pulmonaires, Laurent Terzieff, un «comédien et homme d'exception, a incarné la vie des hommes «dans les rires et les larmes» pendant un demi-siècle, sur les planches comme à l'écran», a affirmé le Président français Nicolas Sarkozy, dont les propos ont été publié dans un communiqué de l'Elysée. «Son respect des auteurs, des textes, de la langue française qu'il avait épousée avec passion, sa recherche constante de la vérité des êtres et des choses, lui a fait tracer une route singulière, exigeante, et l'a tenu toujours éloigné des postures et des impostures», a souligné l'Elysée. Et de rappeler que «le «Molière» décerné cette année a été d'autant plus remarqué qu'il était tardif et qu'il venait consacrer deux rôles emblématiques de son engagement total au service de l'art, lui pour qui «la vie c'est le théâtre», lui qui semblait y puiser toute sa force autant qu'il lui en donnait en retour». Le Premier ministre français, François Fillon, a, de son côté déploré la disparition d'«un grand seigneur de la scène française», indique un communiqué de Matignon. «Au théâtre comme au cinéma il a incarné l'excellence et le talent du jeu, la profondeur de l'interprétation et un immense respect de son public», a relevé Matignon. «C'était un intellectuel, un homme qui aimait et défendait la liberté, un fils d'artistes, lui-même passionné de poésie et de philosophie», a souligné M. Fillon. Né le 27 juin 1935 à Toulouse (Haute-Garonne), d'une mère céramiste et d'un père sculpteur d'origine russe, Laurent Terzieff, de son vrai nom Laurent Tchemerzine, s'était consacré au théâtre et a appris le métier «sur le tas» comme machiniste, souffleur, figurant, doublure, avant de débuter en 1952 sur les planches. Au cinéma, il avait tourné sous la direction de l'Espagnol Luis Bunuel «La voie lactée» en 1969, d'Henri-Georges Clouzot «La prisonnière», 1968 ou de l'Italien Pasolini «Médée» en 1969.