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De la lumière et des couleurs pour le plaisir des yeux
Publié dans Albayane le 19 - 01 - 2020

Les cimaises de l'Espace Rivages de la Fondation Hassan II pour les Marocains Résidant à l'Etranger accueillent jusqu'au 15 février 2020, les œuvres de l'artiste peintre maroco-allemand Mohammed Ouammi.
Placée sous le thème «Harmony», cette exposition donnera à voir, pour la première fois au Maroc, les travaux de cet artiste dont les toiles restent méconnues pour le grand nombre des férus de la peinture et des arts plastiques marocains.
Or, c'est en Allemagne, où le peintre enseigne l'art à l'Académie libre des arts plastiques à Essen, que l'étoile de Ouammi a brillé dans le ciel de l'art. Influencé par les grands maîtres de la peinture allemande, l'artiste explore de nouveaux champs de recherches picturales. «J'ai été très marqué par les artistes allemands, par leurs méthodes modernes et par leur liberté, et notamment par l'artiste Gerhard Richter qui était le directeur de l'Académie de Düsseldorf. J'ai appris avec lui qu'aucune toile ne ressemble à une autre et que chaque toile doit être nouvelle ou unique. J'ai invité aussi beaucoup d'artistes allemands au Maroc et nous avons partagé des expériences humaines.», a souligné le peintre.
Chaque artiste a son rituel dans la préparation de la toile, le choix de la matière et des couleurs. «Deux éléments sont importants dans la composition de ma toile : ce que j'ai étudié et ce que j'ai laissé au hasard. Je compose la toile en organisant les couleurs mais la composition est plus importante que le choix des couleurs. L'essentiel est que je sois satisfait de la toile, peu importe son esthétique. Je laisse aussi au public la liberté de recevoir l'œuvre, comme il le souhaite, je n'essaie pas de lui plaire ou de le manipuler. La beauté de la toile n'est pas primordiale pour moi», a-t-il fait savoir.
En outre, la lumière, le bois, le plastique et la couleur constituent les éléments fondamentaux de ses recherches et travaux. Dans cette optique, l'art, pour le peintre, est une quête permanente, une recherche scientifique renouvelée et condamnée à l'évolution.
Pour lui, l'art est une étude, une science et une recherche et non un travail d'artisan. «Je ne me concentre pas sur une technique précise, j'utilise le plastique, le bois et ce, suivant une recherche. Des fois on me demande si une toile est biologique et si elle peut être accrochée dans tel ou tel endroit, pour vous dire que l'art plastique est devenu une science. Chaque année une nouvelle technique voit le jour. J'utilise le bois souvent car je me considère spécialiste en cette matière», a-t-il fait savoir.
A vrai dire, la peinture est un champ de recherche et d'expérimentation très vaste. En effet, c'est en découvrant des palettes occidentales et européennes que Mohammed Ouammi avait développé sa démarche et touche artistiques. «J'ai vécu une période courte à cette école. C'est en Europe que j'ai découvert de nouvelles expériences, où j'ai été influencé par de grands artistes», a-t-il dit.
Toutefois, le Maroc et l'imaginaire marocain sont présents dans ses travaux puisés dans la nature et les lumières.
«Mes toiles mettent en exergue la nature du Maroc. La lumière de mes toiles est celle du Maroc, en Allemagne, nous n'avons pas cette lumière. Il s'agit en effet d'une composante importante dans mon travail, comme le sont la profondeur, les premiers plans et les dimensions», poursuit-il. Dans une seule toile, les couleurs entre autres le bleu, le rouge ou encore le jaune cohabitent avec les formes et les matières. On y voit pourtant une omniprésence du bleu, la couleur préférée de l'artiste.
«Le bleu a une grande influence sur la vie des gens et sur la mienne, c'est la couleur du calme, de la sérénité, de la relaxation. Je peins souvent pour me relaxer d'où sa prédominance dans mes tableaux. Je fais mes propres mélanges de couleurs, je n'utilise jamais des produits chimiques. Sur un tableau en verre, je prépare différents degrés de bleu, de rouge ou de jaune et je fais par la suite mon choix», a-t-il expliqué.
Mohamed Nait Youssef


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