Au 37e jour de la guerre au Moyen-Orient, entrée dans sa sixième semaine depuis l'attaque américano-israélienne contre l'Iran lancée le 28 février, les tensions continuent de s'intensifier sur plusieurs fronts, avec une multiplication d'attaques et d'initiatives diplomatiques. Dans le Golfe, plusieurs installations pétrolières du Koweït ont été visées par des attaques de drones attribuées à l'Iran, provoquant d'importants dégâts matériels et des incendies, sans faire de victimes, selon la compagnie nationale du pétrole. Cette escalade intervient alors qu'Oman a annoncé avoir mené des discussions avec Téhéran au sujet de la réouverture du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour l'approvisionnement mondial en pétrole. Des responsables des Affaires étrangères des deux pays ont évoqué différentes options, à la veille de l'expiration de l'ultimatum de 48 heures lancé par Donald Trump. Sur le plan militaire, les frappes se poursuivent en Iran. Cinq membres des Gardiens de la Révolution ont été tués dans le nord-ouest du pays lors de bombardements américano-israéliens. Par ailleurs, dans le sud-ouest, cinq autres personnes ont péri lors d'une opération américaine visant à retrouver un pilote dont l'avion s'était écrasé. Ce dernier a finalement été secouru et annoncé « sain et sauf » par le président américain, qui a salué une opération « parmi les plus audacieuses » de l'histoire militaire des États-Unis. Téhéran affirme de son côté que cette mission, menée près d'Ispahan, aurait entraîné la destruction de plusieurs appareils militaires américains. Dans le même temps, l'Iran a procédé à l'exécution de deux hommes accusés d'avoir collaboré avec Israël et les États-Unis, dans un contexte de forte tension interne et de répression accrue. Au Liban, une frappe israélienne sur la localité de Kfar Hatta, dans le sud, a fait sept morts, dont six membres d'une même famille. D'autres bombardements ont visé une zone résidentielle du sud de Beyrouth. Face à cette situation dramatique, le président libanais Joseph Aoun a appelé à l'ouverture de négociations directes avec Israël afin d'éviter un scénario similaire à celui de Gaza, évoquant les lourdes pertes humaines et les destructions massives déjà subies dans l'enclave palestinienne. Parallèlement, le Hezbollah a annoncé avoir tiré un missile de croisière en direction d'un navire de guerre israélien au large du Liban, affirmant que ce dernier se préparait à attaquer le territoire libanais. Israël a confirmé avoir mené des frappes depuis des unités navales en réponse. Dans les pays du Golfe, les Émirats arabes unis ont annoncé avoir été la cible d'attaques combinant missiles et drones. Des débris interceptés ont provoqué des incendies dans une installation pétrochimique à Abou Dhabi, notamment sur le site de Borouge, sans faire de blessés. Par ailleurs, Bahreïn a également été touché par une attaque de drone ayant déclenché un incendie dans un réservoir de la compagnie pétrolière publique Bapco Energies, rapidement maîtrisé. Le pape Léon XIV a lancé un appel solennel à la paix lors de sa bénédiction pascale, exhortant les dirigeants à renoncer à la guerre et dénonçant l'indifférence face aux milliers de victimes. Il a appelé « ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres » à « choisir la paix » et dénoncé « l'indifférence » face aux milliers de morts, lors de sa traditionnelle bénédiction du jour de Pâques. Enfin, sur le front politique, Donald Trump a durci le ton en renouvelant son ultimatum à l'Iran, des menaces qualifiées de « stupides » par l'Iran. Il a donné 48 heures supplémentaires à Téhéran pour conclure un accord ou rouvrir le détroit d'Ormuz, menaçant de « déchaîner les enfers » en cas de refus.