Des acteurs du secteur touristique et des experts estiment que l'année 2026 pourrait constituer une "phase de transition forte" pour le tourisme au Maroc, au vu des performances positives enregistrées au premier trimestre. Selon un communiqué du ministère du Tourisme, de l'Artisanat et de l'Économie sociale et solidaire, relayé par la ministre Fatima Zahra Ammor sur son compte Facebook, le Maroc a accueilli environ 4,3 millions de touristes durant le premier trimestre 2026, soit une hausse de 7 % par rapport à la même période de l'année précédente. La même source précise que cette performance confirme la dynamique positive que connaît le secteur, soutenue par l'amélioration de la connectivité aérienne, la diversification des marchés émetteurs et le renforcement de l'offre touristique, avec une performance notable enregistrée au mois de mars. L'expert touristique Zoubir Bouhoute indique que le secteur a connu une forte croissance en début d'année, avec des hausses dépassant 20 % en janvier et février. Il explique que cette reprise s'inscrivait dans une dynamique positive, dans la continuité de la croissance observée précédemment, ce qui nourrissait un optimisme important pour le secteur. Cependant, à partir du mois de mars, la croissance cumulée a ralenti pour s'établir à +7 %, ce qui traduit un recul marqué de la performance mensuelle par rapport à l'année précédente. Mathématiquement, maintenir un taux global de 7 % après un démarrage à 20 % implique une contre-performance en mars. Selon le même expert, ce ralentissement s'explique par des facteurs conjoncturels internationaux, notamment les répercussions de la guerre actuelle, qui ont affecté le trafic aérien et les coûts de voyage. Bien que le Maroc reste une destination stable et sûre, les effets externes influencent la demande touristique via les fluctuations du marché mondial et les coûts du transport. Il souligne également que la hausse des prix des carburants, notamment le kérosène, a entraîné une augmentation des tarifs aériens. À cela s'ajoute l'inflation, qui réduit le pouvoir d'achat des touristes. Ces facteurs combinés pourraient ne pas empêcher les visiteurs de venir, mais devraient réduire la durée des séjours et les dépenses touristiques. Zoubir Bouhoute conclut que les perspectives restent positives, mais avec une croissance modérée estimée entre 5 % et 6 %, ajoutant qu'une progression cumulée autour de 10 % dans les prochains mois serait déjà une performance satisfaisante dans le contexte actuel. De son côté, Soufiane Bechar, président de l'Association régionale de l'industrie hôtelière de Drâa-Tafilalet et membre de la Fédération nationale de l'industrie hôtelière, souligne que la région connaît une véritable dynamique touristique, visible à travers la hausse de la demande et des indicateurs. Il explique que la coopération entre les autorités régionales et les professionnels a permis de traiter le problème du secteur informel. De nombreux opérateurs ont intégré le système déclaratif, permettant d'obtenir une image plus fidèle de l'activité touristique. Selon lui, la région compte désormais environ 9 000 lits, dont 7 000 dans les campings touristiques et 2 000 auparavant non classés. L'intégration de ces capacités dans les statistiques officielles a permis de mieux refléter l'activité réelle, désormais comparable à celle de grandes destinations nationales comme Marrakech et Agadir.