Le roi adresse ses condoléances aux membres de la famille d'Yves Coppens    Coronavirus au Maroc: 3.235 contaminations ce samedi, plus de 100 cas graves    USA: Biden signe une loi historique pour restreindre l'accès aux armes à feu    Maroc : Les e-visas au grand bonheur des professionnels du tourisme    Manuel Albares : La position de l'Espagne sur le Sahara "très claire" et "souveraine"    Maroc. Smeia dévoile en avant-première la nouvelle Série 7 et le X7    African Lion : l'hôpital militaire de campagne prend soin des habitants de Taliouine    Assaut à Melilla/Nador: Pedro Sanchez accuse les "mafias" de trafic d'êtres humains    Mali: l'armée annonce avoir «neutralisé» plus de soixante djihadistes    FRMF: plusieurs joueurs du WAC et du Raja lourdement sanctionnés    Tirage des éliminatoires / CAN de Beach Soccer 2022 : Le Maroc affronte la Côte d'Ivoire    Equipe nationale : Coach Vahid, de plus en plus, sur un siège éjectable!    Hakim Ziyech aurait choisi sa prochaine destination    L'ONCF déploie son plan Eté 2022    Mohamed Mehdi Bensaid testé positif au covid-19    Saad Lamjarred enflamme un mariage en Egypte (VIDEO)    Yassine Esqalli : né d'une simple curiosité, le voyage de 50 mille km parcouru à...vélo    Appel à la mobilisation pour accompagner le retour des MRE    L'international marocain Zakaria Aboukhlal signe à Toulouse    La junte algérienne vit mal la participation tunisienne à l'exercice «African Lion 2022»    ONMT. Le «Light Tour» fait sensation à Sao Paulo    Mme Akharbach : Les doubles standars contribuent à « antagoniser les opinions publiques »    Latifa Akherbach : «Les doubles standards antagonisent les opinions publiques et renforcent l'incompréhension entre les sociétés»    Températures prévues pour le dimanche 26 juin 2022    Maroc-Algérie : Omar Hilale saisit le Conseil de sécurité et le SG de l'ONU    Fusillade à Oslo: la police enquête sur un « acte terroriste »    Le jeune pianiste marocain Marouan Benabdallah anime avec brio un concert à Rome    Sécurité alimentaire mondiale : lettre ouverte des Ambassadeurs et Chefs de mission près le Royaume du Maroc    Insolite : un Marocain de 68 ans fait Amsterdam-Dakar à vélo !    Maroc : des instigateurs d'un vaste réseau d'immigration clandestine arrêtés    L'aéroport Mohammed V de Casablanca dans le Top-5 des aéroports «les plus améliorés» au monde    Fouzi Lekjaa réélu à la tête de la FRMF pour un troisième mandat    CA de l'Agence Maroc PME: Hausse importante des réalisations 2021    USA: Biden fustige la décision de la Cour suprême sur le droit à l'avortement    Paris : Ouverture du 17e Salon de l'immobilier marocain «SMAP Immo»    Irlande : L'histoire du Maroc présentée dans la cathédrale Christ Church de Dublin    Lutte anti-terroriste: La coopération entre le Maroc et les Nations Unies "forte et fructueuse"    La météo pour ce samedi 25 juin 2022    Assaut de clandestins subsahariens sur Mellilia: le bilan s'alourdit    Classement 2022 des World Airport Awards : L'aéroport Med V de Casablanca au Top 5    Les jeunes astronomes à l'honneur lors de la 10e édition du festival d'astronomie d'Ifrane    C'est parti pour la première édition de l'évènement « Anfa Park en fête » (VIDEO)    Seul le courage paiera [Par Jamal Berraoui]    Soirée à Dublin sous le signe de la culture et de l'histoire du Maroc    Ouverture à Rabat du Bureau de formation de l'ONU contre le terrorisme    Hilale saisit le Conseil de sécurité et le SG de l'ONU sur les silences, les mensonges et les obstructions de l'Algérie    Nuit des musées et des espaces culturels : C'est parti pour la première édition !    Le Maroc propose d'installer une usine d'engrais au Guatemala    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



La Qalandariyya, un mode de vie prônant l'ascèse mais une extrême liberté
Publié dans Albayane le 11 - 04 - 2022


Les confréries entre ordre religieux et mysticisme
« Mystiques musulmans » dont la confrérie a été fondée à Damas par Djamāl Muḥammad B. Yūnus Al-Sāfidjī en 1219, les qalandariyya s'adonnent à l'ascétisme et recommandent à leurs adeptes une parfaite continence. Les novices font le vœu de chasteté et le maître leur passe une chaînette de fer dans les parties sexuelles. (Louis Massignon pense qu'il n'y avait pas de pratique de mutilation, mais perforation du canal de la verge, ou tathqīb al-iḥlīl ; la chaînette était le « verrou », ou qufl, de la chasteté.)
Les qalandariyya sont mis en scène dans un conte des Mille et Une Nuits, et le voyageur Ibn Baṭṭūṭa, au XIVe siècle, rapporte une histoire dans le même style sur l'origine de cette confrérie : le fondateur, ayant été attiré dans un piège par une vieille femme qui agissait en faveur d'une coquette et servait ses intérêts, ne trouve d'autre moyen d'échapper à ces manigances que de se raser la tête et de se présenter dans un état parfaitement déplaisant. Cette anecdote, assez humoristique, montre bien ce qui frappait dans les coutumes des qalandariyya, et laisse deviner une critique amusée qui nous rappelle que de telles pratiques étaient peu appréciées en Islam.
Il faut dire que la particularité des Qalandarī — ou Qalandar — est un mode de vie prônant l'ascèse mais surtout une extrême liberté. Apparu au xie siècle, des Qalandar se sont succédé particulièrement dans les pays du grand khorassan ainsi que du sous continent indien.
Apparu en reprenant les concepts des malamatī et en reprenant des concepts de l'hindouisme, les Qalandar ont toujours formé une communauté éparse et très peu organisée.
En effet, le courant est connu pour être une forme d'antinomie du soufisme en contestant les formes de hiérarchie dans l'islam. L'origine du mot Qalandar est inconnu mais le courant est apparu en Asie mineure au cours du xie siècle avec pour premier représentant notable Baba Taher dont le surnom « le nu » montre la caractéristique majeure du mode de vie Qalandarī. « Je suis ce paria qu'on appelle qalandar, rien ne m'appartient, et je n'ai ni toit ni foyer ; le jour, je vagabonde de par le monde, et la nuit, j'ai une brique pour oreiller », dixit Baba Taher.
Au XIIE siècle, la vallée du Sind connaît un des principaux émissaires du soufisme et des Qalandar. Il s'agit de La'l Shahbaz Qalandar, né en Afghanistan, ce dernier traverse toute sa vie les pays de l'Asie mineure à la recherche de Dieu à travers des excès et des provocations fréquentes. Il est aujourd'hui vénéré par plusieurs croyants et de religions dans son sanctuaire de Sehwan.
Une confrérie très critiquée
Dans la même période, Jamâl al-Din Sâvi relaie le Qalandariyya en Egypte et en Syrie. Au xive siècle les Qalandar sont vus comme d'authentiques ascètes par le poète Hafez. L'extension des empires successifs (tel que les safavides, moghols ou ottomans) et les vagues d'expansion et de conquête (comme les mongols dans la vallée de le l'Indus) permettent une large diffusion des Qalandar dans le monde. Ces interactions entrainent ces derniers à créer des alliances avec d'autres courants comme le prouve le Chishtiyya- Qalandariyya.
Au xviie et xviiie siècles, le mouvement Qalandar vit une expansion majeure avec notamment trois personnages qui marqueront et affirmeront le Qalandariyyah dans l'époque moderne. Il s'agit de Mashrab (1640-1711), Zalīlī (1676-1753) et Nidā'ī (1688-1760).
Très peu de recherches sont faites sur ce courant, de même, les écrits qui nous parviennent aujourd'hui sur leurs pratiques sont issus des adversaires des qalandar, ce qui explique la faiblesse de la littérature concernant les personnages majeurs. Le spécialiste de l'Iran Fritz Meier invoque le terme de pir en ce qui concerne Bâbâ Tâher, ce qui signifie que les qalandar peuvent avoir une relation d'élèves et maîtres, ce qui est faux en l'occurrence.
Le Qalandariyya est critiqué par les branches de l'islam en raison du comportement des qalandarī qui ne respectent pas la charia et consomment de l'alcool et de l'opium. De même, les qalandar sont vus comme des entités antéislamisques voire organisées par des religions tierces pour désorganiser l'Islam. Les qalandar sont fréquemment assimilés aux malamati mais contrairement à ces derniers, ils ne se cachent pas parmi la population et cherchent à se faire voir.
Le qalandar rejette toute relation avec le pouvoir politique et religieux, il ne répond à aucun maître spirituel et aucun cheikh.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.