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Tahar Ben Jelloun : «Soutenir toutes les formes d'arts»
Publié dans Albayane le 05 - 01 - 2011

L'écrivain et poète marocain, Tahar Ben Jelloun a appelé les secteurs public et privé à accorder davantage d'intérêts aux jeunes écrivains et à soutenir la musique, le théâtre et toutes les autres formes d'arts. Dans un entretien publié lundi par le quotidien «Al Hayat» à l'occasion de l'attribution par «Bayt Achiîr» du prix international de poésie «Argana 2010» à M. Tahar Ben Jelloun pour ses recueils «Homme sous linceul de silence» et «Foetus», le poète et romancier marocain a donné l'exemple de la France qui consacre des prix de soutien et d'encouragement aux jeunes écrivains.
M. Tahar Ben Jelloun s'est dit en outre très fier et honoré de recevoir pour la première fois un prix aussi important au Maroc après avoir été récompensé maintes fois à l'étranger. «C'est la première fois que je reçois un prix de cette importance au Maroc, chez moi. Je suis très fier et honoré par cette belle distinction donnée à des poètes et dans un esprit de reconnaissance de plusieurs décennies de travail», a affirmé Tahar Ben Jelloun, membre de l'Académie Goncourt en France.
Unique écrivain arabe à avoir remporté le Prix Goncourt pour son roman «La nuit sacrée», Tahar Ben Jelloun est l'auteur marocain d'expression française le plus célèbre au monde et dont l'œuvre a été traduite en plusieurs langues.
Ses essais, «L'Enfant de Sable» (Seuil 1985) et «la Nuit Sacrée» sont traduits en quarante-trois langues.
Un parcours impressionnant
Né à Fès en 1944, Tahar Benjelloun a écrit son premier roman «Harrouda» en 1973. Il est l'auteur de plusieurs autres essais et romans dont «la Plus haute des solitudes», «la Réclusion solitaire», «la Prière de l'absent» (1981), «Jour de silence à Tanger» (1990), «les Yeux baissés» (1991) et «la Nuit de l'erreur» (1997).
Après avoir fréquenté une école primaire bilingue arabo-francophone, il étudie au lycée français de Tanger jusqu'à l'âge de dix-huit ans, puis fait des études de philosophie à l'université Mohammed - V de Rabat, où il écrit ses premiers poèmes — recueillis dans Hommes sous linceul de silence (1971).
Il enseigne ensuite la philosophie au Maroc. Mais, en 1971, suite à l'arabisation de l'enseignement de la philosophie, il doit partir pour la France, n'étant pas formé pour la pédagogie en arabe. Il s'installe à Paris pour poursuivre ses études de psychologie.
À partir de 1972, il écrit de nombreux articles pour le quotidien Le Monde.
En 1975, il obtient un doctorat de psychiatrie sociale. Son écriture profitera d'ailleurs de son expérience de psychothérapeute (La Réclusion solitaire, 1976).
En 1985, il publie le roman L'Enfant de sable qui le rend célèbre. Il obtient le prix Goncourt en 1987 pour La Nuit sacrée, une suite à L'Enfant de sable.
Tahar Ben Jelloun vit actuellement à Paris avec sa femme et ses enfants (Merième, Ismane, Yanis et Amine), pour qui il a écrit plusieurs ouvrages pédagogiques (Le Racisme expliqué à ma fille, 1997). Il est aujourd'hui régulièrement sollicité pour des interventions dans des écoles et Universités Marocaines, françaises et européennes.
Récompenses
et distinctions :
* Le 1er février 2008, il reçoit des mains du Président de la République française Nicolas Sarkozy la Croix de Grand Officier de la Légion d'honneur.
* Il reçoit le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université de Montréal (2008).
* Il est élu membre de l'Académie Goncourt, en remplacement de François Nourissier démissionnaire.
* Il reçoit le Prix Ulysse en 2005 pour l'ensemble de son œuvre.
* Il reçoit le Prix IMPAC à Dublin en juin 2004. Ce prix, décerné par un jury international après une sélection faite par 162 bibliothèques et librairies anglo-saxonnes, couronne le roman Cette aveuglante absence de lumière, écrit à la demande d'un ancien prisonnier du bagne de Tazmamart au Maroc, et après un entretien avec celui-ci.
* Il reçoit le titre de Docteur Honoris Causa de l'Université catholique de Louvain (1993).
* Il est lauréat du Prix Goncourt en 1987, pour son œuvre La Nuit sacrée.
* Tahar Ben Jelloun est l'écrivain francophone le plus traduit au monde.
* Le 20 juillet 2010, Tahar reçoit le prix international de poésie « Argana «, décerné par la Maison de poésie du Maroc.


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