Les visages cagoulés des etarras qui terrorisent la société espagnole depuis plus d'un demi-siècle. L'organisation séparatiste basque Euskadi Ta Askatasuna, connue sous les sigles ETA, a agi depuis sa création à la fin des années 60 comme une officine du crime organisé, une machine à sous et une bande de racketteurs. Ses attentats, assassinats et actes vandales ont coûté à la société espagnole 11 milliards d'euros. La bande terroriste ne se contente pas d'assassiner. Elle s'est spécialisée au chantage et à l'extorsion par la force de simples citoyens et d'entrepreneurs, ce qui a causé de graves préjudices pour la région autonome basque et terni l'image de l'Espagne dans le monde. Cette réalité a été dénoncée par l'universitaire Mikel Buesa, dans son dernier livre-enquête intitulé « ETA S.A ». C'est une étude qui retrace les principales étapes de la vie de cette organisation, qui refuse de renoncer à la violence en dépit des grands changements qu'a connus l'Espagne. L'étude a le mérite d'inviter, chiffres à l'appui, à méditer sur les grands préjudices que cause le terrorisme aussi bien pour la société que pour les institutions. Se basant sur une recompilation des données puisées dans différentes sources, l'ouvrage révèle que, durant un demi-siècle, le terrorisme d'ETA a coûté à l'Espagne plus de 11 milliards d'euros. Ce montant a été calculé à partir des dépenses pour la restauration des édifices délabrés et véhicules calcinés dans des attentats perpétrés par des activistes etarras, indemnisations versées aux victimes de ces attentas et rubriques budgétaires approuvées pour faire face aux frais de sécurité. Outre les dégâts matériels et humains, le terrorisme d'ETA a provoqué de manière indirecte d'énormes coûts additionnels à cause de l'exode des entrepreneurs basques, la fermeture d'entreprises et la fuite d'investissements, tels le prolongement du train rapide ou l'installation de centrale nucléaire. De manière que «le terrorisme a freiné le croissement du Produit intérieur Brut» (PIB) de la région autonome basque, qui a perdu une marge de 20% durant les trente dernières années, a commenté l'auteur de «ETA S.A.», soit une perte moyenne annuelle de 0,8% de son PIB. De son côté, l'économie du pays basque espagnole a été privée, depuis 1975 de plus de 150 milliards d'euros en plus de la baisse du poids de sa population, des possibilités d'emploi et de création d'activités économiques. ETA a racketté sous forme d'impôt révolutionnaire, de chantage, de menaces, et de contributions des militants de sa branche politique, quelque 115 millions d'euros, qui ont été destinés au financement de ses activités terroristes et appui aux familles des etarras qui purgent des peines de prison pour délit de sang. La bande obtenait ainsi à travers des circuits des subventions, y compris des Fonds publics. Des partis politiques agissant dans son orbite, n'hésitaient pas à lui dévier une partie de la subvention que leur accorde l'Etat pour leur participation aux institutions élues (parlement et municipalités). Ces partis, qui font l'apologie du séparatisme au pays basque espagnol, avaient obtenu du trésor de l'Etat 35 millions d'euros entre 1978 et 2008, selon l'universitaire espagnol. Depuis l'illégalisation de certains partis pro-etarras, en 2008, les sources de financement de cette bande commencent à tarir. En dépit de l'annonce unilatérale de la fin de ses activités, ETA demeure une organisation terroriste sans crédibilité et en cours d'extinction. C'est la raison pour laquelle, les partis politiques espagnols exigent que les formations qui appuient ETA proclament publiquement son divorce total avec les terroristes pour couper ainsi toute forme de financement de ses activités.