Le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a décidé de relever le diplomate algérien Ramtane Lamamra de ses fonctions d'envoyé personnel pour le Soudan, au terme d'une mission marquée par l'absence de progrès significatif dans les efforts de médiation visant à mettre fin à la crise soudanaise. Cette décision ne s'apparente pas à un simple ajustement administratif au sein du dispositif onusien de médiation. Elle reflète plutôt une évaluation claire des performances de Lamamra, qui n'est pas parvenu, malgré sa longue expérience diplomatique, à impulser une initiative concrète capable de rapprocher les positions des parties en conflit au Soudan, ni à enregistrer des avancées tangibles dans le processus politique soutenu par les Nations unies. Dans une tentative de relancer les efforts de médiation, l'organisation internationale a nommé le diplomate finlandais Pekka Haavisto pour lui succéder. Figure reconnue de la diplomatie européenne, Haavisto dispose d'une expérience de plus de quatre décennies, ayant occupé plusieurs portefeuilles ministériels en Finlande et joué des rôles de premier plan au sein des institutions européennes ainsi que dans diverses missions internationales liées à la gestion des crises. Cette éviction intervient à un moment où la diplomatie algérienne fait face à des critiques croissantes en raison du recul de son influence dans plusieurs dossiers régionaux et internationaux. Le régime algérien, qui s'est longtemps présenté comme un acteur incontournable des affaires africaines, semble aujourd'hui confronté à une réalité différente, révélant les limites de son poids au sein des institutions internationales, en particulier lorsqu'il s'agit de gérer des crises complexes nécessitant des approches efficaces et des résultats concrets. Selon plusieurs observateurs, la mise à l'écart de Lamamra de cette mission sensible constitue un embarras politique pour le pouvoir à Alger, d'autant plus que l'ancien ministre était régulièrement présenté sur la scène nationale comme l'une des figures les plus emblématiques et expérimentées de la diplomatie algérienne. Pourtant, sa mission au Soudan s'est achevée sans avancée notable, poussant les Nations unies à opter pour un changement de leadership diplomatique sur ce dossier. Cette décision traduit également la prise de conscience, au sein de l'ONU, que la phase actuelle exige une personnalité capable de gérer la complexité de la crise soudanaise et de naviguer dans le réseau dense de relations régionales et internationales qui l'entoure — un objectif que l'organisation espère atteindre avec la nomination de Haavisto. Au-delà d'un simple remaniement au sein de l'équipe de médiation, l'éviction de Lamamra revêt une portée politique plus large : elle met en lumière le déclin relatif de l'efficacité de la diplomatie algérienne dans certains dossiers internationaux sensibles, tout en révélant les défis auxquels le régime algérien est confronté pour préserver son image de puissance diplomatique influente sur le continent africain.