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Événement : Cadrage : L'ennemi de la paix
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 23 - 03 - 2004

Que faut-il attendre d'un homme comme Ariel Sharon ? Qu'il fasse avancer la paix ? Oui, si l'on prend en compte ses propres calculs –on n'oserait parler de convictions – qu'il s'ingénie à faire accroire à l'ensemble de la communauté internationale. Non, si l'on se réfère aux droits humains les plus élémentaires et à la morale tout court.
Que faut-il attendre d'un homme comme Ariel Sharon ? Qu'il fasse avancer la paix ? Oui, si l'on prend en compte ses propres calculs –on n'oserait parler de convictions – qu'il s'ingénie à faire accroire à l'ensemble de la communauté internationale. Non, si l'on se réfère aux droits humains les plus élémentaires et à la morale tout court.
Dans une tentative grotesque de justifier l'injustifiable, le Premier ministre israélien pérore et se gargarise de phrases, du style : «La guerre contre le terrorisme n'est pas terminée. Elle se poursuivra jour après jour, partout». Ou encore : «C'est un combat difficile auquel tous les pays du monde éclairé doivent participer». Et d'ajouter que Cheikh Yassine était un "hyper-terroriste", "un meurtrier à grande échelle qui était l'un des plus grands ennemis d'Israël" et le "cerveau de la terreur palestinienne" à l'origine d'attentats qui ont tué des centaines d'Israéliens.
Le décor est planté. Non content de légitimer l'assassinat comme action politique, Sharon laisse entendre que des actes similaires et de la même nature abjecte suivront. Mais, déjà, il semble que Sharon fasse fausse route. Car des voix se sont élevées un peu partout dans le monde pour dénoncer ce qu'il est admis d'appeler crime crapuleux. Et dans lequel plusieurs personnes innocentes ont perdu la vie, parce que, Sharon, lui, a perdu la raison. Et, à cet égard, il vaut mieux pour lui qu'il ait perdu la raison, car si ce n'était pas le cas, comment alors qualifier cet acte insensé qui défie la communauté internationale ? De tout cela, le boucher de Sabra et Chatila n'en a cure. Il vient de frapper un grand coup alors qu'il était sérieusement en difficulté au
sein de sa coalition gouvernementale et même dans son propre parti, le Likoud. Il marque ainsi des points, surfant sans vergogne sur la vague de terreur bien légitime provoquée par des attentats -tout aussi condamnables -contre des civils innocents dans son pays.
En agissant de la sorte, il ne fait qu'apporter de l'eau au moulin des radicaux des deux bords, qui consacreront ainsi une Sainte Alliance et se feront une joie de durcir leurs positions respectives. Et, demain, personne ne sera étonné –et c'est un comble – de voir, davantage, la région à feu et à sang. Est-ce cela le but recherché ? Il semblerait que oui, tant, tel un vampire attiré, voire hypnotisé par l'odeur et le goût du sang, Sharon continue sa danse du scalp, tournoyant comme un vautour sur ce qui reste d'un peuple complètement anéanti par la misère et le désespoir. Mais qui reste debout et digne. Et il faut craindre que ce même désespoir ne soit le combustible d'un (énième) regain de tension au Proche-Orient. Mais dont les conséquences seraient, cette fois-ci, encore plus dramatiques qu'elles ne l'ont été jusqu'alors. La retenue ne serait plus du tout de mise.
Dans ce registre, au moins, celui de la guerre menée contre la paix, Ariel Sharon aura été le vainqueur. Mais, et en poussant jusqu'au bout sa logique terroriste, si le souffleur de brasier a tué Cheikh Yassine aujourd'hui, il en renaîtra cent autres demain, criant vengeance. Et là, il s'agit d'une autre paire de manches.


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