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Les ministres de souveraineté
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 08 - 10 - 2002

Le gouvernement Youssoufi est venu pour marquer l'avènement d'une nouvelle manière de gérer les affaires publiques.
Au sein du gouvernement de l'alternance, quatre départements ont été réservés à des ministres sans appartenance politique que la presse avait appelée au moment de la formation du gouvernement de l'alternance «les ministres de la souveraineté». Une dénomination qui les a accompagnés durant toute la législature et a fini par se transformer en une notion politique et une spécificité du système gouvernemental marocain. Un particularisme que le Premier ministre, Abderrahmane Youssoufi, ne reconnaît pas. Dans un entretien accordé à notre quotidien, le chef de la primature avait donné une lecture totalement différente de la notion des ministres de la souveraineté (ALM n°223 du 23 septembre 2002).
«Notre expérience constitutionnelle est à ses débuts. Je crois que je suis le premier leader politique à présider aux destinées d'un gouvernement qui a exercé les attributions d'un Premier ministre. Quand j'étais désigné par S.M. le Roi, il m'a dit de lui proposer la liste des ministrables tout en me confiant que qu'il ne souhaitait pas changer les titulaires de trois ministères qui étaient en charge de certains dossiers importants. J'étais tout à fait d'accord. C'est ce qui s'est passé en février 1998», avait dit le Premier ministre. Aujourd'hui, en faisant le bilan du rendement des membres du gouvernement, il est tout à fait normal de se poser la question sur le résultat obtenu par les titulaires de ces départements.
En bref, on peut dire que le labeur du ministre de l'intérieur, Driss Jettou, a été couronné par le succès de l'opération électorale en assurant la neutralité effective de ce département. Aux affaires étrangères, le ministre Mohamed Benaïssa a dirigé son département dans une période marquée par la crise diplomatique entre le Maroc et l'Espagne. Mais les observateurs lui assignent un sans faute en ce qui concerne la gestion de ce dossier. Le département de la justice dirigé par Omar Azziman s'est plutôt éclipsé durant les deux dernières années et mis à part la réforme du code de la procédure pénale, aucun des autres grands chantiers n'a marqué une avancée.
En ce qui concerne le ministère des Habous et des Affaires islamiques le titulaire de ce département, Abdelkebir Alaoui M'Daghri, a fait un cumul d'erreurs tant administratives que stratégiques au sein de son département. Ainsi, au cours de cette année, le ministre a été accusé de laxisme, prémédité ou involontaire, ayant conduit à la prolifération de mouvements islamistes radicaux.


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