Quand Ben Bella reconnaissait la souveraineté du Maroc sur le Sahara oriental    Météo au Maroc: les prévisions du vendredi 19 août    Houcine Ammouta de retour sur le banc du WAC de Casablanca    CAN U23 – Maroc 2023 : Résultats du tirage au sort    Benkirane : «Les déclarations de Raisouni ne reflètent pas les positions du PJD»    Incendie de forêt près de M'diq: l'OCI soutient le Maroc    Rabat: terrible accident près du complexe Moulay Abdellah    Météo: températures en hausse ce vendredi au Maroc    Rentrée scolaire 2022/23: Les prix des manuels scolaires inchangés    فيروس كورونا : 79 إصابة جديدة ولا وفيات في 24 ساعة الأخيرة    Le nouveau nez de l'actrice marocaine Hasnae Moumni divise la Toile (PHOTO)    De la Révolution du Roi et du peuple à la Fête de la jeunesse    L'animation, une industrie naissante au Maroc    L'amazighe est-il véritablement une priorité dans le PLF ?    Affaire Pegasus. Un ancien ministre marocain met en exergue le silence de Forbidden Stories, Amnesty, Le Monde et El Pais    Sahara : Le Pérou décide de retirer sa reconnaissance au Polisario    Covid-19: 79 nouveaux cas et 97 guérisons en 24H    Pénurie des cartables au Maroc ? Le ministère rassure    Le Maroc fournit 50% des besoins de l'Espagne en tomates    Medium : « Le Maroc peut-il jouer un rôle plus important au Moyen-Orient via les accords d'Abraham ? »    Stade Brestois : ambiance bon enfant entre Achraf Dari et Youcef Belaïli    Orages en France: trois morts en Corse    Heureux événement dans la famille Batma (PHOTO)    Sahara: un éditorialiste colombien critique le revirement de Gustavo Petro    Italie : Un festival rend hommage à Rahhal Amarri, décédé en sauvant deux enfants de la noyade    Un ministre israélien salue le rôle du Maroc dans le rapprochement entre Israël et les Palestiniens    Emirates modernise sa flotte pour plusieurs milliards de dollars    Maroc : Un jeune enfant meurt à la frontière avec Melilla    Le Barça et le Man. City en mission humanitaire : Xavi contre Gaudriola mercredi prochain au Camp Nou    Constructeurs automobiles. Quels sont ceux qui seront présents au Mondial de l'Auto de Paris ?    Frais de scolarité : l'angoisse de fin de vacances    France-Afrique, le non-retour    Trois diplomates marocains en Colombie victimes d'un vol après avoir été drogués    Droits humains, l'autre axe de coopération entre Rabat et Washington    Le kickboxing et le judo marocains décrochent cinq médailles de bronze    Ukraine / Zaporijia : L'OTAN réclame une "inspection" urgente de l'AIEA    Tournoi international d'Autriche maintenu : L'équipe nationale A' s'est envolée pour Vienne    Moyens de paiement : Le Maroc, pays le plus dépendant du cash au monde    Eté 2022 : Essaouira bat tous ses records d'affluence    Walid Regragui prépare sa liste élargie. Ziyech, Adli et autres Lions pressentis    «Tagzzayt» ou «La mémoire du corps», un nouveau documentaire sur les tatouages    Les Mosaïques du Nord sont de retour pour leur deuxième édition    La 11ème édition du 19 au 23 octobre prochain    La Bourse de Casablanca débute dans le vert    Algérie : le bilan des incendies dans plusieurs villes monte à 26 morts, l'incurie des autorités dénoncée    Visas Schengen refusés : la fédération des droits des consommateurs réclame le remboursement    L'USAID fournit 68 millions $ au PAM pour l'achat, le transport et le stockage de blé ukrainien    La forteresse « Casa del Mar »    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Bouteflika : Une imposture algérienne (33)
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 03 - 12 - 2004

Directeur du quotidien algérien «Le Matin», Mohamed Benchicou a publié à la veille des présidentielles algériennes un livre pamphlet, «Bouteflika : une imposture algérienne», qui retrace la carrière politique et militaire du président Abdelaziz Bouteflika. Le livre, qui a fait l'effet d'une bombe, a valu à son auteur deux ans de prison ferme.
Bouteflika chargera aussi les dirigeants palestiniens Yasser Arafat et Hawat-meh de la même mission auprès du président.
Pendant dix années entières Bouteflika fut non pas l'opposant de Chadli, mais son obligé.
Bouteflika cherchera à retrouver les bonnes grâces de Chadli d'abord par le biais de la famille de l'épouse du président, les Bourokba.
Tout au long de sa fameuse « traversée du désert », il tentera avec persévérance, et en « opposant » très singulier, de s'en attacher les faveurs.Abdelkader Dehbi, pour l'avoir assidûment fréquenté dans les années 1980, se rappelle de certains épisodes pas très flatteurs pour l'ancien ministre des Affaires étrangères : « Un jour de 1984, Bouteflika, apprenant que je devais rendre visite au beau-père de Chadli, Mohamed Bourokba, à la clinique Hartmann de Neuilly où il était hospitalisé, insista pour m'accompagner.Connaissant la nature des rapports entre Chadli et Bouteflika, j'en étais très gêné. J'ai néanmoins cédé à la condition qu'il ne rencontre Bourokba qu'avec l'accord préalable de ce dernier.
Bouteflika s'est alors présenté à la clinique avec un immense bouquet de fleurs en espérant que Mohamed Bourokba acceptât de le recevoir. Le malade n'ayant pas vu d'inconvénient, Bouteflika en fut fort ravi.
Quelques minutes après, il se lamentait sur son sort d'opprimé devant Bourokba, lui demandant, sans vergogne, d'intercéder auprès
de son gendre président pour qu'il recouvre sa place dans le système. Il prendra l'habitude de rendre visite au beau-père de Chadli en se passant volontiers de ma compagnie.»
Bouteflika aura la même prévenance envers le propre frère de Chadli, Abdelmalek Bendjedid, hospitalisé à la même clinique.
Il ira plusieurs fois s'enquérir de sa santé, multipliant des visites intéressées au cours desquelles il évoquait avec zèle le passé d'officier de l'ALN du frère de Chadli, vantant ses mérites de directeur de l'Ecole militaire de Guelma et ceux de commandant adjoint de la 1re Région militaire. Il n'oubliait évidemment pas de solliciter, au passage, l'obligeance du frère de Chadli pour qu'il plaidât son cas auprès du chef de l'Etat.
Dans sa frénésie à vouloir s'introduire coûte que coûte au sein de la famille de Mme Bendjedid dont il présumait de l'influence auprès de l'époux président, Bouteflika ira jusqu'à faire plusieurs pèlerinages à la zaouïa des Bourokba. Il s'y fera inviter pour la première fois en 1987 et séjournera plusieurs jours de suite à Mazouna, Relizane et Sidi Khetab, localités de la zaouïa. « La zaouïa Bourokba était assez liée aux gros propriétaires terriens de la région et ne faisait pas mystère de son aversion pour la politique collectiviste de Boumediène, se souvient Abdelkader Dehbi qui eut à accompagner parfois Bouteflika dans ses pèlerinages à Mazouna. Ils se faisaient alors forts de critiquer Houari Boumediène en des termes peu aimables et en présence de Bouteflika. Ce dernier laissait faire sans réagir. J'ai fini par lui en faire la remarque, lui soulignant qu'il se déconsidérait aux yeux des gens de la zaouïa par son silence. Je me rappelle de sa réplique : “Ya Si Abdelkader, l'essentiel est de pénétrer la famille Bourokba.” Il ne perd jamais le sens de ses intérêts. »
Bouteflika s'intéressa même à une des filles Bourokba dont il apprit qu'elle était encore célibataire. «Il me chargea d'en savoir plus sur la demoiselle et je crois qu'il prévoyait sérieusement de faire alliance avec les Bourokba en y prenant femme», affirme Dehbi.
Ménager l'humeur de Chadli ne fut pas sans bénéfices pour l'opposant Bouteflika. Il obtint du président clémence et appuis de toutes sortes, entre 1981 et 1990, dont l'indulgence suprême : l'impunité dans le dossier des reliquats de budgets d'ambassades placés illégalement sur des comptes particuliers en Suisse et qui avait pourtant fait l'objet d'un arrêt accablant de la Cour des comptes.
« Sans l'intervention magnanime de Chadli, Bouteflika aurait fait plusieurs années de prison pour détournement de fonds publics », confirme Ahmed Taleb Ibrahimi, qui était dans l'entourage de Chadli en qualité de ministre conseiller à la Présidence puis de ministre des Affaires étrangères à partir de 1984.
Chadli Bendjedid, qui n'aime pas évoquer cet épisode, se contente d'une formule miséricordieuse : «Ce n'était pas dans ma nature d'enfoncer d'anciens collaborateurs en mauvaise passe. J'ai fait ce qu'il fallait faire envers Bouteflika.»
Il fallait bien de la miséricorde présidentielle, en effet, pour sauver Bouteflika d'une affaire très mal engagée pour lui. Dans son arrêt définitif du 8 août 1983, la Cour des comptes donnait, en effet, un verdict sans appel: « M. Abdelaziz Bouteflika a pratiqué à des fins frauduleuses une opération non conforme aux dispositions légales et réglementaires, commettant de ce fait des infractions prévues et punies par l'ordonnance n° 66-10 du 21 juin 1966 et les articles 424 et 425 du Code pénal. » La Cour des comptes évaluait à «plus de 6 milliards de centimes» le montant dont Bouteflika restait redevable auprès du Trésor, un montant qui, ramené à la parité de 2003, avoisinerait les 100 milliards de centimes.
Comment le ministre Bouteflika s'y est-il pris pour détourner pareille somme d'un Trésor public pourtant vigilant ? La Cour des comptes donne des détails précis sur la façon dont ces sommes ont été dévoyées: «Agissant alors en qualité de ministre des Affaires étrangères, M. Abdelaziz Bouteflika avait successivement ordonné aux chefs de missions diplomatiques et consulaires, par instructions n° 20 du 14 février 1966, n°33 du 1er décembre 1966, n° 36 du 1er mai 1967, n° 68 du 1er octobre 1969 :
- en 1966, de conserver au niveau des postes les soldes disponibles qui devront faire l'objet d'instructions ultérieures particulières ;
- en 1967, d'ouvrir des comptes particuliers devant abriter ces disponibilités ;
- en 1969, enfin, de procéder au transfert des reliquats disponibles vers deux comptes bancaires ouverts auprès de la Société des banques suisses, les reliquats des exercices ultérieurs devant désormais avoir la même destination. »


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.