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Religion : Les grands maîtres soufis (1)
Publié dans Aujourd'hui le Maroc le 21 - 11 - 2002

Ardent mystique, Ibn'Arabî est considéré comme le plus grand des maîtres de la spiritualité islamique. Sa doctrine qualifiée de "monisme existentiel" a dominé et revivifié la spiritualité soufie soulevant parfois les plus vives résistances au sein de l'Islam.
Muhyiddin Ibn El Arabi est né dans la ville de Murcie dans la province alors islamique d'Andalousie, en Espagne, en l'an 560 après l'Hégire – l'année où Mohammed quitta Médine –, c'est-à-dire en 1165.
Son père était un soufi très renommé et respecté, du nom donné à l'ordre des contemplatifs laïcs de l'Islam.
Dans sa petite enfance, il est reconnu et éduqué par deux saintes, Yasmin de Marchena et Fatima de Cordoba. À huit ans, sa famille s'installe à Séville où il étudie avec de grands théologiens.
À dix-neuf ans, le célèbre Ibn Rushd (Averroès) exprime le désir de le rencontrer. Celui-ci dit de sa visite que " c'était un cas dont j'avais affirmé la possibilité sans rencontrer personne qui en eût fait l'expérience. Gloire soit rendue à Dieu de ce que j'ai vécu à une époque où il existe un maître de cette expérience. "
Ibn El Arabivoyagera en Égypte, en Irak, à Damas, et s'arrêta à Konya, en Turquie, où il se maria. En 1223, il repart pour Damas où il rencontre, visiblement et invisiblement, de nombreux autres maîtres soufis. C'est là qu'il passera le reste de sa vie. Il mourra aux environs de 1240. Sublime quête de l'Absolu. Il connut l'abandon total à Dieu alors qu'il n'avait pas vingt ans.
À trente-six ans, il accomplit le voyage à La Mecque, prescrit par la loi islamique. C'est alors que Dieu lui ouvrit le monde des secrets, dont témoignent du reste ses nombreux écrits. Ardent mystique, Ibn'Arabî est considéré comme le plus grand des maîtres de la spiritualité islamique. Sa doctrine qualifiée de “monisme existentiel” a dominé et revivifié la spiritualité soufie soulevant parfois les plus vives résistances au sein de l'Islam. Sans prétendre résumer en quelques mots son œuvre littéraire colossale (plus de 400 ouvrages), nous pouvons toutefois nous arrêter sur le fait qu'Ibn'Arabî ne fait aucune distinction entre le Créateur et Sa créature de sorte qu'il considère cette dernière comme une possibilité divine. Dieu crée par Amour de se faire connaître et Sa créature est la manifestation de cet Amour. Tous deux sont donc indissociablement liés par cette énergie d'Amour. En outre, l'homme étant issu de Dieu, il possède sa conscience et a donc la possibilité de se reconnaître.
Par extension, à l'image de l'artiste qui se fait connaître par son œuvre et de l'œuvre qui nous éclaire sur l'artiste, se découvrir soi-même c'est découvrir Dieu en soi et découvrir Dieu c'est se découvrir soi-même. La réalisation de cette réunion au Divin par la connaissance de l'Amour est donc pour lui le but de toute vie spirituelle. Dans son traité sur l'Amour extrait des “Conquêtes Mecquoises”, le maître illustre à cet effet qu'étant le fruit de l'Amour Divin, l'homme est intégralement concerné par cet Amour qui est à la fois son origine et sa destination. L'homme est donc fait pour aimer et être aimé. Et composé d'un corps, d'une âme et d'un esprit, il ne peut déconsidérer une forme d'Amour au profit d'une autre devant ainsi réaliser la symbiose des différents modes d'expression de l'Amour : physique, spirituel et divin, pour reformer en lui l'unité primordiale.
Si le message d'Ibn'Arabî est d'une force indescriptible, c'est qu'il prend source dans une grande expérience mystique personnelle : voyages de l'âme, visions…
L'un de ses ouvrages fut à ce titre rédigé sous l'injonction de l'Ange de la Révélation. C'est ce qui explique en partie pourquoi le message du maître nous interpelle au-delà de nos certitudes et de nos croyances nous faisant ainsi ressentir le souffle d'une autre dimension... Estimant que la variété des croyances et doctrines religieuses constituent des limites destinées à canaliser notre soif du Divin, Ibn'Arabî dépasse largement les cadres de l'Islam comme de tout autre dogme. Véritable “vivificateur des religions”, il est de ces grands disciples de l'Amour porteurs d'un message universel lequel se résume à cette affirmation : « ...l'Amour est ma religion et ma foi. »
• Placide Gaboury


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