Le malaise de la communauté juive du Maroc ne s'est jamais dissipé. À chaque fois, il transpire et remonte à la surface malgré les multiples tentatives de pétrifier le problème. Le malaise de la communauté juive du Maroc ne s'est jamais dissipé. À chaque fois, il transpire et remonte à la surface malgré les multiples tentatives de pétrifier le problème. Un membre de cette communauté, Raphael Devico, ne cesse de mener un combat acharné pour que les choses changent notamment au sein du comité de la communauté israélite et du Conseil des communautés israélites du Maroc dont le secrétaire général depuis plus d'une décennie est Serge Berdugo. Les revendications de M. Devico, consignées dans une lettre ouverte adressée à “tous les membres de la communauté israélite du Maroc“, sont simples : le retour à des pratiques démocratiques : élections et reddition des comptes. Cela fait des années que cet homme qui se définit comme un militant est engagé sur cette voie. Sans résultat pour le moment. Ces demandes sont restées lettres mortes. Mais il est loin de baisser les bras. Les destinataires des griefs de M. Devico, qui font la sourde oreille, peuvent le considérer au pis comme un empêcheur de tourner en rond, au mieux comme un songe-creux. Selon toute vraisemblance, il n'est ni l'un ni l'autre. La démarche de l'intéressé apparaît légitime puisqu'il ne demande que la normalisation de la situation et des procédures des principales institutions juives. Et en cela, il se veut l'interprète de nombreux de ses coreligionnaires qui pensent comme lui que “ nos institutions représentatives doivent être administrées par des membres élus librement et démocratiquement comme nous y autorise la loi et en urgence“. Au lieu de cela, le système des cooptations, qui doit normalement être l'exception, est devenu la règle. Au-delà des objections et des arguties juridiques des uns et des autres, il va sans dire que les instances israélites du Royaume ont besoin d'une réforme en profondeur de telle sorte qu'elles épousent les contours du contexte actuel et du processus de démocratisation en cours dans le pays. Elles ne sauront rester à la traîne sous prétexte qu'elles ont leurs spécificités. Continuer à fonctionner selon des méthodes anciennes en étant figé ne peut souffrir aucune excuse d'autant plus que le besoin de changement est exprimé par le plus grand nombre. Bien sûr, les avis divergent, selon que l'on est de tel ou tel bord, sur le milieu qui est habilité à provoquer le renouveau souhaité. Une chose est sûre : plusieurs membres de la communauté israélite trouvent que le système qui régit leurs affaires n'est pas conforme à leurs aspirations. Serge Berdugo, soupçonné à tort et à travers d'être un facteur de blocage, ne l'entend pas de cette oreille, qui soutient que cette action réformatrice ne dépend guère de lui. Les Juifs du Maroc, qui sont moins de 3000, ont le droit de savoir ce qui se passe dans leurs institutions et surtout de pouvoir recourir aux urnes pour choisir leurs représentants. Ce n'est pas trop demander.