Les chiffres du tourisme en 2025 donnent le tournis : près de 20 millions d'arrivées et plus de 138 milliards de dirhams de recettes. Mais derrière ces performances, il y a une réalité plus concrète pour les hôteliers : les chambres se remplissent et, surtout, elles se vendent enfin à des prix qui permettent de respirer. Pendant longtemps, le secteur a couru après les volumes. On cassait les tarifs pour remplir, on négociait au centime près avec les tour-opérateurs, on subissait la concurrence de l'informel. Cette année marque un tournant. Avec un taux d'occupation moyen de 61% et des recettes par chambre en hausse, les établissements retrouvent un peu d'air. Le phénomène touche tous les segments. Le milieu de gamme tourne à près de 70% d'occupation. Le luxe dépasse les 2.300 dirhams la chambre en moyenne. Même l'économique progresse nettement. Dans des villes comme Marrakech, Rabat ou Agadir, certains hôtels ont frôlé la saturation, notamment en décembre, avec la CAN et les fêtes de fin d'année. Quand la demande est là, les prix tiennent. Et quand les prix tiennent, les hôtels peuvent investir, rénover, améliorer le service. Bref, préparer la suite. La dynamique est réelle. Reste à la préserver. Car le vrai défi n'est plus d'attirer, mais de transformer cette affluence en valeur durable pour le secteur et pour l'économie. Hicham Bennani / Les Inspirations ECO